13.02.2011
Changement de blog
Voici l'adresse du noveau blog qui contiendra les fanfics hellsing
http://fanficshellsing.skynetblogs.be/
Il n'y aura plus de fics sur ce blog!!
Merci n'oubliez pas de le mettre dans vos favoris
Mireille Flora recontacte-moi STP!!!!
09:24 Écrit par In the name of God, impure souls of the living dead shall be banished into eternal damnation. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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12.01.2011
Une nouvelle histoire?
Voilà, j'ai eu l'idée d'une histoire qui serait la suite direct du manga et non pas de l'anime.
Mais avant de la commencer, j'aimerais avoir votre avis. Et savoir si vous seriez d'accord que je poursuive avec cette fic l'histoire de notre bien aimé Kotha Hirano!!!!!
12:35 Écrit par In the name of God, impure souls of the living dead shall be banished into eternal damnation. | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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02.10.2010
Order XVI : Chimera (suite et fin)
Mégane avait rejoint un hôtel et y avait réservé une chambre en attendant le prochain vol pour la France, le lendemain matin. Elle n’avait pas défait ses bagages et tournait dans sa chambre, tel un lion en cage. Les sourcils froncés, se rongeant les ongles, elle se remémorait chacune de ses rencontres pour savoir ce qui s’était passé dans le bureau d’Integra dans la journée.
Elle aurait voulu voir Alucard et Walter pour leur parler de ses inquiétudes. Mais elle savait qu’Integra avait les pleins pouvoirs sur eux et quoi qu’elle puisse en dire, ils étaient fidèles.
- Que s’est-il passé ? Je te connais baronne et je sais que tu n’aurais jamais manqué de respect à qui que ce soit. La vie d’autrui t’est plus précieuse encore que la tienne.
Elle se remémora leur séjour en France, elle était tout à fait normale et ne présentait aucune trace de nervosité. Elles s’étaient retrouvées dans le Louvre, devant la collection complète de Léonardo Da Vinci. S’extasiant encore devant l’ingéniosité et la patience de cet homme qui aimait tant ses congénères. Et malgré cela, il fut obligé de travailler pour un homme qui lui commanda tant de machines de guerre. Elle se souvint de cette lueur dans ses yeux lorsqu’elle découvrit que Mégane avait réussit à obtenir un rendez-vous privé avec le propriétaire du journal de De Vinci.
Le soir même, elle avait enfilé des gants de coton doux et d’une blancheur immaculée, qu’il lui avait tendus pour qu’elle puisse feuilleter les pages jaunies par le temps. Elle la revit caressant ses feuilles avec autant d’amour qu’elle l’avait caressée le soir même. Elle ferma les yeux et en frémit encore. Ces moments là, Integra n’avait pas encore changée. Aussi loin qu’elle pu revenir dans le souvenir de sa dernière rencontre avec elle, elle savait qu’elle ne présentait pas encore de symptôme d’une psychopathe. Oui, le mot était fort, mais juste, car plus aucun sentiment ne semblait traverser Integra. Elle lui avait envoyé un Ipod rose et avait reçu comme réponse un mail qui la remerciait de son attention avec une petite phrase légèrement cynique. Elle sourit, phrase qu’elle lui avait déjà sortie lors de leur troisième rencontre.
Elle se posta à la fenêtre de sa chambre et vit le soleil qui commençait sa longue descente. « Lorsque je suis arrivée au manoir, elle n’est pas venue me voir et pourtant elle savait que je venais. Le changement à dû survenir entre son départ d’Alsace et mon arrivée ici. »
Elle décida d’appeler Walter pour lui poser quelques questions. Quand elle entendit des bruits de pas dans le couloir. Elle s’approcha de la porte au moment où un visiteur frappa discrètement. Mégane ouvrit, son regard fut immédiatement attiré par la bouche du canon du 629 Smith & Wesson braquée sur sa bouche. La déflagration retentit dans l’hôtel réduisant au silence toutes les personnes y résidant.
Thiels entra dans le bureau de la baronne pour y faire son rapport. Il la trouva assisse sur le rebord de la fenêtre.
- Sir ?
- Oui ?
- Mission accomplie, acheva t’il solennellement. Cela passera pour un suicide. Il n’attendit pas sa réponse et lui tourna le dos.
- Thiels !
- Oui, sir, répondit-il se retournant.
Il n’eut pas le temps de comprendre qu’une déflagration, plus ténue cette fois, retentit dans la pièce. Il s’effondra sur le carrelage bicolore, un trou béant à la place du visage. Integra le regarda quelque seconde, fit demi-tour et décrocha le combiné.
- Walter, envoyez moi l’équipe de nettoyage, je viens d’avoir une tentative de meurtre.
- Milady ?
- Tout va bien, Walter, apparemment il s’agissait d’un nouvel employé engagé il y a peu. Ses motivations n’étaient pas de me protéger mais de me supprimer.
Lasse d’explication, Integra raccrocha le combiné et se laissa aller dans son siège.
- Elle est morte, murmura t’elle. Me voilà enfin débarrassée d’un poids mort. Je vais pouvoir me concentrer sur mon principal objectif.
Walter entra suivit d’un groupe de trois hommes. Ils se mirent au travail et la pièce fut nettoyée en quelques minutes et Walter les laissa repartir avant de préparer les papiers concernant la famille du mort. Il la dévisagea un court instant et fut étonné de voir les larmes couler sur ses joues.
- Est-ce que tout va bien, Milady ?
- Pourquoi, demanda-t-elle sans aucune émotion dans sa voix.
- Vous pleurez, dit-il fronçant les sourcils.
Elle essuya ses larmes de la main et regarda ses gants avec rage.
- Sale petite garce, murmura t’elle.
Walter fut surpris par cette réflexion et sentit en elle un maelstrom de ténèbres qui l’empêchait de voir plus en avant ce qui ce passait dans ses pensées. Il eut une idée et sourit légèrement.
- Milady, puis-je vous proposer l’énigme de ce jour ?
Cela était devenu un jeu entre eux. Chaque mois, ils se posaient alternativement une énigme à laquelle ils avaient moins de 15 minutes pour la résoudre. Aujourd’hui, c’était son tour.
- Allez-y, répondit-elle visiblement ennuyée.
- Vous avez devant vous 10 sacs de pièces d’or. Parmi ceux-ci, un sac contenant de fausses pièces. Vous devez deviner ou se trouve le sac de fausses pièces. Sachant qu’une pièce d’or pèse 11 gramme et une fausse pièce pèse 10 grammes et que vous n’avez droit qu’à une seule pesée.
- Merci Walter, je vais y réfléchir. Laissez-moi seule.
Walter sortit, la laissant seule comme elle le désirait. Il rencontra Alucard qui se tenait appuyé sur le mur du couloir face à la porte de son bureau.
- A quoi joues-tu mon cher Walter ?
- Je vous demande pardon ?
Alucard lui sourit et s’éloigna sans un mot de plus. Walter le suivit du regard un instant et entra dans son bureau.
Deux semaines avaient passé depuis la mort de Mégane. Walter avait été surpris par l’apparent manque de sentiments de son maître. Il savait qu’elle tenait énormément à elle et ne comprenait pas son attitude lorsqu’il lui avait annoncé que l’enterrement était prévu le cinquième jour après sa mort. Autopsie oblige. Elle n’avait pas tenu à y participer et ne s’était donc pas rendue au cimetière. Mais à chaque fois qu’il parlait d’elle, Integra laissait échapper une larme au coin de ses yeux, mais semblait ne pas le remarquer.
Ce qui lui semblait encore plus étrange, est qu’elle avait complètement oublié de répondre à son énigme.
Il savait qu’elle avait beaucoup de travail en ce moment. Elle voyageait beaucoup surtout aux Etats-Unis. Elle était rentrée le jour précédent au soir, elle semblait avoir obtenu ce qu’elle cherchait car son humeur était au beau fixe. Il appela la cuisine et ordonna que l’on monte le déjeuner qu’il avait préparé un peu avant l’appel de la baronne.
La jeune Cathy prit le plateau et fut heureuse de pouvoir le porté elle-même auprès de la directrice. Elle poussa la porte et entra dans son bureau après y avoir été invitée. Au même moment Walter entra avec une pile de papier à faire signer. Cathy déposa le plateau à côté d’Integra et commença à servir le thé. A l’instant où elle servit la tasse, Integra fit un mouvement involontaire du bras et percuta celle-ci qui répandit son contenu sur ses genoux. Integra se leva en criant, brulée aux cuisses. Sous les yeux étonnés de Walter, elle se retourna aussitôt et gifla violemment la jeune fille qui fut projetée la tête première contre le mur.
- Sale petite garce, grogna t’elle.
Walter s’approcha de la jeune Cathy et la voyant inanimée appela tout de suite l’infirmier du manoir. Celui-ci essaya de la ranimer avec des sels en vain. Il appela alors une ambulance craignant une commotion plus grave. Il s’occupa alors des brûlures superficielles d’Integra qui ne cessait de maugréer contre la pauvre jeune fille toujours inerte.
- Débarrasser-moi de ca, dit-elle en désignant la jeune fille.
- Oui, milady.
Walter fit en sorte de la déplacer en dehors du bureau. Il ferma la porte et se retrouva nez à nez avec Tempérance et Ezio, affichant tout deux un air préoccupé.
Integra sortit de son bureau par la porte de côté et se rendit immédiatement dans sa chambre pour se changer. Elle emprunta le couloir secret qui la conduisit à l’extérieur du manoir, personne ne la vit quitter la propriété.
Alucard restait cloîtré dans son antre depuis plusieurs semaines maintenant. Il passait son temps à écouter les conversations du manoir, à raison de ne pouvoir faire autre chose. Il esquissa un rictus de colère en ayant sentit l’arrivée d’Ezio, et n’avait cessé de trouver le moyen de se débarrasser de ce nouveau rival. Alucard avait sentit l’attirance qu’il avait exercé sur Integra et cela ne lui avait pas plu. IL se souvint de l’instant où il était rentré et avait voulu faire son rapport, la trouvant collée à lui dans son bureau. A ce moment là, il aurait voulu déchiqueter cet homme qui pourtant lui avait promis son amitié.
Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, depuis cette jeune femme à Helsinki, il ne désirait qu’une chose. Posséder son maître corps et âme. « Pathétique, se dit-il d’un air moqueur. Tu n’es qu’un chien et tu n’as aucun droit sur ton maître ! Crois-tu réellement qu’elle acceptera d’entrer dans ta lignée ? Alors que tout ce qui concerne ta nature la répugne ! » Il se mit à rire à gorge déployée.
- Pourquoi ris-tu, mon serviteur ?
Il se retourna, étonné. Elle s’approchait de lui, avec une attitude étrange de légèreté. Il en fut désarçonné.
- Alucard, dit-elle d’une voix plus douce que d’habitude.
- Oui, Integra, mon maître ?
Elle se rapprocha encore de lui, il sentit en elle un parfum qu’il connaissait bien. Le parfum du désir et de l’envie d’être assouvi.
- Ce que je t’ordonne, tu le feras, n’est-ce pas ?
- Oui, maître, dit-il sans l’ombre d’une hésitation.
Elle s’approcha de lui et lui ôta ses lunettes. Commença à déboutonner sa chemise et posa sa main sur son torse blanc et froid.
Il ne bougea pas. Serrant les dents.
Elle fit glisser sa langue sur sa peau, en remontant pour atteindre sa gorge. Ses mains s’affairaient, expertes, à le libérer de son pantalon.
- Maître, dit-il dans un souffle.
- Silence. Dans ma chambre, tout de suite.
Il la tint dans ses bras et utilisa ses pouvoirs pour la transporter à sa chambre sans que personnes ne les voient. Une fois arrivé, il l’embrassa avidement, mais elle prit les commandes et le repoussa violemment avec un sourire moqueur sur les lèvres. Il rit de son jeu et se laissa faire. Alucard se retrouva très vite acculé au mur, Integra le caressant. Il ne pouvait y croire, il se sentit alors emporter par l’ivresse de la situation. Il rejeta la tête en arrière et ouvrit la bouche montrant ainsi ses crocs, poussant un râle de plaisir longtemps contenu. Elle commença à descendre et se mit à genou devant lui. Mais avant qu’elle ne puisse commencer, il la releva et attrapa sa gorge, l’étranglant presque. Il s’apprêta à la mordre quand il s’arrêta les crocs posés sur sa peau.
- Non … maître Integra, non, je ne le peux.
- Je te l’ordonne, Alucard, dit-elle les yeux mi-clos.
- Non, répondit-il la lâchant.
- C’est un ordre, serviteur, tu me dois obéissance, dit-elle plus véhémente.
- Pourquoi ?
Elle resta un instant figée, dans ses yeux la colère sourdait. Il la regardait soudain avec d’autres yeux. Il ne la reconnaissait plus. Soudain, il comprit, son odeur, totalement différente de celle de son maître, le fit redescendre sur terre.
- Tu n’es pas Integra Hellsing !
- Tu oses me désobéir ?!
- Qui êtes-vous, demanda-t-il sur ses gardes.
- Qu’est-ce que tu racontes ? Si tu n’obéis pas, je me verrai dans l’obligation de te remettre dans ta petite cellule pour les vingt prochaines années, Alucard.
- Que cherches-tu ?
- Donne-moi l’immortalité, vampire. N’est-ce pas ce que tu voulais ? Faire de moi ta compagne ? Ne me dis pas le contraire ! Cette fille que tu as sauté dans cet ascenseur était mon portrait craché, cria t’elle soudain de rage.
Il écarquilla les yeux de surprise. « Comment ! Comment peut-elle le savoir ? Personne n’en a jamais rien su ! »
- Maintenant, je désire franchir le cap, alors fait-le !
- Non !
Elle fonça sur lui et le gifla violemment. Elle se tourna et attrapa son Smith & Wesson qu’elle gardait sous son oreiller et le colla sur sa tempe. Une expression de haine déformait son visage.
- J’ordonne et tu obéis, continua t’elle d’une voix rauque.
Il serra les dents et secoua négativement la tête. Elle tira. Une gerbe de sang s’échappa du crâne éclaté d’Alucard. Sa cervelle fut étalée sur les draps et le mur derrière lui. Elle reçu une partie de son sang sur le visage. Loin d’être dégoutée, elle se passa la langue sur les lèvres pour recueillir un peu de son liquide visqueux et sourit.
Alucard se reforma en quelque seconde et voulut la gifler mais une force invisible retint sa main à quelques millimètres de sa joue. Malgré la force surhumaine qu’il utilisa pour accomplir son geste, il ne put la toucher. Elle sourit.
- Ton serment t’empêche de me toucher, ne l’oublie pas, sale chien ! Es-tu satisfait ? Je suis Integra Fairburke Hellsing et je t’ai donné un ordre.
Alucard s’agenouilla devant elle, certain maintenant qu’elle était bien son maître. Il ne pouvait pas lui faire de mal, quelque soit sa rage ou haine envers elle. Mais il l’avait toujours aimé de par sa personnalité et son même combat contre les monstres tels que lui. Mais si elle lui ordonnait de la faire souffrir ou de la tuer, elle lui ouvrait une porte qui lui permettait de lui obéir. Mais pour l’instant le simple fait qu’elle lui demande l’immortalité lui faisait peur. « Pourquoi balayer des années de conviction dans un simple caprice ! C’est mon maître et pourtant ce n’est pas elle ! Que se passe t’il donc ? Depuis quand est-elle aussi cruelle ? » Il la regarda serrant les dents, prêt à répondre à ses ordres. Il s’apprêta à obéir lorsqu’il arrêta son geste, les yeux écarquillés.
- Qu’est-ce que ….
Integra le regardait, les yeux n’exprimant que le mépris total. Mais, une chose détonnait dans ce tableau déjà bien étrange. Une larme, une simple larme coulait le long de sa joue droite. Il se releva et recula.
Dans le couloir, un bruit de course effrénée, la porte s’ouvrant avec fracas sur la jeune Victoria complètement paniquée. Tous deux se retournèrent vers elle, l’un les dents serrées et l’autre la visant de son arme.
Victoria vit en une seconde, son maître à moitié nu et sa patronne dans la même situation. Elle eut juste le temps de tourner la tête pour éviter la balle du 9 mm qui frôla sa tempe et alla se loger dans l’embrasure de la porte. Stoppant par la même, la jeune Tempérance qui la suivait au pas de course.
- Je peux savoir ce qui se passe ici, hurla Integra hors d’elle.
Victoria resta tout d’abord silencieuse et son regard allait de son maître à la baronne. Tempérance se tut, tout aussi abasourdie par la situation. Integra, le chemisier ouvert sur sa poitrine dénudée avança sur Victoria et lui posa le canon de l’arme encore chaude sous le menton.
- Qui t’as autorisée à pénétrer dans mes appartements sans autorisation ?
Victoria sentit alors pour la première fois de sa non-vie, la peur qui s’insinuait en son sein. Le regard de la baronne semblait brûler d’une fièvre meurtrière. Victoria ne l’avait jamais vue ainsi. Elle voulu reculer mais Integra lui saisit durement le poignet.
- Vous me faites mal, geint-elle.
Victoria ne comprenait pas comment Integra pouvait lui faire mal à ce point. Elle était un vampire et donc aucun être-humain ne pouvait réellement la blesser. Mais la paume de sa main était comme une brûlure au troisième degré et elle lacérait sa chair comme un tisonnier chauffé à blanc.
- Je te fais mal ? Moi un simple être-humain ! Tu n’as vraiment rien d’un vampire, acheva t’elle plus cynique. Tu n’es qu’un rebus de l’humanité, toi et ta race ne valez pas plus à mes yeux que la poussière que je foule, cracha t’elle haineuse.
Elle exerça alors une pression plus forte qui fit sortir un petit cri de la gorge de Victoria. Tempérance fit un mouvement pour l’aider quand Alucard intervint.
- Ca suffit ! Je vous interdis de lui faire du mal !
Alucard avait laissé la colère et la haine monter en lui et sa transformation fut immédiate.
- Je n’ai peut-être pas les moyens de vous tuer mais je peux faire en sorte de vous faire souffrir, maître ! Alors, lâchez son poignet immédiatement !
Il avait pris l’apparence de leur première rencontre. Ses cheveux blancs flottaient autour de lui, preuve de l’envolée de ses pouvoirs. Les dents serrées, ses gencives saignaient prouvant la force de sa rage envers elle. Devant ce spectacle, elle sourit.
- Tu es puissant, n’est-ce pas mon cher Alucard, dit Integra susurrant presque.
Il ne répondit pas et s’apprêta à la propulser loin de Victoria. Lorsque Tempérance intervint lui mettant sous la gorge, une petite lame bien acérée.
- Je ne comprends pas trop bien ce qui est entrain de se passer ici. Tout ce que je sais, c’est que le responsable du massacre de cet orphelinat est dans le hall de ce manoir, baronne. Alors, à votre place je me préoccuperais plutôt de ce qu’il l’amène ici.
- Il me semblait que ton père s’en était chargé, répondit alors Victoria étonnée.
- Oui mais apparemment, ce n’était que son homme de main, il était trop faible pour que ce soit l’instigateur de cette attaque. Il était déjà parti lorsque nous sommes entrées. Il avait laissé son disciple pour nous induire en erreur.
Integra s’habilla calmement et sortit de la chambre comme si rien ne s’était passé. Elle courait presque le long des couloirs pour rejoindre le hall. Alucard se téléporta et apparu devant le visage émacié du nouveau venu. Il le regarda sans un mot et recula, les yeux écarquillés.
Devant lui se tenait non pas un vampire, mais l’un des plus puissants sorciers n’ayant jamais existé au monde, Nathaniel Brosart, mais cela ne fut pas cela qui le surpris.
Integra arriva enfin au sommet des escaliers, suivie par Victoria et Tempérance qui restèrent sur leurs gardes.
- Je vois que tu n’as toujours pas achevé le rite, déclara calmement le sorcier.
Alucard se retourna vers Integra qui s’approcha de lui sans aucune appréhension. Elle semblait même heureuse de le voir.
- Non, je fais face à une certaine résistance de sa part. Mais il est obligé de m’obéir, je serai donc libre avant le couché du soleil.
- Il est temps, Rowena. Il ne te reste qu’une poignée d’heure avant que l’astre ne t’enlève cette dernière chance.
Toutes les personnes présentes écarquillèrent les yeux. Les soldats ne savaient plus que croire.
- Alucard, je t’ordonne de faire de moi un vampire, dit-elle se retournant vers lui.
- Vous n’êtes pas la baronne, répondit-il. Je ne suis pas tenu de vous obéir.
- Oh si, tu vas le faire, car sinon elle mourra dans les pires souffrances !
Le silence figeait les autres témoins de la scène irréelle se déroulant dans le manoir. Integra s’approcha de lui et arracha son col.
- Mords-moi !
Alucard la regarda plissant les yeux, il écarta ses lèvres dévoilant ses crocs acérés.
- Ne t’avises pas à m’arracher la gorge, vampire, je meurs, elle meurt. Nous sommes liées, si tu tiens un tant soit peu à elle, fait ca en douceur !
Il attira sa gorge de sa main et plongea ses crocs dans la chair tendre à contre cœur. Le sang se mit à couler doucement le long de sa poitrine et elle sentit la vie la quitter petit à petit. Elle sourit et tomba dans une inconscience qui lui parut une éternité mais lorsqu’elle ouvrit les yeux, cela faisait à peine quelques secondes qu’elle avait perdu connaissance. Elle se toucha la gorge et sentit les deux petits trous laissés par les canines d’Alucard.
- Maintenant que tu m’as rendue immortelle, plus rien ne peut m’atteindre, dit-elle calmement.
Rowena écarta les bras de son corps et leva la tête fermant les yeux. Prononça une formule en vieil irlandais et le vent commença à prendre possession de la place, se transformant assez vite en tempête. Faisant vibrer les murs et décrochant les tableaux, qui se fracassèrent contre les marches où se trouvaient Victoria et Tempérance. L’atmosphère se teinta de noire et de brume tournoyante. Comme une tempête se formant à l’intérieur même du manoir. Elle riait aux éclats, heureuse de sa nouvelle condition de vampire. Lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux, elle vit que tout était détruit mais personne ne subissait la colère du vent. Ils restaient immobiles, leurs vêtements étaient fixe, inertes. Doucement, elle baissa les bras et le vent retomba aussitôt, les regardant étonnée.
- Tu as ainsi révélé ta véritable identité, s’écria une voix masculine derrière elle.
Elle se retourna vers le nouveau venu et vit avec stupéfaction, l’image du sorcier onduler et fondre sous ses yeux.
- Qu’est-ce que …, commença-t-elle alors surprise.
Walter apparu lorsque l’image se fut complètement estompée. Tenant dans ses mains un livre à la couverture noire et aux pages couverte d’une écriture de sang.
- Le Démonium !
- Exactement, ma chère, répondit Walter le sourire aux lèvres.
Sortie de sa torpeur, elle se reprit et lui sourit alors à pleine dents.
- Si je meurs, elle meurt. Ne l’oubliez pas, j’ai le contrôle totale de son corps, elle est plongée dans le coma le plus profond et ne pourra jamais revenir, son âme est quasi morte. Si vous me délogez de son corps, vous ne la reverrez jamais !
Elle éclata d’un grand rire dément et se mit à tournoyer autour d’eux dansant une gigue irlandaise.
- Tu ne connais pas encore la baronne, Rowena, lança alors Victoria.
Elle se tourna vers elle et vit avec stupéfaction son image se détériorer laissant apparaître Tempérance. Ne comprenant rien, elle répondit sans hésitation.
- Je m’en suis assurée, le fait de faire assassiner sa vieille rombière a suffit à l’affaiblir pour de bon !
- En es-tu sûr, Rowena, demanda alors Walter. Ne t’es-tu pas demandé si cela n’aurait pas pu avoir l’effet contraire sur sa personnalité ? La baronne Integra n’est pas esprit à se laisser abattre si facilement.
Elle le regarda sans comprendre. Elle chercha en elle après l’esprit de la Baronne mais ne la trouva pas. Ouvrant les yeux, elle vit Alucard se transformer en Ezio et écarquilla les yeux. Ses doigts frôlèrent sa jugulaire et ne sentit que sa peau lisse, toute trace de morsure avait disparu. Elle poussa un cri de rage.
- Quel est ce maléfice !
- Si tu avais pris soin de savoir qui j’étais avant de lancer un contrat sur ma tête, tu aurais peut-être réfléchi à la manière de me tuer, ma chère Rowena.
Elle se retourna vivement au son de la voix de la nouvelle venue. Voyant sortir de l’ombre la femme qu’elle avait fait envoyer assassiner, elle perdit pied. A cet instant l’esprit d’Integra refit surface quelques secondes.
- Elle est déstabilisée ….. Walter ….
Sa voix était faible et émanait d’un esprit épuisé par le combat psychologique qu’elle livrait depuis trois mois maintenant. Walter commença à lire la formule, mais Rowena balaya de la main le livre qu’il tenait dans la main.
- Comment, demanda-t-elle sur ses gardes.
Mégane ne se laissa pas distraire et ne s’approcha pas pour éviter de se mettre en danger.
- J’ai été engagée par Arthur car je possède un pouvoir bien utile. Celui d’entrer dans l’esprit des gens et leur faire vivre la réalité que je lui implante dans la partie mémorielle de son cerveau. Tout ce que tu as vécu depuis l’arrivée de cet assassin à ma porte à été modifié par mes soins.
- Je suis arrivé en même temps que cet homme et ai pris la balle en lieu et place de Mégane, poursuivit alors Ezio. Etant immortel, je ne risquai rien comparé à elle. Nous l’avons obligé à parler.
- J’ai donc commencé à te faire vivre la suite des événements que tu souhaitais poursuivre, dès ce moment là.
Un bruit de pas et Thiels apparu alors devant elle. Elle serra les dents de rage.
- Tu n’as tué qu’une ombre ma chère, rien d’autre. La jeune fille était aussi un leurre. Integra me connaissant à réussit à cacher mon pouvoir à ton inquisition et intrusion. Elle savait en voyant la jeune fille te servir du thé à ton bureau que ce n’était qu’un mirage de plus et à donc profité de ce moment pour prendre possession quelque instant de son bras. Ce qui a conforté Walter dans sa conviction que tu n’étais pas Integra, car quoiqu’il arrive, elle n’aurait jamais levé la main sur l’un ou l’une de ses employées.
- J’ai fait des recherches sur la possibilité qu’un démon ou autre puisse prendre possession d’un corps, acheva Ezio. Ayant accès à toute la paperasserie du Vatican, j’ai fini par te trouver. Tu as été brûlée sur le bûcher en l’an 951 par la sainte inquisition. Apparemment, tu étais aussi la fille adoptive de Nathaniel Brosart, qui n’est autre que le plus grand sorcier ayant jamais existé.
- Malheureusement pour toi, il n’a pas résisté aux arguments plutôt frappant de notre cher ami commun. Il a donc décidé de quitter le pays et de ne plus jamais y remettre les pieds, continua Mégane. Le don de sang d’un vampire était plus grand que son désir de te retrouver ma chère Rowena.
- Non, vous mentez !
- Non, répondit Walter.
Il commença à réciter lentement le dialecte gallois et une brume blanche s’éleva lentement du sol. Le corps d’Integra se retrouva entouré de volutes épaisses et paralysantes. Rowena se mit à hurler devant son impuissance à résister. La voix de Walter devint caverneuse et presque qu’inintelligible mais la brume s’épaissit encore. Les hurlements de la sorcière pétrifièrent d’effroi Victoria et Tempérance. Car aux cris de celle-ci, s’ajoutèrent ceux d’Integra qui subissait d’énormes souffrances. La brume se dissipa un peu et tous purent voir le corps nu de la baronne suinter de sang par tous les pores de sa peau. Le moindre petit millimètre carré de sa chair en était recouvert, des larmes rougeâtres commencèrent à couler le long de ses joues. Sa bouche ouverte sur un cri devenu maintenant silencieux prouva la violence de l’acte de séparation des esprits.
Mégane porta la main à son cœur et serra les dents devant le spectacle de souffrance extrême que subissait son amante. Elle se tourna vers Alucard qui lui-même serra les poings devant son impuissance, il fit un pas en avant mais fut contraint par la force de l’environnement de reculer.
- Elle doit remporter ce combat elle-même, Alucard, lui dit Ezio. Elle souffre mais elle peut le supporter, elle est très forte.
- Mais cela fait trois mois qu’elle se bat ! Elle est épuisée ! Je crains pour le sort de mon maître, Ezio ! Je crains qu’elle ne puisse pas endurer tout le rituel !
- Alors soutient-la, comme tu l’as fait lors de son opération, répondit Mégane. C’est le seul et unique moyen pour toi de la protéger.
Il écarquilla les yeux et comprit. « Comment n’y ai-je pas songé plutôt ? » Il ouvrit son troisième œil et entra avec elle dans le maelstrom de sa douleur. Il lui saisit la main et l’attira à lui, la protégeant contre les assauts répéter de l’esprit plus puissant de Rowena. Prenant les coups à sa place, son corps fut vite lacéré sous la colère de la sorcière.
« Je n’en peux plus, laissa échapper Integra. »
« Maître ! »
« Je ne peux plus tenir, Alucard, c’est la fin. »
Alucard serra plus fort son corps contre lui.
« Quoiqu’il arrive, je ne vous laisserai jamais partir ! »
Alucard voyait des lambeaux de sa propre chair s’arracher, s’envoler avec les ceux de ses vêtements. Son esprit était littéralement haché, morceau par morceau. Ce qu’il subissait, Integra n’avait plus à l’endurer et cela lui suffisait amplement. Le plus surprenant est que tous purent voir les dégâts apparaître sur son corps dans la réalité. Elle était puissante malgré la pauvreté de son emprise sur Integra. Son esprit était vieux, plus ancien qu’Alucard, il perdait petit à petit ses forces.
- Ils ont besoin d’aide, cria Mégane. Mêlons notre esprit au leur !
Elle ferma les yeux suivie par Ezio, Tempérance, Thiels et Victoria. Walter continua avec plus d’acharnement à réciter sa formule mais cela n’avait en rien entamé la force de Rowena. Ils crurent perdre espoir quand dans l’autre monde, ils virent arriver des hommes et des femmes qu’Alucard reconnu comme étant des soldats et des employés du manoir. Ils entourèrent Integra pour la protéger de leur propre corps astral, subissant eux aussi les ravages de ses pouvoirs. Devant l’importance de la défense organisée autour de l’âme d’Integra, l’esprit de Rowena commença à perdre de la puissance et lâcha petit à petit prise sur son corps.
Dans un dernier cri de rage, elle perdit toute emprise et son esprit fut volatiliser dans une explosion qui renversa tout le monde.
Quand, ils ouvrirent les yeux, chacun se sentit groggy et empli d’une fatigue intense. Alucard se régénéra très vite et ôta sn manteau pour le poser sur le corps nu de son maître.
- Emmène-la dans sa chambre, je vais appeler le Dr Travelin, dit alors Walter qui était le seul plus à même de bouger.
Après plusieurs jours de repos, Integra finit par ouvrir les yeux, devant les yeux bienveillants d’Alucard. Elle lui sourit.
- Tu m’as protégée, merci.
- Maître, je ne suis pas seul responsable de votre sauvetage. Tous les gens de ce manoir ainsi que vos hommes, nous ont aidés. L’un d’entre eux a perdu la vie pour protéger la vôtre, et les autres ont été blessés.
- Seigneur, pourquoi leur avoir demandé d’intervenir, ce n’était pas leur combat, je ne le mérite pas.
- Maître, ils ont fait leur choix. Ils ne l’ont pas fait par intérêt, mais parce qu’ils tiennent à vous.
Integra reposa la tête sur l’oreiller et chercha Mégane du regard.
- Elle est partie, elle savait que vous alliez vous réveiller et m’a demandé de vous remettre ceci.
Alucard lui tendit une enveloppe qu’elle prit d’un geste encore mal assuré. Elle sortit la petite feuille et commença à lire. Alucard sortit de la chambre pour lui laisser un peu d’intimité.
« Mon amour, mon tout, mon autre moi-même,
L’amour que je te porte est au-delà de ce que tu peux seulement imaginer. Malheureusement, il ne peut rivaliser avec le sien. Je sais que ton amour envers moi est sincère mais il n’atteindra jamais le niveau de celui que tu portes à Alucard.
J’ai décidé de partir en ce jour car j’ai sentit arriver l’éveil de ta conscience. Il est temps pour moi de te quitter, de te laisser vivre. Jamais rien en ce monde ne pourra rivaliser avec le vide que tu laisseras en mon cœur.
Je prendrai un avion pour Paris ce jeudi à 15 h 30. Si tu désires toujours de moi, je serai heureuse de t’y voir et de revenir vers toi. Mais, si je ne te vois pas sur les lieux de l’aéroport, je comprendrais que tu désires enfin de franchir le cap.
Saches qu’il t’aime plus que tout au monde, son désir est aussi pure que sa nature le lui interdit. Je n’ai jamais ressentit tel sentiment en lui, même pour sa première femme, Elisabetha. Il ne cherchera pas à te tromper, mais juste à te rendre heureuse comme jamais.
A tout jamais mon amour,
Mégane Faust »
Integra replia la lettre et appela Walter.
- Oui milady ?
- Quel jour sommes nous ?
- Jeudi, milady.
Integra rejeta les draps et voulu se mettre debout mais la faiblesse de son corps la trahi et elle tomba lourdement sur le sol. Elle poussa un faible cri de douleur et tenta vainement de se redresser.
- Vous devriez rester au lit, maître, dit Alucard la relevant.
- Non, je dois aller la chercher, dit-elle pressante.
Alucard la regarda et eut l’air contrit.
- Je vous accompagne alors, vous ne ferez pas un mètre sans être soutenue.
Walter apprêta la voiture et attendit qu’elle se place à l’arrière, accompagnée de près par Alucard. Lorsqu’ils arrivèrent à l’aéroport, elle se pressa pour atteindre l’air d’embarquement en direction de la France. Elle arriva enfin dans la salle d’attente et vit, de dos, Mégane qui lisait un livre. Alucard ne la soutenait plus mais restait néanmoins dans son dos pour parer à toute rechute de sa part. Il cru tout d’abord qu’elle allait se diriger tout de suite vers elle, mais elle marqua un arrêt tout en continuant de fixer Mégane assisse.
Celle-ci se leva au bout de quelque minute et prit son sac. Sans se retourner, elle se dirigea vers la porte d’embarquement et disparu au détour du couloir. Integra recula et buta contre le corps d’Alucard qui ne bougea pas de peur de la voir défaillir.
- Ne me fait pas regretter ma décision, Alucard, dit-elle doucement.
- Non, mon maître, jamais.
THE END
Auteur Keutgen Valérie
Date : 20 septembre 2010
09:25 Écrit par In the name of God, impure souls of the living dead shall be banished into eternal damnation. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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12.09.2010
Hellsing trinity (partie quatre)
Hellsing: The Trinity
Order VI: Painful Memories
Au manoir Hellsing, il régnait une certaine tension, sans que l'on sache vraiment de quoi il retournait, mais quoi qu'il en soit, on n'osait penser même que l'agression dont avait été victime Alucard en était la cause. Bien que le connaissant et le sachant de leur côté, la majorité des soldats de la fondation ne voyaient en lui rien de plus que ce qu'il était, c'est-à-dire un vampire et ils ne se rendaient pas compte de quelles auraient été les conséquences de sa perte. La réputation d'Alucard dans le Monde des Ténèbres avait suffisamment d'impact pour dissuader les plus sages des vampires de s'attaquer au manoir et leur garantissait une relative tranquillité. Puisque le nosfératu était rétabli (entraînant du même coup la disparition de Centaure qui fut à peine remarquée tellement celui-ci fut discret), l'affaire était close. A leurs yeux, la seule chose qui devait nourrir la vigilance de leur dirigeante était la nouvelle de la disparition de Sir Irons, propagée à grands cris par l'aristocratie britannique. Il n'était pas apparu que les deux évènements pouvaient être liés.
Cependant, aux yeux d'une personne qui s'en soucierait un tant soit peu, il apparaîtrait comme évident qu'Intégra cherchait à tout prix à éviter de se trouver dans la même pièce qu'Alucard, au grand désespoir de celui-ci. Elle s'arrangeait pour qu'il aille en mission toutes les nuits, même pour la plus insignifiante des goules qui soit et quoi qu'elle ait à lui transmettre, c'était à Walter de se charger de la commission. Il était important qu'il soit occupé toutes les nuits et que la journée, il restât dans le souterrain, afin qu'il ne tente pas de la voir ni même de nourrir de sombres réflexions. Pourtant, à la longue, ces mesures eurent l'effet inverse.
Walter descendait au souterrain, un parcours qu'il avait l'habitude de faire ces temps-ci, avec un dossier à la main, lorsqu'il tomba sur Antico qu'il trouvât quelque peu agitée. Ses yeux jetaient des éclairs, mais sur personne en particulier, elle se mordillait la lèvre inférieure comme pour s'empêcher de parler et elle expirait profondément comme une soupape de sécurité. Quand il lui demanda ce qui n'allait pas, elle répondit:
- Oh, rien de grave! C'est juste que, je sois traversée de mauvaises ondes. Et très brutalement. Ceci dit, je ne vous conseille pas de descendre là-dessous, car ça pourrait vous retomber dessus, à vous aussi!
Sans mettre en doute l'avis d'Antico, le majordome continua quand même son chemin, puisqu'il en allait de son devoir. Cependant, lorsqu'il arriva au couloir où se terrait habituellement Alucard, il le trouva, ainsi que Ceras, avec les mêmes tics qu'Antico. Alucard était assis sur son fauteuil et Ceras à terre adossée au mur, mais de toutes évidences, ils prenaient grand soin à s'ignorer mutuellement et, bien que Walter ne possédait pas les mêmes dons d'empathie qu'Antico, il pouvait clairement sentir de la tension entre eux deux. Il était peu souhaitable d'irriter un vampire tel qu'Alucard, surtout s'il s'était déjà levé du pied gauche. Pourtant Walter devait bien attirer son attention. En s'éclaircissant un peu la gorge au début, il lui signala:
- Il va te falloir repartir en mission, Alucard. Une attaque a été signalée sur une route déserte non-loin d'ici.
Le vampire lui jeta un bref coup d'œil, plutôt dédaigneux, ne prit pas le dossier qu'il lui tendait et il s'étira sur son fauteuil avec une désinvolture davantage forcée que naturelle. Un simple mot franchit ses lèvres mais articulé avec une grande netteté:
- Non!
Voilà qui déstabilisa le vieux Walter. Puisqu'il n'ajouta rien de plus à cela, il fallut l'inciter à s'expliquer.
- Comment ça non?!
- Non, je n'irai pas éliminer de pauvres misérables goules encore pour la gloire de la Fondation Hellsing!
Mis à part le ton de moquerie flagrant dans sa voix, il ne lui apprenait rien de plus.
- Mais, Alucard..., balbutia Walter, consterné. Il se peut que j'ai manqué d'attention à certains détails, ...l'âge sûrement, mais, peux-tu m'expliquer ce qui t'arrive?
- Monsieur fait des caprices, comme d'habitude! Intervînt soudainement Ceras, avec une inhabituelle mauvaise humeur.
- Toi, silence! Siffla son maître, puis se tournant à nouveau vers le majordome: Ca va faire des jours qu'on m'envoie chasser le moindre petit mort-vivant qui ose pointer le bout de son nez hors de sa tombe, alors qu'il y a des choses infiniment plus importantes dont il faudrait s'occuper ici même, et je commence à en avoir par-dessus la tête! J'ai décidé que, jusqu'à ce que ça change, je n'irai plus éradiquer des petits rebus de démons! Et peux-tu, mon vieux Walter, être assez aimable de transmettre à la Gracieuse Baronne Intégra Hellsing que si elle a des remontrances à me faire, elle devra venir me les dire en personne!!
Ca, c'était déjà un peu plus clair. Alors que Walter resta un moment à réfléchir sur l'attitude qu'il convenait d'adopter, un son de claquement de talons s'éleva dans le souterrain et une voix trainante soupira avec lassitude:
- Oh la la, Alucard! Puisque tu es en colère, laisse ta colère exploser! Telles que sont les choses, ça n'arrange pas mes migraines!
Comme celui-ci eut à son encontre un feulement méprisant, elle continua sur sa lancée:
- Mais bien sûr, tu préfères ruminer tes idées noires et rouspéter à tout va, plutôt que de prendre une vraie décision énergique, d'avouer qu'elle te manque...
- Cesse tout de suite! Coupa-t-il, menaçant, avant qu'elle n'aille plus loin.
- Alucard, loin de moi l'intention de te démoraliser davantage, conseilla avec précaution Walter, mais, les choses étant ce qu'elles sont...Intégra va se marier. Il y a peu de chances que tes désirs trouvent satisfaction. Il vaudrait mieux pour toi de laisser tomber.
Sans qu'on sache pourquoi, Alucard eut un pouffement qui se mua rapidement en un rire hystérique, ce qui acheva de diffuser l'impression qu'il était mentalement dérangé.
- Aaah, alors tout ce que j'ai à faire, c'est de laisser tomber! Hoqueta-t-il. Ha Ha Ha Ha! Merci de l'information, Ange de la Mort! Je ne savais même pas que mes chances de séduire mon maître étaient pratiquement nulles et qu'il fallait que je laisse tomber! Ha Ha Ha! C'est sûr que c'est ce que je ferais, plutôt que de faire du surplace dans cet Enfer émotionnel où je suis en ce moment, si seulement je pouvais laisser tomber!! Mais je n'y arrive pas, à laisser tomber, comme tu dis!!!
Il fut un temps où Alucard eut songé à embrigader son propre maître, comme étant un passe-temps distrayant, qui lui permettrait de savourer sa vengeance comme il se doit, non pas comme une source de souffrances dont il doutait et redoutait l'issue. Opposé au fait qu'Alucard haïssait tous les membres de cette maudite famille Hellsing qui l'avait déchu de son rang, il semblerait que cette haine excessive ait rendu son amour pour Intégra encore plus fort et sa passion encore plus obsédante. Il songeait à toutes ces tortures et à tous ces outrages qu'il rêvait de lui faire subir, désormais impossibles car ils s'évanouissaient dès qu'il lui faisait face, dès qu'il la voyait et qu'elle le regardait, il se sentait encore plus son esclave. Mais cette situation le mettait en rage. Là, ce n'était plus de la magie, divine ou démoniaque, qui l'enchaînait mais une émotion profondément enracinée en lui-même qu'il ne pouvait tout simplement pas extirper. Et plus il essayait de la combattre, plus ses efforts nourrissaient cette mauvaise herbe.
Se souvenant de la dernière fois où le vampire avait haussé la voix, le vieux Walter commençait à craindre pour les meubles. L'état de désarroi enragé dans lequel se trouvait Alucard l'inquiétait, tandis qu'il suscitait la curiosité de Victoria. En revanche, il donnait plutôt l'envie de rire à Antico. Le puissant nosfératu Alucard, le Parachrist, qui se mourrait d'amour comme un collégien! Pourtant, elle était de mauvaise humeur, malgré elle. Elle avait l'intention de continuer à ergoter quitte à pousser Alucard hors de ses gonds.
- Si ça te prend la tête à ce point, dis-le-lui! Comporte-toi en adulte pour une fois!
- Je n'ai pas l'intention de la supplier à genoux! J'en ai assez fait et je suis fatigué de supporter ses sautes d'humeur!
- Oh, ça, c'est typiquement masculin! Que des torts de notre côté et que des compromis du vôtre, c'est ça? Ca ne te traverse pas l'esprit qu'Intégra souffre aussi de son côté, peut-être?
- Comment pourrais-je le savoir? Elle a fait de son mieux pour que je ne la voie plus! Sûrement que, sachant à quoi je pense réellement quand je la regarde, c'était trop difficile à supporter pour elle!
- Mais quel crétin fini! S'exclama Antico.
Alucard, étant habitué à des réactions comme la crainte, celle de Ceras, ou la prudence, de Walter, ou la froideur pour Intégra, n'aurait jamais cru que quelqu'un aurait le cran de l'insulter copieusement comme Antico venait de le faire sans hésitation et avec une telle véhémence. Walter fut également surpris, ne l'ayant jamais vue dans une colère noire. Et elle ne s'était pas tarie.
- Toi, tu es tellement obsédé par ton ego blessé que tu ne remarques rien d'autre! Tu ne te demandes même pas comment va Intégra, comment elle supporte tout ça!
- A merveille, maintenant que je suis puni d'avoir osé la considérer comme une femme! Pour un peu, elle m'aurait tiré dessus elle-même!
- Comment oses-tu dire ça! Tu ne l'as pas vue rester à tes côtés jusqu'à l'épuisement, puisque tu étais dans le coma! Elle s'en voulait tellement qu'elle m'a envoyée traquer ton agresseur!
- Quoi?!
- Si tu t'intéressais un tant soit peu à ce qui se passe au-dehors de ton souterrain, tu saurais que le type qui t'a tiré dessus, Irons, est porté disparu et je parierais qu’il ne va pas tarder à être retrouvé dans un sale état! C'est bon ? Tu fais le lien, maintenant?
A cette annonce, qui avait quelque peu échappé à Antico, Alucard ne sut quoi répondre. Il n'avait pas pris la peine, depuis son réveil, de mentionner le nom de celui qui avait failli le tuer, étant donné la position de ce dernier, il ne s'était pas fait d'illusions. Il n'aurait jamais imaginé qu'Intégra eut fait une telle chose, vu l'importance qu'avait la Table Ronde pour elle. C'est dire qu'elle devait être très perturbée. En revanche, la nouvelle avait causé un choc à Walter.
- Comment?! C'est vous qui l'avez tué, mademoiselle Antico?
- Oui, répondit-elle, avec un naturel qui fit froid dans le dos. Elle me l'avait demandé et je n'ai pas hésité. Si je devais recommencer, je le ferais. Par-contre, pour elle, la décision n'a pas été évidente à prendre, alors j'aimerais qu'elle ne se soit pas sali les mains pour rien! (Puis, elle s'adressa à nouveau à Alucard, qui se taisait, penaud) Le mieux que tu puisses faire, c'est de parler à Intégra! Sois un homme, quoi! N'ai-je pas raison, Walter?
Elle se retourna pour avoir son approbation, or, le majordome s'était éclipsé, sans rien dire, ce qui était plutôt inhabituel de sa part. D'un coup, le problème principal semblait secondaire. Laissant Alucard se tirer d’affaire, seul. Antico quitta brusquement les lieux. Quand elle ne fut plus là, il ne restait plus qu'Alucard et Victoria qui pourtant ne s'adressaient pas la parole, mais Alucard n'avait pas besoin de l'entendre. Il savait que son silence obstiné était un reproche qu'elle lui faisait. Que lui reprochait-elle au juste? A peu près tout ce qui lui était arrivé de mal, ces temps-ci. De l'avoir traitée comme une moins-que-rien, d'avoir préféré Intégra à elle, de lui avoir révéler la conduite de Cameron en la faisant passer pour une idiote par la même occasion, d'être responsable indirectement de la disparition de Centaure. Tout ça dans le moindre coup d'œil qu'elle lui lançait. Elle finissait presque par lui faire sentir la culpabilité. A la fin, il en eut assez, il lui cria:
- Puisque je te répugne tant que ça, pourquoi t'obstines-tu à rester!! Une seule gorgée de n'importe quel sang et tu mettrais fin à ta dépendance envers moi qui est une corvée pour nous deux! Tu veux ta liberté, alors prends la et laisse-moi en paix!! Va-t-en!!
Malgré l'agressivité de cette réplique, elle ne bougea pas. C'était vrai, après tout, pourquoi restait-elle? Elle aurait pu quitter le souterrain plutôt que de subir sa mauvaise humeur, mais elle resta. Elle aurait très bien pu mordre et boire le sang de n'importe qui à la limite, mais elle ne l'avait pas fait. Alucard l'avait dit dès le début. C'était sa décision. Son amour pour Alucard, qui était en fait une grande admiration mêlée à un besoin masochiste de se sentir dominée, dû à sa propre faiblesse, lui disait de rester. Qui plus est, c'était son sang qui coulait dans ses veines. Quoi qu'il advienne, il était et restera toujours son Maître.
- Non.
Le mot avait franchi les lèvres de la jeune vampire après un temps de lourd silence, ce qui interloqua Alucard.
- Quoi?!
- Non, je ne m'en irai pas. Parce que sinon, il n'y aura plus personne pour veiller sur vous.
La phrase sonnait tellement incongrue que la première réaction d'Alucard fut la moquerie.
- Et c'est toi qui me dis ça!
- Oui, et j'en conviens, je suis la seule assez stupide pour me soucier de vous! Repartit-elle, se levant d'un bond.
- Je n'ai besoin de personne! Martela-t-il. Qu'est-ce que tu croyais! Pendant tous ces siècles, je n'ai jamais eu à compter sur personne d'autre que moi-même!
- Evidemment, vous y êtes bien obligé! Vous haïssez tout le monde! Vous vous raccrochez désespérément à la seule chose qui vous reste, vous-même, votre ego, votre puissance, la seule chose en laquelle vous pouvez encore croire, parce que malgré tout ça, vous n'arrivez pas à surmonter vos malheurs! Et vous en voulez à la Terre entière!
La tirade de Victoria était ponctuée par des sanglots nerveux.
- Et ça vous mène à quoi tout ça? Votre seul véritable ami s'est sacrifié pour vous sauvé la vie, vous ne lui en êtes même pas reconnaissant! Vous vous êtes fait insulter par une femme que vous ne connaissiez même pas et même votre vieux camarade vous a laissé tomber! Sans compter que la femme que vous aimez vous déteste!
A cette annonce, Victoria ressentit un choc d'une force phénoménale au visage qui la propulsa au sol. Se tenant au-dessus d'elle, le poing brandit, Alucard avait les yeux effrayants, de quelqu'un qui est à bout de nerfs. Ignorant la douleur qui lui transperçait les dents, car elle tenait absolument à dire ce qu'elle avait à dire, elle continua, chevrotante:
- Ca m'est égal que vous...me battiez comme plâtre! Vous...pouvez très bien faire...l'orgueilleux et le dur-à-cuire, mais, la vérité...c'est que vous n'avez plus personne! Et moi, je ne vais pas rester là à vous regarder vous détruire! Qu'importe que vous m'humiliez, si ça vous aide à vous sentir mieux, mais je resterai à vos côtés!
Après quoi, elle s’en retourna, se traînant misérablement, contre le mur pour pleurer tout son saoul, tandis qu'Alucard, levé de son siège, lui avait tourné le dos, surtout pour ne pas montrer combien ce qu'elle avait dit l'avait affecté. Il restait, la tête appuyée contre le mur, à fredonner une triste mélopée qui lui venait.
- Einsam will ich untergeh'n (Seul je sombrerai)
Einsam will ich untergeh'n
Einsam will ich untergeh'n
Eines Tages aufersteh'n. (Et un jour ressuciterai)
Chantonner était un moyen pour lui de remettre de l'ordre dans ses idées et cette fois encore ça fonctionna. La solitude, il la connaissait, il avait toujours était seul, même entouré d'une armée de cents hommes. Pourquoi l'effrayait-elle, maintenant? Pourquoi sentait-il des remords? «Verdammt noch mal! Mais qu'est-ce qui m'arrive, ces temps-ci!» Y aurait-il encore une part d'humanité en lui, même infime? C'est alors que lui revînt avec netteté un souvenir, le premier de l'homme qu'il haïssait le plus, frappant de sa main gigantesque un petit garçon aux cheveux noirs, du même geste qu'il avait fait avec Ceras. Tout à coup, Alucard eut comme qui dirait la nausée. « Cet immonde bâtard dont je porte le nom, à qui je ressemblais tellement! En fait, je suis exactement comme lui!» Il s'était certes souvent montré cruel avec Ceras, de façon psychologique, jamais encore il n'avait osé lui infliger une souffrance physique. Seulement il avait voulu la faire taire, alors que, pour une fois, elle disait des choses sensées, qu'il refusait d'entendre, et son dévouement fit qu'Alucard se sentit encore plus honteux de sa conduite.
Il tourna les yeux vers elle. Toujours abattue, elle pressait ses doigts contre sa bouche, entre lesquels s'écoulaient des filets de sang. Il avait dû lui briser la mâchoire. Elle se régénèrerait vite, il n'empêche que cela la faisait souffrir. Il vînt s'assoir à côtés d'elle et, tout en passant sa main dans ses cheveux de pailles d'un geste qui se voulait apaisant, il fit un effort pour murmurer le plus sincèrement possible:
- Je suis désolé, Victoria. Pour ça....et pour le reste.
La susnommée, qui n'en n'espérait pas autant tout de suit, leva les yeux tout embués, surprise de l'entendre l'appeler par son prénom. Peut-être qu'enfin, il la respectait vraiment. Par besoin de réconfort, elle posa sa tête contre son épaule. Cette fois, il ne chercha pas à profiter de son désarroi. Ils restèrent, unis dans les coups durs. Il passa son pouce pour essuyer le sang de son visage.
- Sale temps pour les suceurs de sang, hein? Soupira-t-il.
- Oh oui!
Puis, après un temps d'hésitation, il demanda:
- Tu crois vraiment qu'elle me déteste?
- Quelqu'un a dit, il me semble que l'amour et la haine sont les deux faces d'une même émotion, rappela Victoria avec malice.
Ils rirent de bon cœur, avant de se rappeler que la personne en question n'était plus là.
- Il me manque aussi, le Bon Samaritain Aveugle, avoua Alucard, mélancolique. Même s'il était affreusement moralisateur. Qu'est-ce qui lui a pris de faire une telle chose!
- Vous auriez préféré rester dans le coma?
- Au moins, Intégra était à mes côtés. Oh non! Voilà que je fais dans le mélodrame! Par pitié, achève-moi!
- Je suis sûre que ça va s'arranger avec Intégra.
- Ah, tu crois? L'ennui, c'est qu'elle est barricadée comme un coffre-fort et je n'en connais pas la combinaison.
- Et bien, pour ouvrir un coffre, il faut écouter attentivement.
- Même technique pour la chasse, sauf que la biche ne cesse de se dérober.
- Dans ce cas, il faut attirer le gibier sans lui laisser l'occasion de fuir.
- Peut-être. Mais, c'est sans compter qu'elle et moi ne vivons pas dans le même monde.
- Et bien, empruntez un passage parallèle.
- Bon, arrêtons là les métaphores!
- Ce que je veux dire, c'est que, si vous tenez vraiment à elle, il faut que vous persévériez.
Le conseil était valable. Alucard en fut surpris, mais ce fut un certain soulagement de pouvoir se confier à quelqu'un. Regardant Victoria d'un œil taquin, il lança:
- Il semblerait que toi aussi tu t'améliores avec le temps, petite! Comme quoi, Centaure a peut-être raison de croire aux miracles!
Voyant qu'il était revenu dans sa verve sarcastique, Victoria se serait demandé si elle n'allait pas le regretter, mais finalement, c'était tellement mieux de le voir ainsi!
- Par-contre, vous, vous êtes toujours le même emmerdeur!
Antico finit par retrouver Walter en train d'astiquer de l'argenterie, assez vigoureusement d'ailleurs, les sourcils un peu froncés.
- Oh, Walter, que se passe-t-il? Vous êtes parti plutôt brusquement!
- Non, tout va bien! Répondit-il, un peu sèchement. J'avais juste besoin d'un peu de temps pour digérer la nouvelle!
Sauf que, le scrutant, Antico fronça à son tour les sourcils et secoua la tête.
- Oh non, non! Je crois que je vous ai donné une mauvaise image de moi! Il faut que vous sachiez que ça m'arrive rarement d'être aussi casse-couille, mais il y a certains sujets qui me mettent hors de moi. Et ça n'arrange rien de servir de paratonnerre aux émotions négatives des autres. Des fois, j'ai du mal à savoir ce que je ressens moi-même.
Qu'on ne se méprenne pas, Antico n'a rien contre Alucard, de prime abord. Il était à ses yeux très attirant, cependant, il représentait, au vu de ses défauts, ce qu'elle n'avait que trop vu chez les hommes durant son existence. C'était bien seulement par amitié envers Intégra qu'elle voulait s'échiner à l'aiguiller sur la bonne voie et elle trouvait que c'était tout à l'honneur de celle-ci d'arriver à le supporter.
- Oh, je n'ai jamais pensé que vous étiez...ce que vous dîtes, reprit Walter, plus posément.
- Mais je vous ai choqué, n'est-ce pas?
- C'est juste que j'avais oublié que vous étiez une vampire, vous aussi, et que les vampires parlent de meurtres avec une certaine désinvolture.
- Quoi?! Mais, je ne prends pas ça à la légère! Sûrement pas!
La réaction de la vampiresse fut un tel rugissement, aussi soudain que violent, que le majordome en fut effrayé sur l'instant. Après quoi, elle se reprit immédiatement, presque choquée de sa propre réaction.
- Oh! Je suis désolée!...Je ne voulais pas vous...Ce qu'il y a, c'est...Je ne suis pas mauvaise, et je ne voudrai pas que vous pensiez que je le suis,...mais il y a des choses que je n'arrive pas à tolérer! Et les hommes qui commettent les crimes les plus abominables en toute impunité, protégés par leur rang, en font partie!
- Et vous pensez que tous méritent la mort?
- Vu le mal qu'ils font à leurs victimes, oui!
- Il s'agit plus de vengeance, alors.
- Vous trouvez ça mal?
- Cela n'efface pas le mal, vous savez?
- Je sais, oui...
Le majordome la considéra un instant. La belle vampiresse qui était toujours pleine d'entrain, semblait soudain bien morose. Une intuition lui disait qu'elle parlait d'expérience.
- J'aimerais surtout comprendre pourquoi.
Suite à cette demande suggérée, elle réfléchit intensément, puis elle commença:
- Dans ce cas, je me permets de vous raconter une histoire. Il y avait une jeune fille qui vivait à Séville, avec sa famille, il y a de cela plus d'un demi-siècle. C'était une fille sans histoire, pourtant elle était rejetée, montrée du doigt dans les rues, à l'école. Tout ça parce qu'elle était juive. Ceci dit, en Espagne, il n'existait aucune loi contre les juifs, équivalant celles de Nuremberg. Donc, tant qu'elle ne sortait pas de sa maison, elle était heureuse avec ses parents, ses frères et sœurs, ses oncles et tantes. Elle avait un don pour la danse qu'elle pratiquait dans la cour de son foyer sous leurs yeux émerveillés. Tous l'aimaient, tous s'entre-aidaient. Ils auraient pu continuer à être heureux ainsi, s'il n'était pas venu à Séville.
Pour Antico, qui n'avait jamais un timbre en ligne droite, sa voix était d'une étrange neutralité. Elle continua:
- Le colonel Vorbach, un officier nazi allemand. Comme il se contentait de se promener le long des rues et de bavarder avec les habitants, personne ne s'en était méfié. Et puis une nuit, des soldats nazis sont entrés dans les maisons des familles juives de Séville et les ont tous emmenés. La jeune fille et sa famille y compris.
- Cette jeune fille, c'était vous n'est-ce pas?
En guise de réponse, Antico releva le gant de velours sur son bras droit révélant le chiffre quatre-vingt six tatoué à l'encre noire sur sa peau blanche.
- Quoi qu'il en soit, nous avons été parqués dans des wagons à bestiaux dans un train qui nous emmenait vers un camp de travail à la frontière des Pyrénées. C'était tout ce que nous savions, qu'on allait nous mettre au travail. Personne n'aurait pu imaginer ce qui nous attendait là-bas.
Une fois arrivés sur place, quand ils nous avaient fait sortir, j'avais cru entendre une voix de femme me dire... ‘achtzehn’. Je savais que c'était de l'allemand, mais j'ignorais ce que cela signifiait. Tout en marchant vers le lieu de rassemblement, j'avais réentendu cette même voix qui répétait ‘achtzehn’ à plusieurs reprises, mais j'avais eu beau cherché des yeux je n'avais pas trouvé la personne à qui elle appartenait. Ensuite, on nous avait fait mettre en file devant l'officier chargé de l'enregistrement, j'avançais avec un mauvais pressentiment au ventre. Lorsque mon tour est venu et que l'officier m'a demandé quel âge j'avais, le mot ‘achtzehn’* (dix-huit en allemand) avait pris tout son sens. J'avais dix-sept ans à l'époque, pourtant je lui avais dit que j'en avais dix-huit. J'étais grande, bien développée, et exceptionnellement jolie, et, malgré la crasse du voyage, il m'avait regardée de la tête aux pieds, il m'avait aisément crue. Pendant le voyage, moi et ma famille nous étions efforcées de rester ensemble quoi qu'il en coûte, mais les circonstances ne nous ont pas aidés. A un moment, le colonel Vorbach était passé dans les rangs et, comme il avait l'air aimable, j'oserais même dire séduisant, ma tante Christina était allée lui demandé ce qui se passait. Il lui avait répondu qu'on allait leur attribuer des tâches et demandé si elle se sentait suffisamment forte pour accomplir des travaux pénibles. Puisqu'il se souciait si gentiment d'elle, elle lui confia qu'elle serait plus à l'aise avec des travaux simples comme la cuisine ou la couture. Il avait souri avec compréhension et lui avait désigné un groupe constitué de personnes âgées et de moins de dix-huit ans, déjà en marche. Ma mère l'y avait suivi car elle n'avait pas voulu laisser mon petit frère et mes quatre jeunes soeurs. J'y allais également quand une main m'agrippa le bras. Une silhouette voilée me tira en arrière. Ma mère avait dû penser que je la suivais, si elle ne s'était pas retournée. Je ne les avais revu que plus tard, quand j'avais dû sortir leurs corps des chambres à gaz pour les brûler, le premier travail qu'on m'avait imposé, sous le regard du colonel Vorbach. Depuis, je n'ai jamais pu oublier son visage.
Alors que Walter étouffait une exclamation horrifiée, Antico poursuivit son triste récit:
- Le reste de ma famille n'a pas eu plus de chance. Mon père et mes oncles ont été abattus par les vigiles alors qu'ils tentaient une évasion. Mon frère aîné qui avait tout juste dix-huit ans avait été retrouvé mort un beau matin sur sa paillasse. Ma famille avait toujours été travailleuse, mais ce qu'ils nous faisaient faire là-bas n'avait d'autre but que de nous tuer à la tâche. Après quarante-quatre jours, il ne restait plus que moi et c'est là que je l'ai rencontrée. Celle qui m'a évité de mourir et qui, paradoxalement, a fait qu'aujourd'hui je sois morte.
- Celle qui a fait de vous une vampire, compléta Walter.
- Certains nosfératu utilisent ce genres de combines pour grossir leurs rangs. Ils se rendent sur les charniers humains, les pires lieux de désespoir, ils observent leurs victimes et attendent qu'elles soient prises dans une situation inextricable. Lorsqu'ils leur proposent de les vampiriser, elles acceptent car elles feraient n'importe quoi pour quitter l'enfer dans lequel elles se trouvent, et après quoi s'il leur arrive de s'en plaindre, ils clament haut et fort que c'était leur décision. Pour ceux qui ont été choisi de la sorte, la renaissance n'est pas vraiment évidente. On reste toujours à douter si on a fait le bon choix ou non et on reste perpétuellement en arrière. Peu de spécimens dans le lot, trouve de réponse dans cette vocation, si je peux dire.
- Est-ce votre cas?
- Pas vraiment. Certes, je n'ai eu qu'un choix restreint, mais je me suis vite accommodée. J'ai toujours eu un certain goût pour le pouvoir et une fois transformée, j'ai eu la liberté d'assouvir mes envies. Simplement, je trouvais que c'était un peu cher payé. La nuit suivante, je l'ai tous tués, mais je n'ai pas trouvé le colonel, alors j'ai dû laisser tomber, en gardant en moi l'impression d'avoir une lame plantée dans la poitrine et de ne pas pouvoir la retirer. Jusqu'à ce que je découvre qu'en réalité il se nommait Requiem, qu'il était aussi un vampire et qu'il avait émigré en Angleterre. Alors, je me suis faîte engagée au Bloody Nights pour arriver à l'approcher et en finir avec cette histoire qui me ronge depuis un demi-siècle. Malheureusement, je me suis rendue compte que Requiem était un vampire de bien avant la Seconde Guerre Mondiale, et de ce fait, il était beaucoup trop fort pour moi. D'après ce que j'avais entendu, Le seul à avoir vaincu un nosfératu tout aussi puissant que Requiem, Incognito, est Alucard. Lui seul à une infime chance de le vaincre. Voilà mon histoire. Intégra doit penser que je me sers d'elle et c'est en partie vrai,. Mais il n'y a pas que ça. Je m'inquiète réellement de l'avenir des humains. Même si j'ai tué des hommes et y ai pris du plaisir, je ne cherche qu'à venger les victimes à qui la justice fait défaut. Jamais je ne commettrai les mêmes atrocités que Requiem.
Suite à ces révélations, Walter resta silencieux. Considérant son silence atterré, Antico soupira:
- Je suppose que ça ne fait aucune différence. Un tueur reste un tueur. Pourtant, moi, je vous aime bien malgré que vous soyez vieux, mais, moi, je suis un monstre et ce n'est pas pareil.
- Non! Je ne vous ai jamais considérée comme un monstre! Protesta Walter.
- Non? Mais ça vous répugne de me savoir une tueuse, n'est-ce pas?
- Je serais plutôt mal placé pour vous faire des sermons, étant donné que j'ai également du sang sur les mains.
- Vous aussi?
- Où croyez-vous que j'ai appris à manier ces fils! On m'a même surnommé l'Ange de la Mort.
- Mais, vous, avez-vous pris du plaisir à torturer quelqu'un?
- Sachant les épreuves que vous avez traversées, il est, si on peut dire, normal de vouloir obtenir réparation à la souffrance que l'on a subie.
Antico eut l'air étonnée, saisie par ses paroles.
- Vous le pensez vraiment?
- Oui. Personnellement, je crois que les vampires ne choisissent qu'à moitié d'être tels qu'ils sont. Ils sont déjà obligés de boire du sang pour survivre, mais de plus, la plupart de leurs actes sont motivés par des pulsions dont ils ignorent eux-mêmes les raisons. En toute sincérité, vous vous en sortez mieux avec vos vieux démons qu'Alucard avec les siens. Enfin, la puissance a un prix.
Antico resta perplexe pour une fois. Le vieux majordome était redevenu paisible, même si elle ne sentait rien provenant de lui, elle le croyait.
- Je dois dire que c'est agréable pour moi d'avoir un interlocuteur aussi calme, avoua-t-elle. Les ondes qui émanent de vous ne me heurtent pas brutalement, comme c'est le cas pour les autres. Le désespoir de Ceras me fend le cœur, et Alucard, il n'y a que de la haine et de la colère refoulées, quand à Intégra...Elle semble peut-être de glace, mais ce n'est rien d'autre qu'une apparence. Que de remous sous la couche de glace! Mais, ces temps-ci, elle tend à se fissurer et je crains d'en être responsable!
- Comment cela? S'étonna Walter devant la mine chagrinée de la vampiresse. Comment en seriez-vous responsable?
- C'est moi qui ai suggéré à Intégra de répondre aux avances de Peter! En disant cela, je pensais qu'elle ne s'engageait à rien, j'ignorais les conséquences que ça aurait entraînées!
- Personne ne pouvait le savoir, vous n'y êtes pour rien.
- D'habitude, je ne déprime pas à ce point, mais j'ai toujours peur d'être une gêne, alors que je ne crains pas d'être vulgaire et une emmerdeuse! Ca doit vous paraître stupide!
- Pas du tout. Et je dirais plutôt que vous avez du franc-parler et du caractère!
L'entendant parler ainsi, elle eut un léger rire.
- Oui, ça sonne mieux dit ainsi!
- Vous n'avez pas de crainte à avoir, mademoiselle Antico, la rassura Walter, chaleureusement. Vous n'avez pas idée comme votre présence est bénéfique. Vous avez brisé un cercle vicieux dans lequel menaçait de sombrer Intégra, Alucard et la Fondation avec eux. Vous avez donné à Intégra ce qui lui manquait, une amie dont elle ne souhaite plus se passer. Croyez-moi, à présent que vous êtes entrée dans nos vies, vous nous êtes réellement indispensable.
Chose surprenante, Antico, qui venait de faire le récit de la mort de sa famille et de son calvaire en camp de concentration tout en gardant un visage neutre, à l'écoute des dernières paroles de Walter, fondit en larmes. Walter, désemparé par cette réaction inattendu, ne demandait qu'à s'excuser de ce qu'il croyait être sa méprise, tout en s'interrogeant sur ce qu'il avait bien pu dire pour mettre la vampiresse dans cet état. Cependant, celle-ci s'expliqua, avec des sanglots émus dans la voix:
- Non, ce n'est rien! C'est juste que....Ca fait tellement longtemps qu'un homme n’ait plus été aussi gentil avec moi!
Assise à son bureau, Intégra fumait un cigare, lugubrement, essayant de ne pas poser les yeux sur ce qui venait de la mettre dans tous ses états. Il venait de lui être envoyé un message annonçant que le corps de Sir Irons avait été retrouvé avec en cadeau une copie du rapport d'autopsie. Depuis l'incident, elle essayait d'oublier, à défaut de se pardonner, son rôle dans cette sordide affaire. Par précaution, elle suivrait le déroulement de l'enquête, espérant qu'elle n'aurait pas à faire à nouveau le ménage. Cependant, comment dissimuler le malaise qui la saisirait quand on viendrait à énoncer cet événement....Alors qu'elle agitait ces sombres pensées, des coups légers retentirent à la porte. Après qu'Intégra eut donné la permission d'entrer, la porte s'entrebâilla et Antico se faufila dans le bureau, à pas guillerets.
- Bonjour! Comment vas-tu? Demanda-t-elle.
- Bien, répondit l'autre, sobrement.
Intégra avait beau savoir que la belle vampiresse pouvait connaître son humeur bien mieux qu'en le lui demandant, elle ne parvenait à dire son état d'esprit réel.
Antico, s'approchant du bureau, remarqua:
- Dis-moi, tu ne devais pas te rendre au procès du traitre, aujourd'hui? Il a été reporté, ou quoi?
- Oui, aux calendes grecques!
- Comment ça?
- Valdews est mort. On l'a retrouvé pendu dans sa cellule.
La nouvelle n'émeut pas particulièrement Antico, mais elle restait surprenante.
- Judas aurait-il eu des remords?
- Au vu de sa taille et de la longueur de la corde, je dirais plutôt que quelqu'un l'a pendu. Mais, il n'a reçu aucune visite à part une. Celle de Peter.
- Et tu crois qu'il pourrait être impliqué?
- Il faudra que je tire ça au clair avec lui.
Le nez froncé d'Antico lui indiqua qu'elle n'était pas sûre que ce soit la cause de son inquiétude. Pour ne pas lui laisser le temps de lui en poser la question, elle embraya sur une autre question.
- Mais, au fait, pourquoi viens-tu me voir?
- Ah oui, c'est vrai! J'ai un tout petit service à te demander.
- Encore un?
- Je te revaudrai ça, promis, mais là j'ai vraiment besoin d'aide!
Se demandant qu'est-ce qui pouvait la rendre si vive, elle la laissa continuer.
- Eh bien voilà, Walter m'a invitée à diner...
- Walter? Mon majordome? L'interrompit Intégra, sous l'effet de la surprise.
- Bien sûr! Tu y vois une objection?
Un peu trop interloquée pour trouver quoi répondre, elle fit signe que non et Antico continua:
- Le problème, c'est que c'est dans un endroit assez classe et ce que je porte en ce moment est la seule tenue que j'ai.
La considérant de haut en bas, Intégra comprit où était le problème d'Antico. Certes, sa robe mettait bien ses formes à leur avantage, mais elle n'était ce qu'on pouvait qualifié de discrète.
- Je me suis dit que tu pouvais me prêter quelque chose, puisque nous faisons à peu près la même taille.
- Sûrement.
Quelques minutes plus tard, elles étaient dans la chambre de la Baronne, à passer en revue la garde-robe. En observant les tenues de soirée sophistiquées dont elle disposait, Antico, saisie d'une pensée, se tourna vers Intégra.
- Dis-moi, Intégra, les as-tu portées ne serait-ce qu'une fois, ces robes?
Un peu gênée, elle répondit:
- Oui. Une fois.
Hochant la tête, la vampiresse regarda à nouveau dans l'armoire, jusqu'à ce qu'elle s’exclame:
- Ah, celle-ci, elle est parfaite!
Avec un certain amusement, Intégra l'observa tirer avec grand soin une robe verte bouteille au toucher soyeux. On aurait dit une adolescente qui se préparait à son premier bal de promotion. Mais, lorsqu'elle descendit la fermeture Eclair de sa robe, sans doute dans l'intention d'essayer sa nouvelle acquisition, Intégra protesta:
- N'as-tu pas remarqué qu'il y a un paravent dans la pièce, Antico?
Comme cette dernière ressortit son éternel « Oh, on est entre filles!», elle prit l'initiative de se détourner elle-même. Tandis qu'elle attendait qu'elle ne soit plus dévêtue, Antico entonna d'un ton badin la conversation, comme si elle était au vestiaire.
- Au fait, tu as l'intention de lui faire la gueule encore longtemps?
- A qui? Demanda Intégra, comme si elle ne savait pas de quoi elle parlait.
- A Alucard, évidemment.
- Qu'est-ce qui te fait croire que c'est ce que je fais?
- Depuis l'incident, tu fais tout ce que tu peux pour l'éviter. On dirait que tu lui en veux, pourtant c'est lui qui s'est fait tiré dessus.
- Je me contente d'agir comme je l'ai toujours fait.
- Alors, c'est peut-être ça le problème.
- Quoi donc?
- Il t'a avoué qu'il t'aimait, mais tu fais comme si de rien n'était.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse?
Connaissant personnellement Alucard et ayant lu tous les rapports de ses prédécesseurs sur lui, profils psychologiques et compte-rendu de missions, elle avait prévu tout retournement de situation qui risquait de lui arriver, du genre trahison ou excès de zèle, ainsi que la solution qui lui convenait; en revanche, là, elle n'en avait aucune et, face à ce qui venait de lui tomber dessus, toutes les archives de ses ancêtres pouvaient aller dans la poubelle, tellement c'était imprévu. Comme quoi, ce nosfératu ne cessera jamais d'être un mystère complet aux yeux de tous. Alors, Intégra n'avait d'autres choix que de jouer sa carte maîtresse, celle de la froideur. Certes, ce plan manquait d'expédient, mais elle ne désespérait pas qu'il soit efficace, d'autant que, à son avis, Alucard n'était épris d'elle que récemment, depuis qu'il avait découvert les relations qu'elle entretenait avec Peter, favorisé par sa relative inactivité. Dans leurs liens de maître à serviteur, il y avait toujours un certain sentiment de s'appartenir mutuellement et Intégra ne pouvait pas nier que lorsqu'Alucard avait fait entrer Ceras dans sa lignée, elle l'avait vu d'un mauvais œil. Mais, ce type de relations n'appartenait pas au monde des humains. Ainsi, se persuadait Intégra de façon rationnelle que le problème présent pouvait être résolu.
Pendant ce temps, Antico était toute habillée et fière de se montrer dans une nouveauté. Comme sa tenue actuelle n'était pas aussi aguicheuse, le tissu lui arrivait jusqu'aux chevilles, elle lui conférait une grande élégance. Tournant sur elle-même, elle permit de voir ses épaules légèrement dénudées puisque l'ensemble tenait autour de son cou de cygne. En la contemplant ainsi, Intégra ne put s'empêcher de soupirer:
- Elle te va mieux à toi qu'à moi.
- Tu sais, tu es déjà très belle! A moi, ça ne m'irait pas le costume-cravate! Je suis sûre que si tu cherchais ce qui te conviendrait, tu ferais sensation, toi aussi! Si tu commençais par laisser tomber la cravate? J'ai rien contre, mais tu arrives à peine à respirer!
«D'abord le corset, ensuite la cravate!» Elle appréciait les efforts de la vampiresse pour la détendre, mais elle n'en était pas encore là. Sentant sur elle son regard écarlate et interrogateur, elle expliqua:
- Ce n'est qu'un béguin. Avec le temps, ça va passer.
- Ca va passer? Répéta Antico, mi-ahurie, mi-moqueuse. Excuse-moi, mais c'est naïf de penser que les coups de foudre passent avec le temps! Au contraire, c'est quand l'objet de la passion est absent que l'on y pense le plus. A l'heure qu'il est, il est plus mordu que jamais, si je puis dire!
- Alucard n'est pas comme ça. De l'action et du sang, c'est tout ce qu'il lui faut. C'est pourquoi je l'envoie en mission, pour lui changer les idées. Et une fois qu'il aura retrouvé Requiem, il oubliera.
L'accent étrange qu'avait la voix d'Intégra en prononçant la dernière phrase était involontaire. Antico s'en rendit compte.
- Eh bien, de ce côté-là, c'est raté! Lança-t-elle. Il vient d'envoyer promener Walter en disant que si tu voulais lui donner des ordres, tu devrais le faire en personne.
Les bras en tombèrent à Intégra. Apparut dans la main d'Antico le dossier qu'elle avait confié à Walter pour qu'il le remette à Alucard. Le prenant, elle songea que cette nouvelle donnée compliquait l'équation.
- Voilà exactement ce que je craignais, il me fait du chantage.
- Il ne pense pas à mal, je t'assure, intervînt Antico. Ce qu'il veut, c'est te revoir.
Intégra avait du mal à le croire.
- Pour l'instant, mais qui sait, s'il ne s'agit pas en fait de me perdre, en s'amusant de moi?
- Ca te manque à toi aussi de ne plus le voir, hein? Dit tout à coup Antico, avec douceur.
Cette faculté qu'avait la vampiresse d'arracher la vérité avant même qu'on se décidât à la dire était des plus agaçantes. A peine l'eut-elle dit, que le trouble d'Intégra refit surface, un trouble qu'elle n'osait nommer.
- Si j'ai pris cette mesure, se justifia-t-elle, essayant de reprendre contenance, c'est pour éviter le genre de conflits qui a amené Irons à vouloir le tuer. Mais, elle n'est que temporaire. Lorsque Requiem sera mis à bas, je ferai en sorte qu'Alucard soit plongé dans un sommeil artificiel et il n'en sera réveillé qu'en cas de danger.
Son amie vampirique en resta bouche bée, elle ne se doutait pas qu'il existait des solutions aussi radicales. C'était ce qu'avait le père d'Intégra, il y a de cela trente ans, lorsque celui-ci avait épousé sa mère, estimant que la nouvelle branche de la famille Hellsing qu'il était en train de construire ne pourrait vivre en paix avec un monstre rôdant aux alentours et Intégra approuvait qu'il ait fait le choix de privilégier sa famille. A présent, c'était à son tour de faire un sacrifice.
- Tu ne vas pas faire ça! S'exclama Antico, indignée.
- Il le faut. Je l'ai laissé trop longtemps près de moi, ce qui fait que maintenant, on se méprend sur la nature de nos relations. Et je ne veux pas subir de scènes désagréables avec Peter, ce qui risque forcément de ce produire si Alucard continue de me poursuivre de ses assiduités!
- Ce n'est pas ça qui t'effraie le plus! Trancha Antico, sévèrement. Tu as peur, parce que lorsqu'il t'a avoué qu'il t'aimait, tu as senti que tu éprouvais la même chose!
- Non, c'est faux!
- Tu sais très bien que si! Tu apprécies Peter, tu lui reconnais des qualités, mais ça s'arrête là! Tandis qu'Alucard, lui, te fait vibrer! Tu n'aimes pas le savoir si complice avec Victoria, parce que tu crains qu'elle te prenne ta place!
- Arrête, Antico!
- Lorsqu'il a failli mourir, tu t'es rendu compte que tu ne pourrais pas vivre sans lui! Et depuis, tu as peur, parce que s'il venait à nouveau à te faire des avances, tu n'aurais plus la force de lui résister! Tu as envie qu'il te prenne, voire même qu'il te morde...
- Tais-toi! Finit par crier Intégra, à bout de nerfs.
Ceci dit, Antico continua, moins véhémente:
- En fait, tu espères que tes sentiments à toi vont disparaître avec le temps. Tu le repousses alors qu'il n'y a aucune raison et tu le fais souffrir énormément.
- C'est moi qui le fais souffrir?! Depuis ce jour, mon âme est à la torture!
Comme preuve, elle brandit le dossier de l'affaire d'Irons, avec amertume.
- Si j'avais fait ce qu'il fallait, tout ça aurait pu être évité!
- Intégra, tu n'en es pas responsable! Reprit Antico, plus réconfortante. Ca ne sert à rien de te punir! Tu peux garder Alucard, du moment que personne d'autre ne le sait.
- Je rêve, tu m'encourages à tromper mon fiancé?!
- Ne monte pas sur tes grands chevaux! Ce mariage n'en est un que sur le papier et il faut bien que tu aies quelques compensations! Sinon, crois-moi, tu vas te gâcher la vie!
- Que j'en vienne à tromper Peter, c'est inacceptable, mais avec un vampire, c'est la damnation éternelle!
- Et pourquoi pas? Physiquement, les vampires sont bâtis exactement comme les humains, si ce n'est mieux! Sérieusement, les vampires sont les meilleurs amants qui soient! Ces tabous sont seulement dans ta tête!
- Il ne s'agit pas d'interdits mais de valeurs! C'est le genre de choses que tu ne peux pas comprendre! Lança Intégra, acide.
- Et pourquoi ça, s'il te plaît? Répliqua Antico, un rien vexée.
- Moi, je ne flirte pas avec le premier venu.
- Non, toi, ton truc, c'est de renvoyer sur des épines les seules personnes qui tiennent à toi. Excuse-moi, mais ce n'est pas parce que toi, tu as décidé de vivre comme une bonne sœur que tout le monde doit faire pareil.
- Je ne sais pas à quoi tu joues avec Walter, mais il est homme à prendre les choses au sérieux. Alors, je te défends de te moquer de lui.
- Ecoute, c'est un grand garçon et il est parfaitement au courant de ce que je suis, énonça-t-elle pour conclure. Bon, je devrais y aller sinon je vais être en retard. Mais, tu devrais sérieusement méditer sur tout ça.
Intégra la laissa sortir dans sa nouvelle tenue, sans un mot. Elle reconnut que sa tentative de détourner le sujet en évoquant son rendez-vous avec le majordome était plutôt basse et elle n'en fut pas fière. Mais à présent, il n'y avait plus rien pour lui faire oublier la douleur lancinante qui sourdait dans sa poitrine. Elle avait rarement souffert autant dans sa vie. Ce qui avait déclenché sa douleur, c'était le fait qu'encore une fois Antico avait vu juste avec ses révélations. Et elle lui avait crié de se taire, de ne pas dire à voix haute ce qu'elle gardait enfermé au fond d'elle-même. Se prenant la tête entre les mains, elle s'écroula sur son fauteuil, complètement abattue, le cigare s'étant éteint de lui-même dans le cendrier..
Depuis quand Alucard avait-il cessé de n'être pour elle qu'un simple serviteur? Il fallait reconnaître qu'au fond d'elle-même Intégra admirait la personnalité de ce vampire, décidément hors du commun, et lui enviait sa puissance, au point qu'elle avait été tenté de lui demander de faire d'elle une des leur et encore aujourd'hui cette tentation était plus difficile à combattre. Mais aussi attrayante qu'était cette proposition ténébreuse, elle n'égalait pas sa fierté de Hellsing, sa volonté de vaincre en tant qu'humaine. Cependant, le désir qui la tiraillait, cette soudaine fièvre qu'elle rengorgeait n'avait rien à voir avec le goût du pouvoir. Simplement une envie d'abandon à la personne en qui elle croyait le plus. Sans compter l'égarement qui la saisit lorsqu'il était à terre baignant dans son sang et avec quelle soif de vengeance elle voulut qu'Irons souffrit pour ce qu'il avait fait. Non, elle ne pouvait se voiler la face. Intégra Fairburke Wingates Hellsing, la dirigeante de la Fondation Hellsing, la plus impitoyable chasseuse de démons, la Vierge de Glace, était désespérément éprise d'un vampire qui n'était autre que le Comte Dracula, le pire ennemi de sa famille. Il fallait avouer que l'ironie de la chose avait de quoi faire sourire. Sauf qu'Intégra n'était pas vraiment dans l'humeur. Ce devait être une punition céleste, mais qu'avait-elle bien pu faire pour mériter cela!
Dans la situation où elle se trouvait, elle ne savait plus quoi faire. Allait-elle parler à Alucard et prendre le risque de s'enfoncer dans la perdition? Ou allait-elle camper dans sa position et laisser la Fondation en pâtir?
Pour distraire son esprit perturbé, elle rouvrit le dossier refusé par Alucard et détailla vaguement les photos qui l'accompagnaient. Chose plutôt singulière, les victimes, au nombre d'une douzaine, avaient été retrouvés le long d'une route qui traverse les terres de son domaine. Etait-ce là une coïncidence? Les victimes avaient, visiblement, subi des sévices, plusieurs entailles sur le corps, avant d'être vidés de leur sang. Intégra savait d'expérience que pour ne plus se concentrer uniquement sur l'exsanguination et la mort, il fallait que ce soit un vampire relativement mûr, un vrai nosfératu. Mais de toutes évidences, un solitaire. Et les victimes étaient exclusivement masculines Alors qu'elle observait les photos d'autopsies, Intégra s'aperçut que quelque chose la chiffonnait à propos des marques sur les corps, il lui semblait les avoir déjà aperçues même furtivement. La gorge nouée, elle farfouilla sur son bureau pour retrouver le dossier concernant la mort d'Irons. Lorsqu'elle l'ouvrit, son cœur s'arrêta de battre. Avec effroi, elle se rendit compte que les marques de griffe sur le corps d'Irons étaient identiques à celles-ci. Les griffes d'un fauve déchaîné.
Intégra resta un moment, sous le choc, à se demander comment ça pouvait être possible. « Antico aurait fait cela?! Impossible! Pourquoi?!» Evidemment, les liens noués avec la belle vampiresse ne devait pas la rendre très objective, car elle ne pouvait l'envisager, alors que d'un point de vue rationnel, il fallait s'y attendre. Après tout, elle ne savait rien d'elle et n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait faire lorsqu'elle quittait son champ de vision. Elle lui avait dit qu'elle avait fait un séjour en camp d'extermination, mais rien ne lui garantissait que ce fût la vérité. Suite à la révélation du numéro tatoué sur son bras, elle avait consciencieusement effectué des recherches sur les victimes de la Shoah dont il restait des traces et avait ressorti le dossier d'une jeune espagnole nommée Magdalena Velastenia avec une photographie qui ressemblait à l'apparence qu'elle présentait, cependant, si elle était en fait une créature envoyée comme espionne, il se peut qu'elle ait fabriqué cette identité de toute pièce d'après ces documents. On ne pouvait jurer de rien. Intégra songea avec amertume qu'elle avait eu la même sensation d'irréalité lorsque ce fut son propre oncle qui la trahit. Elle étouffa alors une exclamation. Et Walter qui allait se retrouver seul avec elle!
Sur le domaine du manoir, des soldats restaient à surveiller les alentours, plongés dans une nuit noire, de celles qu'apprécient par-dessus tout les monstres qu'ils traquaient. Cependant, si un seul d'entre eux, le plus jeune, montrait une grande anxiété, le reste maintenait son poste avec une relative nonchalance.
- Dîtes-donc, les mecs, demanda leur jeune collègue, on nous a affecté à la surveillance du Q.G., ce n’est pas un peu nous envoyer en première ligne?
- Pourquoi tu dis ça?
- Ben, ces temps-ci, y a nettement plus d'attaques ici qu'à l'extérieur! Déjà, le jour de la venue de la Table Ronde...et y a aussi Alucard qui s'est fait tiré dessus et on ne sait toujours pas par qui...
- Te bile pas avec ça! Renchérit un autre, dédaigneux. Y a pas eu d'annonce officielle, ça devait pas être important! Cet Alucard, il se fait sans arrêt trouer comme du gruyère et il s'en sort toujours!
- Quand même! Il paraît qu'il a failli mourir, cette fois!
- Ben moi je dis, c'est qu'il l'aurait pas volé! Répliqua un troisième.
- T'es sérieux? Firent les deux autres en chœur.
Oubliant leur travail un instant, il se rapprocha de ses camarades comme pour leur confier un secret.
- Il paraît qu'Alucard fait du gringue à la Baronne Hellsing!
- Sans déconner?!
- P'tain! Il a des goûts bizarres, le gars!
- Qu'est-ce que tu racontes! Elle est canon, la Baronne!
- Ouais, p't-être! Mais ça change rien que c'est qu'une garce! La vache, ce vampire, ça lui suffit pas d'avoir piqué la nana de Hunter, il veut avoir le caviar aussi!
- Quoi qu'il en soit, je crois pas que ce soit un autre vampire qui lui ait tiré dessus!
- Tu penses au fiancé de la Baronne?
- Sûr et franchement, qui lui en voudrait? P'tain, ces sales suceurs de sang, ce sont que des pourritures!
- En tous cas, reprit l'anxieux, je sens qu'il se passe des choses louches, ces temps-ci, mais encore plus que d'habitude! Rien que ce vent sinistre me fiche la chair de poule!
Effectivement, on pouvait lui concéder que le vent, qui s'était levé de façon soudaine il y a à peine quelques minutes, gémissait comme un damné. Il agitait les branches des buissons comme une bête féroce, le jeune soldat en failli déclencher une rafale de balles dans les feuillages. Il aurait été bien inspiré d'écouter son intuition plutôt que ses camarades. Surgissant alors comme un fauve, une ombre noire aux yeux de feu jaillit des Ténèbres, passa en un éclair derrière les soldats et leur trancha la colonne vertébrale d'un seul coup de griffes. Ils churent comme des feuilles d'automne sur le sol, déversant leur essence dans laquelle trempait une main gantée pour l'amener à une bouche rouge pulpeuse.
- Les hommes, tous les mêmes pourceaux! Siffla une voix glaciale, avant d'éclater d'un rire cruel.
Au son d'un rire pervers qui faisait froid dans le dos, Victoria se releva brusquement. Elle tourna la tête dans toutes les directions pour savoir d'où il pouvait provenir. Mais, il n'y avait pas que le rire qui lui était désagréable. Elle ressentit là le même mauvais pressentiment qu'elle avait, la nuit où la vampiresse Buvanci s'était introduite dans le manoir. Se tournant vers son Maître, elle lui demanda:
- Vous sentez ça?
- Oui, dit-il, la voix sourde. Cette énergie...C'est un nosfératu puissant...Et il a une signature qui ne m'est pas inconnue....Et il est proche, très proche...
D'ordinaire, sentir la présence d'un vampire de valeur mettait Alucard en joie; or, cette fois, ce n'était pas le cas. Ce ne devait pas être un vampire banal, car sa présence distillait dans l'atmosphère un arrière-goût amer d'angoisse et une sensation de froid désagréable. Alucard avait le sentiment d'un danger immédiat et son instinct de Non-mort ne le trompait jamais. Il en fut même un peu inquiet. Alors que Victoria suggérât d'aller en surface voir ce qui se passait, quelque chose vrilla dans l'esprit d'Alucard comme une sonnerie d'alarme. « Alucard! Viens, je t'en supplie! J'ai besoin de toi!» La voix d'Intégra avait fait ce qu'il espérait le plus depuis plusieurs jours, mais quelque chose n'allait pas. Elle semblait anormalement angoissée et suppliante. Ca ne lui disait rien de bon.
- Elle m'appelle, signala-t-il.
- Maître! Gémit Victoria, tremblante. Où êtes-vous! Je ne vois plus rien!
Victoria ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il y a à peine quelques secondes, elle se trouvait dans le souterrain avec son Maître, puis, l'instant d'après, tout était devenu flou pour basculer dans la pénombre, le noir véritable. Elle n'osait bouger, ne sachant pas où mettre les pieds. Elle ne voyait plus rien, était-elle devenue aveugle? Alors, elle était devenue sourde aussi, il n'y avait rien de plus qu'un silence glauque. N'y avait-il donc rien de solide autour d'elle à quoi elle pourrait se raccrocher?
- Où suis-je! Maître, aidez moi!
Elle appelait, en vain, avec sa voix misérable qui se cassait plus elle essayait. Elle était seule, de toute évidence. Sauf que ce n'était pas le néant que c'était à première vue. En étendant ses bras, ils heurtèrent une surface dure et plane, dont elle fit vite le tour de l'exiguïté. C'étaient des murs qui l'enfermaient comme dans un placard étroit, avec une lumière brumeuse qu'il filtrait. Une odeur planait dans l'air, une odeur qui lui soulevait le cœur. Et des murmures de voix, des sons inquiétants, tout confondu. Et encore cette sensation, présage de malheur. Elle s'apprêta à sortir une fois pour toutes, lorsqu'une voix hoquetant l'arrêta net et résonna dans sa tête. « Non, Victoria! Cache-toi là-dedans et surtout n'en sors pas!» « Maman!!» Un sanglot étranglé lui échappa. Cet endroit, elle le reconnaissait, maintenant! C'était sa maison, sa chambre et...Elle voulut se boucher très fort les oreilles et ne plus rien entendre, mais, malgré ça, une autre voix se fit entendre à l'intérieur même de sa tête. « Qui êtes-vous! Sortez immédiat...» Ne lui laissant même pas le temps de finir sa phrase, retentirent des coups de feu comme le tonnerre et s'ensuivit un hurlement de douleur qui lui vrilla les tympans. « Papa!!» Elle ferma les yeux, mais ça n'y fit rien. Les images défilaient devant elle sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit. Leur maison saccagée, souillée, où gisaient les corps de ses parents. Ainsi que des voix emplies de haine qui crachaient les mots les plus abominables. « Alors, t'en dis quoi de ça, saloperie de flic!» Victoria ne pouvait pas bouger, son cœur était sur le point d'exploser, sa tête hurlait et elle tremblait tellement. Elle n'avait même pas la ressource de fermer les yeux ou de se boucher les oreilles. Elle ne pouvait rien faire d'autre que de regarder cette télévision qui lui repassait les pires moments de son existence.
- Non!! Arrêtez!! S'il vous plaît!! Pleura-t-elle, brisée.
Les images se suivaient en une cascade infernale, recouvertes de rouge de partout. Passant du corps de son père roué de coups par les voyous, ricanant de leur supériorité, à celui de sa mère encore chaud, les vêtements arrachés, les jambes écartées, avec une des brutes collée à elle. Le tout agrémenté de commentaires qui lui plantaient des aiguilles dans son cerveau: « Tu t'attendais pas à ça quand tu nous as foutu en prison, Ceras!», « Prends ça, sale morveuse!», « Pour la peine, j'vais baiser la mère!»
- Noooon!
- Victoria!! Qu'est-ce qui se passe!! Réponds, verdammt noch mal!!
Depuis plusieurs minutes qu'Alucard l'appelait, elle ne répondait pas. Elle restait figée sur place comme pétrifiée par une Gorgone, mais, par son visage ravagé de larmes et apeuré, il comprit qu'elle subissait d'horribles tortures. Il fallait qu'il fasse quelque chose, elle était dans un état de crise et ça pouvait encore dégénérer. Mais pour l'aider, il fallait qu'il sache ce qui la frappait et ce qu'elle voyait. Il activa le pouvoir de son Troisième Œil, pour se faire une brèche dans l'esprit de sa servante, or, ça ne se passa pas comme prévu. Les Ténèbres, qui agissaient sur elle, rejaillirent sur lui et tandis qu'une voix susurra « Maintenant, c'est ton tour!», elles s'engouffrèrent à l'intérieur de son âme, laissée sans protection. Il sentit alors un froid d'une lourdeur de plomb lui tomber dessus, comme il n'en avait pas ressenti depuis des siècles. Il avait beau lutter de toutes ses forces, cette présence s’accrochait à son âme comme une mauvaise herbe. Déjà, ses oreilles furent envahies de grondements lointains et sourds comme des cloches. Les matines, un sombre matin de dimanche. Il savait quels souvenirs ça lui rappelait, mais il ne devait surtout pas y repenser. Malheureusement, il n'y pouvait rien. Tout revenait en mémoire comme un sablier qu'on retourne. Un orage éclata devant ses yeux, la vielle peur remonta en lui. Il la revit, l'ombre gigantesque dressée devant sa taille d'enfant. Lorsque la voix dure d'acier retentit dans son esprit, il n'en put plus. Il garda sa tête enserrée dans ses mains, comme pour en préserver le contenu, et il marmonna, la mâchoire crispée:
- Non! Tu ne m'auras pas! Tu ne m'auras pas avec ça!
Le corps crucifié emplissait tout l'espace. Le visage meurtri par la souffrance restait ancré dans sa mémoire. Les éclairs striaient ses prunelles de zébrures, les cloches tintaient plus fort que jamais, mais malgré tout ça, sa voix dominait tout le vacarme, aussi grondante que le tonnerre. Et plus effrayante que les cris de milles démons. « Wenn muss ich, werde ich dich auf dem richtigen Weg mit Gewahlt zurück bringen!*» (*Je te remettrai sur le droit chemin par la force, s'il le faut!)
- Non! Je n'ai pas peur de toi! Non! Plus maintenant! Continua de répéter Alucard, comme pour s'en convaincre lui-même.
Il eut beau faire, la voix revenue d'outre-tombe, comme une vengeance, le taraudait encore. « Was ich dir erliegen mache, mache ich in dem Gottes Name!*» (*Ce que je te fais subir, je le fais au Nom de Dieu!)
Tout s'emmêlait dans une bourrasque de visions et de paroles, à laquelle s'ajouta une voix douce et profonde, qui acheva de lui porter un coup au coeur. « Komm zu mir, Vlad!*» (*Viens vers moi, Vlad!) « Diese Frau war eine Hexe, mit ihren heidnischen Lieden!*» (*Cette femme était une sorcière avec ses chants païens!)
- Non! Tu es mort! Tu n'existes même plus! Du mieses fanatisches Bursch*! (*Espèce de salaud fanatique!)
La pression devenait beaucoup trop forte. Les échos de voix se répétaient sans cesse, qu'il ne s'entendait même plus penser. Dans l'esprit d'Alucard, tout n'était plus que douleur. A chaque mot que prononçait la voix haïe, il ressentit dans la chair de son dos, de ses joues, de ses bras le souvenir des coups qu'il lui donnait. Puis, soudain, un choc le renversa à terre, tandis qu'une souffrance fulgurante lui transperça les mains. Il tenta de se relever vite, mais il se rendit compte que ses deux mains étaient bel et bien transpercées et clouées au sol. Chaque effort qu'il fit pour les dégager ne fit que le faire encore plus souffrir. C'est alors qu'il s'aperçut qu'une silhouette sombre, dont le visage disparaissait sous une épaisse tignasse noire, menaçante en armure, une gigantesque épée dans la main, se tenait au-dessus de lui. Alucard sentait la vieille peur revenir, et qu'importe ce qu'il pouvait faire, elle le tenait.
- Qui es-tu!?
L'entendant poser cette question, somme toute stupide, l'apparition ricana et se dressa de toute sa stature, dégageant un visage mangé d'une barbe, mais lui ressemblant comme deux gouttes d'eau, tandis qu'il leva la lame au-dessus de son corps, avec l'intention évidente de l'abattre.
«- Du weisst schon wo bin ich, mein Sohn!*» (*Tu sais déjà qui je suis, mon fils!)
Avec un fracas sourd, la pointe de l'épée tomba, et s'ensuivit un hurlement monstrueux.
La porte du hall s'ouvrit et Walter rentra en compagnie d'Antico, magnifique dans sa nouvelle robe. Il bavardait avec elle, enjoué et satisfait.
- C'est étrange, j'ai toujours cru que les vampires ne supportaient pas d'ingurgiter de la nourriture, commenta-t-il. Comment se fait-il que vous y arrivez parfaitement?
- Tout est une question d'habitude, répondit-elle. Même si manger ne m'est plus nécessaire pour vivre, c'est un plaisir dont je refuse de me passer, ainsi que de cuisiner. Mais ça dépend aussi de la façon dont les plats sont cuisinés. Nous avons une légère préférence pour la viande ''saignante''.
- Vous cuisinez également?
- Oui. Un de ces jours, je vous ferai une spécialité espagnole dont vous vous régalerez, si vous avez l'estomac bien accroché, bien sûr.
- Et bien, il me tarde d'y goûter. Je dois dire que j'ai passé une excellente soirée, mademoiselle Antico.
- Moi aussi et ça faisait très longtemps, approuva Antico, se balançant légèrement comme une écolière. Je serais ravie de remettre ça.
Le majordome eut de soudaines rougeurs aux joues avant de bafouiller:
- Maintenant, il va falloir que vous m'excusiez, mais il y a certaines affaires que ma charge me demande de régler pour la soirée. Je n'en aurais pas pour longtemps.
- Je vous en prie, faîtes.
Alors que le majordome quittait le hall par la porte réservée au service, d'une démarche qu'on qualifierait de guillerette, Antico l'observa s'éloigner, rêveuse. Elle devait admettre qu'il était très différent du genre d'hommes qu'elle avait eu l'occasion, et la malchance, de rencontrer au cours de sa longue existence. C'était peut-être en raison de son âge, cependant, elle ne voulait pas se focaliser là-dessus. A dire vrai, depuis quelques temps, elle en avait plus qu'assez des hommes, ceux qui ne la considéraient que comme une belle poupée, qui ne regardaient pas plus haut que son cou ou que ses hanches, qui ne pensaient qu'à lui passer dessus comme un tracteur, elle avait fini par se dire qu'il n'y en avait pas un pour racheter l'autre. Mais, Walter était si respectueux, si gentleman, d'une façon qui datait cruellement. Elle finit par se dire qu'il existait quand même des gens qui valaient la peine de rencontrer. Si seulement ils pouvaient tous être comme lui!
Après quelques minutes de rêverie, Antico se rendit compte tout à coup que quelque chose clochait dans l'atmosphère présente du manoir. Tout était froid, vide et silencieux. On aurait dit qu'il n'y avait plus âme qui vive à part elle (et encore!). Elle n'a jamais aimé ce genre d'ambiance, cela lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Mais, en parlant de souvenir, elle détecta soudain une odeur qui lui parut familière. Une odeur de brûlé, semblait-il. Il lui fallait vérifier ça, assurément, quelque chose se tramait. Retroussant son nez, elle se dirigea dans la direction d'où l'odeur, qui se mêlait à présent avec des relents chimiques, semblait la plus forte. Quand elle se trouva face à une porte fermée, elle eut beau user de son Troisième Œil, elle ne percevait rien, si ce n'est son instinct qui lui criait de s'éloigner au plus vite. L'atmosphère froide devenait vraiment oppressante. Mais parfois, pour avancer, il fallait dépasser la prudence. Ce qu'elle fit. Le cœur battant, elle appuya sur la poignée, ouvrit la porte et entra dans la pièce. Et tout ce qu'elle vit, ce fut des corps, un amoncellement de cadavres nus, décharnés, gelés, empilés les uns sur les autres, qui n'avaient même plus l'air humains, tellement leurs visages étaient étirés, défigurés par la douleur ou autre chose. Mais, elle les reconnaissait. Antico suffoqua. Le froid l'envahit, sa poitrine se figea, elle vit même ses doigts se couvrir de givre, ses ongles devenir cassants. Tandis que les voix aboyèrent dans sa tête « Ramasse-les!», elle se couvrit le visage de ses mains, gémissante, mais elle les vit encore, toute sa famille entière. Sa mère, sa tante et ses soeurs et frère entrant dans la chambre sans se douter de rien, son père et ses oncles criblés de balles, et le soldat SS, qui la fixait tous les jours avec ce même regard libidineux. Il était devant elle, à se lécher les babines. Il tend les mains pour l'attraper par le bras et la jeter à terre. Il lui entrave les poignets, elle se débat de toutes ses forces.
- Non! Non! Laissez-moi! Hurla-t-elle, en proie à la terreur.
- Mademoiselle Antico! Je vous en prie, calmez-vous! Ce n'est que moi!
Tout à coup, le cauchemar s'effaça. Il n'y avait plus de cadavres, ni de SS, juste Walter, qui la tenait par les poignets, l'air désemparé. A peine il s'était éloigné qu'il avait entendu Antico pousser des cris perçants et il avait fait aussitôt demi-tour, craignant qu'elle ne soit en danger. Et il l'avait trouvée ainsi, à crier, à se débattre contre d'invisibles ennemis. Sous le coup du choc, Antico s'écroula contre l'épaule du majordome et sanglota nerveusement.
- Oh, quelle horreur! Gémit-elle.
- Tout va bien à présent, la rassura Walter, en la serrant. Quoi que vous ayez vu, ce n'était qu'une illusion!
- Non, c'était réel! Ca s'est vraiment produit!
C'est alors que retentit dans son cerveau survolté un murmure «Achtzehn!». Elle se dégagea brusquement, les joues encore rougies de ses larmes sanglantes, et scruta les environs, avec des yeux effrayés. Elle venait d'entendre une voix qu'elle n'aurait jamais cru réentendre un jour, qu'elle n'aurait jamais voulu réentendre pour rien au monde. Mais, elle la sentait maintenant, cette présence qu'elle ne connaissait que trop bien. Et cela ne pouvait signifier qu'une chose.
- Oh non! C'est elle! S'exclama-t-elle.
- Qui donc? Demanda Walter, inquiet de son attitude aux aguets.
- Alucard et Victoria! Ils sont en danger!
Aussitôt dit, elle bondit sur ces pieds et courut en direction de la sortie, sans que Walter ait compris quoi que ce soit.
- Mademoiselle Antico!
- Restez ici! Surtout ne sortez pas!
Sur ces mots, elle se précipita dehors. Elle contourna le manoir pour arriver aux jardins. Tous ses sens à l'affût, elle suivait une piste, à travers les broussailles, dans un labyrinthe de haies, jusqu'à arriver à une surface plane à l'air libre. Il n'y avait personne, dans sa poursuite, Antico remarqua qu'il n'y avait aucune sentinelle. Mais elle savait qu'elle était, elle la flairait. Après tout ce temps, elle n'avait pas oublié qui elle était, comment elle procédait. D'ailleurs, elle ne se fit pas attendre. Antico entendit derrière elle une voix glaciale, sonore, à l'accent slave, ricané:
- Te voilà enfin ma belle! Je vois que tu as reçu mon message!
A cette voix, Antico n'eut qu'un murmure:
- Berzek!
Les souterrains du manoir étaient envahis de Ténèbres, invisibles mais elles suintaient aux murs, empoisonnées et collantes. Elles s'agrippaient à tout ce qui était vivant, pour se faire une brèche dans son esprit et le ronger de l'intérieur. Lorsqu'elles sentirent une autre présence, elles se ruèrent dessus, l'enveloppèrent et reflétèrent ce qui s'y trouvait. Elles prirent la forme d'une jeune femme brune, très belle et innocente, dans une robe riche et ancienne. Ses traits affichaient une profonde tristesse, ses lèvres minces laissèrent échapper, à voix basse un nom:
«- Simeo!»
L'instant qui suivit, en une brutale transformation, le beau visage devînt railleur et cruel, les yeux verts paisibles virèrent à l'écarlate furieux. Sa bouche crachait, dévoilant des canines meurtrières, sans pitié:
«- Tu vois ce que tu as fait de moi! Tout ce que j'ai fait dans cette vie maudite, tu en es le seul responsable! Tu as fait de moi un monstre, comme celui que tu es...!»
Mais, d'un geste vif du bras qui atteignit l'apparition, le nouveau venu brassa l'air qui la composait et elle s'évanouit avec ses vociférations. Après quoi, il poursuivit son chemin jusqu'à ce qu'il tombe sur Victoria, paralysée, en état de catatonie aiguë et Alucard au sol, secoué de convulsions. Alors, il étendit doucement ses bras sur eux et Victoria retomba sur le sol, évanouie et Alucard cessa de s'agiter. En les observant ainsi, dans leur triste état, il eut un soupir affligé. Il s'approcha d'Alucard inerte, dont l'horrible angoisse s'affichait encore sur son visage épuisé, il le prit par les épaules pour le soulever délicatement. Il lui murmura:
- Je suis de retour, mio fratello.
Ce chapitre est a suivre
Je suis trop impatiente de la lire, vite vite vite!!!!
09:58 Écrit par In the name of God, impure souls of the living dead shall be banished into eternal damnation. | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |
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21.05.2010
Order XVI : Chimère
Order XVI : Chimère
Auteur Keutgen Valérie
Crossover: Hellsing & Assassin’s creed II
Alors voilà, cette histoire est strictement interdite au moins de 18 ans !
Pour Mégane Faust, je calque sur le physique de Charlotte Rampling. J’adore cette actrice. Beaucoup de choses paraîtront illogique, comme l’apparition de la console Xbox et de chansons qui ne sont pas de ces années là, mais je le sais, pas la peine de m’en informer. lolll
Quant à la nouvelle recrue, J’ai repris son personnage de la fic précédente, mais sous un autre nom. Comme vous l’aviez aimée, je la transpose dans un autre personnage mais avec les armes identiques, je suis sûre que vous la reconnaîtrez.
Le soleil se couchait à peine sur les collines alsaciennes et le vent soufflait d’une petite brise la décoiffant un peu. Elle remit les mèches rebelles en place et referma les fenêtres de sa chambre. Le dernier courant d’air chassa les ultimes volutes de fumée bleue flottant encore au plafond.
Elle sourit.
Elle savait pertinemment bien qu’il lui était interdit de fumer dans les chambres. Elle n’en avait cure. Elle n’était que de passage et demain, elle rentrait enfin chez elle.
Un petit bruit à la porte.
Elle tourna la tête et sourit de nouveau.
- Entrez !
Un jeune homme entra avec un chariot contenant son souper. Il leva les yeux en l’air et renifla bruyamment. Il la regarda soudain, contrit.
- Merci, dit-elle lui tendant un billet.
Il le prit discrètement et jeta un œil sur le montant. Il écarquilla les yeux et lui sourit, oubliant instantanément l’odeur du cigare, précédemment repérée. Il referma la porte derrière lui et celle de la salle de bain s’ouvrit au même moment.
- Cette chose aura ta peau, ma chérie, lança la dernière venue d’une voix cynique.
- La seule saleté qui aura raison de moi, sera probablement autre chose que cet inoffensif cigare, répondit-elle en la regardant avec un demi-sourire. Mégane, rhabille-toi, s’il te plait.
- Ce n’est pas ce que tu m’as dit, il y a de cela deux heures, susurra t’elle à son encontre.
Tout en se séchant les cheveux avec une serviette éponge immaculée, Mégane souriait, toujours de cet air provocant et pourtant si enjôleur. Elle ne pouvait s’empêcher de laisser son regard voyager sur son amante. Le corps aux courbes parfaites, elle ne faisait pas ses 56 ans. Les yeux verts et ses cheveux châtains clairs lui donnaient l’air d’un chat prêt à bondir. Les seules choses qui trahissaient son âge étaient ses petites rides au visage et sa voix légèrement rocailleuse. Elle possédait une voix franche qui l’avait attirée, envoûtée. Son anglais était agrémenté d’un léger accent français, qui trahissait ses origines.
Elle se rapprocha d’elle, nue.
Posa la main sur sa joue.
Se rapprochant de ses lèvres.
Le sourire éclatant.
- Ca suffit, arrête.
- Mmmmh, tu ne penses pas ce que tu viens de dire. Tes yeux me racontent une toute autre histoire, répondit-elle d’une voix sensuelle.
- Cesses tes minauderies, je te prie !
- Je vois … … tu as retrouvé ton autorité de commandant en chef. Mais … si je fais ceci, dit-elle passant la main par la fermeture éclair de son pantalon.
Elle fut prise d’un hoquet. Mégane continuait ses caresses d’une main experte sans la quitter du regard. Souriant devant la faiblesse de son amie.
Tout en se mordant la lèvre inférieure avec force, ses yeux fixèrent les lèvres fines de Mégane.
L’envie.
Son péché.
Sa faiblesse.
Sa perte.
- Tu ne peux pas me dire non, lui murmura t’elle à l’oreille. Je fais de toi ce que je veux, Integra Hellsing, continua t’elle victorieuse.
Integra lui attrapa le cou et l’attira brusquement à elle.
Elle ne rentrerai pas encore aujourd’hui.
***
Victoria sentit son maître passer les grilles du manoir. Elle sourit. « Enfin, vous êtes de retour ! » Elle se leva et décida de se rendre un peu dans le parc. La nuit était déjà bien avancée, mais l’aurore n’était pas encore prête à poindre le bout de son nez. Elle avait le temps. Elle savait qu’Alucard serait le premier à lui souhaiter la bienvenue. Elle n’avait pas, avec elle, la même relation. Ils étaient presque que comme frère et sœur, de temps en temps, ils aimaient se chamailler. Il adorait beaucoup titiller son amour propre, et elle démarrait au quart de tour.
De temps en temps, elle pouvait entendre Integra le traiter d’abruti ou même de crétin, parfois les insultes étaient plus véhémentes. Mais le rire tonitruant de son maître la rassurait, car il aimait jouer avec elle de cette manière. « Ils ne changeront jamais, j’aime cet endroit et j’espère qu’il restera ainsi pour toujours. » Elle continua son chemin et atteignit la porte du hall, juste à l’instant où Integra entrait.
- Bonjour, Victoria, lança t’elle d’un ton enjoué.
- Bon … bonjour, baronne Integra.
Integra continua son chemin et Victoria ne bougea pas la suivant des yeux. Elle vit alors son maître apparaître sur les marches des escaliers montant.
- Bienvenue dans votre demeure, maître.
- Merci, Alucard.
- Comment s’est déroulé votre séjour en Alsace ?
- Très bien, Alucard, merci, dit-elle montant les marches.
Victoria sentit flotter sur elle un parfum différent, une odeur autre de celle de sa personne. « On dirait le parfum d’une femme plus âgée ! Etrange.»
- Comment se porte cette charmante Mégane Faust, demanda-t-il souriant.
- Très bien, elle te remet son bonjour.
- J’en suis heureux, dit-il se relevant pour la suivre.
Arriver au premier étage, il lança une réflexion qu’Integra ne releva pas, une réflexion qui sema la curiosité dans l’esprit de Victoria, elle les suivit un instant pour en savoir plus.
- Je vois qu’elle n’a rien perdu de ses dons, lança t’il enjoué.
- Non, rien, je dirai même qu’elle en a affiné sa technique.
- Mmhh, je peux aisément vous croire …
- Cesse de lire mes pensées, Alucard, lui ordonna t’elle.
- Dommage, cela devenait intéressant !
- Alucard !!
- Bien maître, ricana t’il.
- Ma vie privée ne te regarde en rien.
- Qu’avez-vous appris lors de votre voyage, Integra ?
Elle ouvrit la porte de sa chambre et se changea sans retenue devant lui. Il laissa un instant ses yeux se promener sur ses courbes.
- Si vous m’apparteniez, Integra, je vous ferai connaître d’autres symphonies qui vous feraient oublier notre chère Mégane.
Quand elle fut changée, Integra passa devant lui et s’arrêtant dans l’embrasure de la porte se tourna vers lui et le regarda un instant.
- Je n’en doute pas, mon serviteur, mais tu devras te contenter de ce que je te donne.
- Que me donnez-vous donc mon maître, souffla t’il.
- Mon indéfectible amitié, dit-elle posant la main sur son torse.
Il regarda un instant sa main et sentit la chaleur traverser sa veste. Il leva les yeux vers elle et lui sourit d’un air enjôleur.
- Il se peut qu’un jour vous changiez d’avis, murmura t’il les yeux mi-clos.
- L’espoir fait vivre, répondit-elle repartant vers son bureau.
Il la regarda s’éloigner et sourit de plus belle. « Ah maître, vous êtes si douée à ce jeu ! » Il la suivit jusqu'à son bureau et y entra à sa suite.
- Alors, pour ce qui concerne notre affaire, poursuivit-elle plus sérieuse. J’ai appris qu’il existait bel et bien une communauté de ta race, qui en fait, réunirait une monarchie vampirique.
- Je m’en doutais un peu mais je préférais penser que ce n’était que rumeurs et fariboles.
- Non, apparemment, il s’agirait d’une organisation bien sérieuse. Ils ont leurs propres lois et ce souverain dirigerait sa communauté dans le respect de l’être humain. Mais je ne suis pas assez folle pour croire en de vulgaire suceur de sang. Sans vouloir t’offenser, Alucard.
- Loin de moi l’idée de m’en offusquer, maître. Je pense que je vais devoir aller m’enquérir de cette famille.
- Sois discret, il ne manquerait plus que je m’attire les foudres d’une communauté de vampires et revivre l’attaque du manoir. Nous avons assez perdu d’hommes et de biens comme ça.
- Je serai le plus discret possible, maître.
- Va et tiens moi au courant, je vais prévenir Walter de ton départ. Il te prépara tout ce dont tu auras besoin.
Alucard partit, disparaissant par le sol. Integra appuya sur le commutateur de son téléphone.
- Walter, préparez le départ d’Alucard, sa destination Helsinki, Finlande. J’ai déjà fait une réservation à son nom dans l’hôtel Glo, je pense qu’il devrait s’y plaire.
- Oui, milady. Je prépare tout cela immédiatement.
Integra se mit au travail et commença à trier quelques dossiers en souffrances. Quand on frappa à sa porte.
- Oui !
La porte s’entrouvrit et elle vit Victoria se faufiler dans la pièce.
- Je voulais vous souhaiter la bienvenue en votre maison, maître.
- Merci, Victoria. Mais, j’ai du travail et n’ai pas le temps pour parler.
- Oui, dit-elle se grattant le sommet du crâne. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
Elle s’apprêta à faire demi-tour quand Integra se dit qu’elle ne devait pas avoir énormément de contact et donc, elle ne cherchait qu’une oreille qui voudrait, de temps en temps, entendre ses doutes ou autres.
- Victoria !
Elle se tourna vivement.
- Oui, sir !
- Le temps sera couvert toute la journée aujourd’hui. Je dois aller faire quelques courses en fin de matinée et je n’aime pas me déplacer seule. Veux-tu m’accompagner ?
Le regard de Victoria s’illumina. Elle accepta avec plus d’entrain que ne le voulait le protocole. Elle la salua et se retira. Trop heureuse de cette opportunité, Victoria chantonna l’ode à la joie de Beethoven. Elle alla dans sa chambre pour se reposer dans l’attente de leur départ.
Son cercueil l’attendait et elle s’y lova. Fermant le couvercle doucement.
Elle ferma les yeux et attendit que le sommeil vienne.
Elle entendit un bruit dans la pièce.
Pas feutrés.
Le bruissement familier d’un tissu coton.
Le frottement de doigts impatients sur le couvercle.
Elle garda les yeux clos.
Le couvercle glissa lentement.
Une ombre familière se tenait devant elle.
L’obscurité avait envahi la chambre.
« Viens » murmura t’il.
Elle ouvrit les yeux et le vit, devant elle, droit et fière.
Son maître.
Son regard était différent.
Empreint de désir. Le feu l’habitait.
Elle pouvait le sentir. Elle se releva. Ne sachant pourquoi, son maître réagissait ainsi avec elle. Elle lui sourit et fut surprise de voir le même sourire apparaître sur ses lèvres.
Elle avança vers lui. Le cœur battant.
« Aimes moi !» murmura t’il de nouveau.
Victoria le regarda encore, ses yeux semblaient la supplier. Elle n’y croyait pas. Elle s’avança et passa les doigts dans sa chevelure ébène. Le regardant avec envie. Elle s’approcha pour l’embrasser. Le cœur semblant vouloir sortir de sa poitrine. Elle ferma les yeux et tendit les lèvres.
- Non, mais ca va pas la tête !!!
Ce cri la sortit de ses rêves. Victoria la main sur le cou d’Integra prête à l’embrasser. Le regard furibond de la baronne semblait vouloir la geler sur place. Un fou rire éclata dans le coin de la pièce et elle vit Alucard mort de rire près de la porte d’entrée. Elle ôta prestement sa main et se fit toute petite.
- Pardon, pardon, pardon, je ne voulais pas, je … c’était … je … enfin …
- En route, acheva Integra plus calme.
Elle la suivit dans les couloirs du manoir, tout en se demandant pourquoi elle était descendue dans sa chambre. « Elle ne vient jamais ! Pourquoi ? Pourquoi, aujourd’hui ? Et pourquoi au moment où je faisais ce rêve !! » Elle revit le visage d’Alucard dans ses songes et sentit de nouveau son cœur s’emballer. « Comment vais-je gérer ca maintenant ! Pour une fois où je peux l’accompagner quelque part !» Elles sortirent et Walter vint leur ouvrir la portière de la voiture.
Victoria rentra en seconde et se serra le plus près possible de la portière. Laissant un espace suffisant pour une troisième personne dans la Royce. La voiture se mit en branle, le léger tremblement du véhicule emplissait l’air
Du coin de l’œil, Integra vit le désarroi de la jeune fille. Elle sourit intérieurement. Il est vrai qu’elle avait été surprise par son acte, mais elle savait aussi qu’elle dormait à ce moment là, et donc ne lui en tenait pas rigueur. Elle tourna le visage vers la vitre et laissa échapper son sourire sur ses lèvres ayant même un peu de mal pour contenir le fou rire qui semblait vouloir sauter hors de sa poitrine. Integra fut étonnée mais trouva cette réaction assez plaisante. Elle ferma les yeux un instant et le visage de Mégane apparu instantanément devant elle. Elle cessa de sourire.
Elle posa instinctivement la main sur son ventre.
Sentit une chaleur s’y diffuser.
Son sourire s’effaça pour laisser place à un tout autre sentiment.
Un manque.
Son corps.
Ses lèvres.
Ses mains.
Ses caresses.
Un mouvement brusque et involontaire de ses reins, la prit au dépourvu, elle ouvrit les yeux. Du coin de l’œil, elle vit que Victoria regardait toujours de l’autre côté et fut soulagée qu’elle n’avait pas vu ce manque apparent de contrôle de sa part. « Cela devient difficile de ne pas penser à elle. Je vais devoir prendre des mesures pour éviter de la revoir. » Elle reprit constance et baissa la vitre un moment pour faire entrer l’air frais dans l’habitacle.
- Victoria, es-tu bien à la fondation ?
Elle tourna la tête vers elle et la regarda un peu gênée.
- Oui, baronne. Je m’y sens bien.
- Qu’en est-il de tes relations extérieures ?
- Que voulez-vous dire ?
- As-tu des amis à l’extérieur de la fondation ?
Il faut dire que Victoria avait maintes fois pensé se lier d’amitié avec des gens de l’extérieur, mais son travail et sa condition de vampire en limitaient un peu les accès.
- Je n’ai pas trop de … mais tout va bien, se reprit-elle soudain.
- J’ai vécu seule pendant des années, je sais qu’il est difficile de ne pas pouvoir se confier à une autre personne.
Victoria était étonnée par la facilité que son maître avait de lui parler. Elle buvait chacune de ses paroles et était heureuse que l’incident de tout à l’heure ne revienne pas sur le tapis.
- Alucard a joué le rôle d’un ami et confident, ce qui m’a beaucoup aidé. Si tu veux parler, je peux te prêter une oreille amicale et devenir cette confidente.
Victoria ne su pourquoi mais elle lui posa la seule question qui lui vint à l’esprit.
- - Qui est Mégane avec qui vous avez passé votre séjour en France ?
Elle regretta aussitôt sa question, elle savait qu’elle ne devait pas intervenir dans la vie privée de son maître, sa curiosité lui avait toujours apporté que des ennuis. Elle capta l’espace d’un instant l’image fugace qui passa dans l’esprit d’Integra et écarquilla les yeux.
- Elle fait partie de ma vie privée et elle ne te concerne en rien, répondit-elle calmement.
-Pardonnez mon audace, baronne, je ne sais pas ce qu’il m’a pris.
- Ce n’est rien, mais veille à surveiller tes paroles à l’avenir.
- Oui, sir.
- J’ai appris que tu avais tenté de te lier avec un soldat de la fondation, le colonel Price si mes souvenirs sont exactes.
- Oui, nous nous sommes liés d’amitié.
- Si nous pouvons qualifier des sorties en restaurant et au cinéma, d’amitié, tu le prends comme tu le veux. Mais je pencherai plus pour des rendez-vous amoureux.
- Euh … je ne sais pas ce que …
- Le colonel Price est un excellent élément promis à un brillant avenir. Veille à ne pas perdre ceci de vue. Je ne voudrais pas que tu perdes le contrôle de tes actes le moment venu, acheva t’elle souriante.
- Mais, je …
Victoria ne savait que répondre et ignorait comment prendre cette remarque.
- Ne me le mange pas, j’y tiens, lança t’elle sérieuse.
- Mais pour qui me prenez-vous ? Je ne peux pas accepter que vous me traitiez de cette manière, que vous soyez mon supérieur ou pas, cela ne vous regarde pas, Baronne, lui répliqua t’elle offusquée.
- Apparemment, ton sens de l’humour a disparu avec ta volonté lorsqu’Alucard a décidé de te faire sienne.
- Mais … mais …
Le silence tomba, lourd, étouffant. Integra regardant d’un côté et Victoria de l’autre. Elle s’en voulait. Son maître lui avait donné l’occasion de parler et elle avait de nouveau tout gâché. Mais l’image qu’elle avait captée dans la mémoire de la baronne refit surface.
Deux corps enlacés, ondulant en parfaite harmonie.
Le visage d’Integra exprimant un plaisir sincère et profond.
Ce qui la surprit encore plus, fut de découvrir que la personne qui lui prodiguait ces sentiments les plus pures était une femme. « La femme plus âgée, cette odeur, c’est elle. Ca ne peut être que cette Mégane. Mais qui est-elle pour avoir réussi à détourner notre maître ? »
La voiture s’arrêta et Integra sortit première. Son imper battait au vent et elle n’éprouva pas l’envie de le refermer. Integra se dirigea vers la boutique de son tailleur personnel. Elle y entra et fut aussitôt accueillie comme une princesse. Le tailleur en personne la reçu et devant les yeux écarquiller de Victoria, une femme lui ôta prestement son imper et une autre lui apportait déjà une tasse de thé ainsi qu’un cendrier en argent massif.
Integra porta la tasse à ses lèvres. Victoria sentit une odeur étrange émanant de la tasse. Elle fronça les narines et su tout de suite que ce thé faisait partie de ceux que la baronne exécrait.
- Maître …
- Oui ?
- Le thé … non, dit-elle hochant négativement la tête.
Integra huma le breuvage et fronça les narines à son tour. Elle déposa la tasse sur la table et le patron rappela la jeune fille qui l’avait préparé. Soudain, elle tourna le regard vers la vitrine et vit passer sur le trottoir, un couple apeuré. Victoria remarqua aussi la scène, ils passèrent devant Walter qui leva la tête aussitôt et fronça les sourcils.
Elle n’eut pas le temps d’arrêter la baronne qui se précipita à leur poursuite. Ils empruntèrent un chemin les menant au parc de détente. Integra ne poursuivait pas les deux jeunes mais bien les trois ombres qui les survolaient. Stoppé à l’orée du petit bois, elle surveilla les environs et dégaina son 9mm tout en se tenant sur ses gardes. Victoria arriva et resta aussi silencieuse qu’un chat. Walter était déjà auprès du jeune couple apeuré, les protégeant.
- Silence, murmura t’il.
A l’abri, sous un petit pont de promenade, ils ne bougèrent pas. Integra vit une ombre se déplacer légèrement en dehors de son champ de vision.
- Voyez-vous cela ! La baronne Integra Hellsing, en personne !
Victoria se tourna vers l’origine de la voix et vit atterrir un jeune vampire. Elégant et familier des bonnes manières, il leur parla avec courtoisie.
- Enchanté de faire enfin votre connaissance, baronne. Mon nom est Claudio de Pazzi. Et mes compagnons sont mes cousins, dit-il les montrant du dos de la main.
Il s’avança pour lui prendre la main mais elle ne fit pas un geste pour y répondre.
- Il est dommage que les us et coutumes ne soient pas respectés par tous, cousin, répondit un autre vampire.
Ce dernier retomba derrière Integra, la serrant d’un peu trop près à son goût, mais elle ne bougea pas. La main sur la crosse de son arme semi-automatique qu’elle avait replacé dans la ceinture de son pantalon quelques secondes avant. Victoria se déplaça plus vite que la vision ne pouvait le prévoir et se trouva derrière ce même jeune homme qui fut surpris.
- Oh, belle et rapide de surcroit !
- Vous n’êtes pas de taille à nous affronter, lança alors Integra d’un calme absolu.
- Voyez-vous cela ! Mais, c’est qu’elle y croit en plus !
Le visage baissé mais le regard levé vers lui et le sourire en coin sur son visage, insinua lentement le doute dans l’esprit du premier arrivant.
- Je ne cherche pas les ennuis, nous voulions simplement nous nourrir.
Le troisième personnage resta éloigné, peut-être par prudence. Integra ne pouvait pas l’assurer. Elle resta néanmoins sur ses gardes tout en surveillant le jeune dandy.
- Laissez-les où vous en subirez les conséquences, lança t’elle, cynique.
Il ne bougea pas et d’un geste demanda aux deux autres de rester calme.
- Tu me sembles bien sûr de toi, mais dis moi, il manque un personnage à ta suite ?
- Il n’est pas nécessaire que je me fasse suivre sans cesse par mon vassal, dandy ! Je peux me défendre seule.
Il recula tout en sachant qu’ils ne repartiraient pas en un seul morceau.
- On s’en va, laissez tomber !
- Vous ne pensez pas vous en tirer aussi facilement, demanda Integra souriante. Je suis la directrice générale de la Fondation Hellsing et mon rôle est d’éradiquer ton engeance, de quelque manière que ce soit. Et, je ne laisse jamais de seconde chance à votre race, sale suceur de sang, dit-elle en allumant un cigare.
Leurs regards convergèrent les uns vers les autres. Cherchant un soutien, se mettant d’accord, se concertant en quelques secondes pour ne pas perdre l’avantage.
Ils se déplacèrent très vite, contournant Integra pour la prendre de surprise. Mais, elle ne bougea pas, malgré la lame d’un cran d’arrêt sur sa nuque. Il fut étonné de trouver sur son visage le calme et l’assurance que l’issue de ce combat était déjà gagnée pour elle.
Claudio vit son cousin tourner la lame sur sa nuque avec un sourire de victoire, mais au même moment. Victoria disparu à ses yeux, il su qu’elle était plus rapide qu’eux tous. Car il n’avait pas prévu qu’elle le tienne par les épaules d’une poigne de fer. Elle ne bougea pas, mais il se savait perdu. Il vit Paolo, qui tenait le manche de son cran d’arrêt avec force, écarquiller les yeux de surprise.
Son corps sembla soudain se désassembler et tomba en poussière aux pieds d’Integra qui le regardait avec une satisfaction à peine dissimulée. Il vit de fines gouttelettes de lumière se refléter sur les filins de Walter qui se tenait à l’entrée du tunnel. Il sentit alors une main pénétrer sa poitrine et la vie le quitta.
- Je te conseille de ne pas t’attarder dans le coin, pizzaiolo, lança t’elle à l’adresse du troisième larron qui ne s’était toujours pas montrer. Tous des vantards, cracha t’elle à son encontre.
Elle jeta un œil au couple pour voir ce qu’il en était. Mais Walter les avait rassurés et les raccompagnait déjà à la sortie du parc.
- Bien, si nous retournions à nos mesures, lança-t-elle à Victoria.
- Et pour l’autre ?
- Il finira bien par se montrer, tôt ou tard.
Sur ce, elle retourna dans la boutique du tailleur. Victoria regarda encore un instant en arrière et laissa son maître entrer dans le commerce. Elle attendit encore une minute et se retourna à son tour. Quand soudain le troisième vampire surgissant de nulle part, lui tomba dessus. Plaquée au sol, Victoria ne pouvait plus bouger. Elle tenta vainement de se retourner, mais la masse corporelle de son assaillant était impressionnante.
- Bouges pas, salope !
- Tu pèses une tonne ! Laisse-moi !
- Vous venez de tuer mes cousins et tu penses vraiment que je vais te laisser la possibilité de te retourner contre moi ?
Assis sur son dos, il pesait de tout son poids sur Victoria qui commença à ressentir une sensation d’étouffement. Il posa la main par terre à côté de sa joue, elle pu donc évaluer la taille de sa musculature et compris qu’il devait peser dans les 180 kilos. Il se pencha près de son oreille et une haleine fétide lui agressa les narines.
- En d’autre lieu et en d’autre moment, je t’aurai bien montée, ma belle, mais je vais d’abord t’écraser comme un vulgaire insecte et ensuite je m’occuperai de ta charmante patronne.
Un filet de salive tomba dans son oreille et elle fut au bord de la nausée. Il dégageait une odeur si pestilentiel qu’elle cru s’évanouir au bout d’un moment. Elle se ressaisit rapidement sous peine de mourir par la main de cette masse glaireuse et putride.
- A mon avis, tu n’as pas du faire connaissance avec une savonnette depuis des années, toi, dit-elle tentant de nouveau de se relever.
Elle réussit à se soulever de quelques centimètres et concentra toutes ses forces sur son dos. Il se releva un instant et elle cru pouvoir mettre à profit ce laps de temps, malheureusement, il se laissa retomber de tout son poids et elle fut de nouveau écrasée sur le bitume.
- N’y pense même pas.
Elle entendit alors un sifflement aigu qui lui vrilla les tympans. Une lumière vive tel un éclair se propagea horizontalement vers son agresseur. Elle sentit son corps se raidir et perdre un peu de sa prise sur elle. Elle en profita pour se dégager rapidement et lui faire face.
Elle pu enfin le voir en entier et faillit rendre son petit déjeuner. Il mesurait au moins 2 mètres 10 et son poids était répartit de la tête au bassin. Les jambes étaient musclées pour pouvoir supporter la masse de graisse la surplombant. Son visage était parsemé de pustules purulentes, par où des écoulements de pus saignaient par les gerçures parcourant les joues et ses lèvres.
- Ca ne m’étonne pas qu’il sente autant ! C’est écœurant !
Elle le vit retiré une pièce métallique de sa poitrine et la jeter par terre. Elle se tint prête à attaquer quand une petite voix fit son entrée derrière elle. Elle se tourna. Une jeune fille de même taille et corpulence que Victoria venait de sauter d’une petite moto cross noires passe partout mais hors série.
- Ca fait un bail que je te cherche, Mario !
- Tempérance, ca ne te regarde pas ! Reste en-dehors de ça !
- Mais non, mon gros minet ! Tu sais que c’est impossible, je vais ramener une partie de tes cendres dans ma collection !
Victoria la regardait parler et au même moment, elle la vit désengager deux lames étincelantes de leur étui, placé sur une ceinture de cuir croisant sa poitrine au niveau d’un plastron noir recouvrant son épaule et une partie de son sein gauche. Son habillement ressemblait à celui que les chevaliers templiers portaient auparavant, mais avec pour différence la croix rouge manquante, la capuche et la couleur noir et or de ses habits.
Elle se déplaça rapidement et Victoria cru qu’elle aussi était un vampire, mais elle remarqua que le teint de sa peau était plus coloré que celui de sa race. Elle fronça les sourcils.
Elle sentit la présence de la baronne dans son dos, mais elle ne se retourna pas de peur de manquer quelque chose.
La jeune fille propulsa les lames vers son ennemi, ce qui provoqua un semblant d’éclair horizontal qu’elle avait vu un peu avant, tout en s’étant élancé dans les airs. Elle sourit et la capuche de son habit s’ôta avec le déplacement de l’air. Il découvrit ainsi la chevelure noire de jais et le visage fin de celle-ci sur lequel trônait un sourire de victoire.
Son adversaire se prépara à repousser son attaque et d’une main projeta les lames tournoyantes au loin. Son regard rejoignit celui de Tempérance, il se mit à rire aux éclats.
- Ce n’est pas tes joujoux qui viendront à bout de moi ! Il te faudra trou…
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’elle lui enfonça deux lames d’une cinquantaine de centimètres dans le cœur jusqu’à la garde.
- Ton adversaire, jamais tu ne sous-estimeras, lui dit-elle alors en récupérant un peu de cendres dans une fiole.
Elle se tourna vers Victoria et s’apprêta à la combattre à son tour.
- A nous deux, vampire, je vais agrandir ma collection !
- Tsst tsst tsst, à mon personnel, jamais tu ne t’en prendras, répondit alors Integra.
La jeune fille se retourna vers elle et fronça les sourcils.
- Votre personnel ? Ce vampire ?
- Oui.
- Qui êtes-vous, demanda-t-elle alors.
- Que fais-tu sur le sol anglais ?
- Je poursuivais ce trio pour l’éliminer, voilà le pourquoi de ma présence sur cette île.
- Tu travailles seule ?
- En quoi, cela vous regarde t’il, demanda t’elle dédaigneuse.
- Mon nom est Integra Hellsing et je suis le commandant en chef de la fondation qui éradique les vampires et toutes autres espèces de monstres dans ce pays. Mes seuls dirigeants sont Dieu et la Reine.
La jeune fille s’immobilisa sur sa moto. Elle tourna un visage empreint d’une curiosité peu feinte.
- Tu es la Integra Hellsing ? Le fameux maître du grand Nosfératu Alucard ?
- Exact et toi ?
- Mon nom est Tempérance Rain, je suis …
- Un assassin, ça, je le sais, je veux seulement que tu m’expliques ta présence sur le territoire des protestants.
- Tu connais les assassins ?
- Tu n’es pas très discrète pour l’être et ton habit trahit tes origines. De plus tes armes sont peu conventionnelles, dit-elle faisant rouler une de ses lames entre ses doigts. Magnifique travail.
- Merci, je les fabrique moi-même.
Integra regarda le couteau de plus près. La garde et la lame ne faisaient qu’un, alliage d’argent et d’acier, il était solide et léger. La lame était tournée de manière à réagir telle une vis et entrer dans le corps de sa victime avec d’autant plus d’efficacité. Elle sourit.
- Travailles avec nous, lui dit alors Integra.
- Hein ! Quoi ! Mais qu’est-ce que…
- Tu es un parfait élément, tu es vive, souple, précise et intelligente. J’ai besoin de personne comme toi dans la fondation.
- Mais c’est que …
- Tu ne travailles pour personne, alors si tu veux te faire de l’argent facile, et agrandir ta collection de cendre, alors c’est une occasion à ne pas manquer pour toi.
Integra se retourna et sans attendre sa réponse, se dirigea de nouveau vers la boutique de tailleur.
- Venez Walter, nous avons une robe de cocktail à nous trouver. Quand, nous rentrerons vous montrerez la chambre de Tempérance. Et faites qu’elle se sente comme chez elle, vous lui expliquerez ce que nous attendons de ses talents.
- Bien, milady.
Tempérance la regarda partir, une expression d’incrédulité totale sur le visage. Elle se tourna ensuite vers Victoria qui avait un petit sourire gêné sur les lèvres.
- Mais, qu’est-ce qu’elle croit ?
- Que tu es un excellent assassin. Tu es recrutée pour la fondation Hellsing, tu combattras aussi bien des vampires que créatures diverses. Et crois-moi, on ne s’ennuie jamais avec elle.
- Elle est toujours comme ça ?
- Oh, tu t’y feras, tu verras, on ne peut pas s’empêcher de la suivre.
- Si un si grand vampire comme Alucard s’est mis à son service, c’est probablement parce qu’elle en vaut la peine. Je veux bien faire une période d’essai, on verra plus tard.
Victoria sourit franchement cette fois.
- On verra, moi aussi je pensai comme toi. Elle est cool ta moto !
Tempérance l’enfourcha et invita Victoria à s’installer sur le siège arrière. Elle la raccompagna jusqu’au magasin du tailleur.
- C’est un prototype, elle est tirée de Granpasso de ‘Moto Morini’. Mais je l’ai modifiée pour qu’elle soit plus légère, j’ai changé quelques pièces du moteur ainsi que le carburateur pour qu’elle puisse être plus rapide. J’ai ajouté un mélange de ma composition pour lui donner un peu de booste quand je dois franchir des obstacles. Quand aux dessins sur les pièces en fibre de verre qui fait la carrosserie, je les ai peints moi-même.
- J’aimerais avoir la même, elle est trop top.
- Rien de plus facile, demande à la baronne pour acheminer l’engin et je te la customise pour toi.
Victoria était heureuse, elle avait une personne à qui parler, même si quelque instant auparavant, elle voulait l’ajouter à sa collection. Elles arrivèrent devant le commerce et continuèrent à discuter jusqu’au retour de la baronne, qui satisfaite de ses choix, leur offrit son plus beau sourire.
***
Alucard était arrivé à l’hôtel. Le cercueil étant monté dans sa chambre, il demanda qu’on n’y rentre sous aucun prétexte. Il s’assura par le truchement d’une formule de sa composition que quiconque entre dans sa chambre, en ressorte amnésique. « Je préfère prendre cette précaution, car je ne peux décidément pas faire confiance aux être-humains. » Il sortit dans la nuit calme de la capitale de la Finlande. Le froid qui y régnait ne le gênait nullement, c’était une chose avec laquelle il n’avait plus à se battre. Les faiblesses humaines.
Il se promena sans éveiller trop les soupçons, marchand comme tout humain banale. Il passa devant la cathédrale presbytérienne et poussa un sifflement admiratif. Ce qui ne manqua pas d’attirer les regards sur lui, il sourit. Devant son accoutrement rouge voyant, plusieurs personnes s’étaient étonnée et avaient fait plusieurs réflexions sur son passage. « Il vaut mieux que je me change, je ne fait qu’attirer l’attention et ce n’est pas le but. Je veux juste analyser les lieux avant de les inviter à me contacter. » Il s’éloigna et lorsqu’il se trouva dans un endroit désert, il changea, avec l’aide de ses pouvoirs de magie noire, ses habits rouges pour un costume plus classique. Noir coton, imper cuir noir, bottines militaire sombres, lunette noire et capuche légère couvrant la moitié de ses cheveux. Il poursuivit ses visites avant de retourner à son hôtel quelques instants avant le lever du soleil.
Il se mit à la recherche d’indices permettant de l’amener à cette famille princière. Il se demanda à quoi pouvait ressembler ce soi-disant roi de pacotille, il souriait. Cela faisait déjà deux jours qu’il se pavanait dans les rues d’Helsinki et commençait à perdre patience. Quand il rentra ce matin là, il croisa une jeune fille qui était le sosie parfait de son maître. Il fronça les sourcils.
Elle était assise à une table du restaurant et prenait son petit déjeuner en compagnie peu engageante. L’homme la regardait avec des yeux de merlan frit et ne pouvait apparemment s’empêcher de baver devant elle. Elle prenait son temps et il pouvait remarquer son dégoût non feint pour son hôte.
Alucard entra dans la pièce et alla s’assoir trois table plus loin face à elle. Aussitôt un serveur vînt lui apporter le menu.
- Inutile, apporter moi un Monbazillac.
- Bien, monsieur.
Il lu les pensées de la jeune fille et sourit. «Quel pot de colle ! Il ne sait pas ce que veut dire le mot, non ? » « Tout ca parce que j’ai sourit à sa blague idiote pour lui faire plaisir ! » »Comment vais-je pouvoir m’en sortir ! Il a l’air de croire que je veuille coucher avec lui ma parole ! » Quand Alucard vit que la jeune fille se leva pour partir, il n’attendit pas son verre et laissa un pourboire sur la table. Il les suivit. Devant l’ascenseur, elle le repoussa de nouveau mais il la colla avec plus de fermeté. Son regard croisa alors celui d’Alucard et il cru réellement voir son propre maître le supplier de l’aider.
Il avança vers elle et lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, il la prit par la taille et s’engouffra à l’intérieur, repoussant par la même le vieux vicieux sur le côté. Il tomba à la renverse et quand il croisa son regard, toutes protestations s’évanouirent aussitôt dans sa gorge.
- Merci, lui dit elle alors visiblement soulagée.
Elle tourna ses yeux bleus de glace vers lui et ne pu en détacher son regard. Il ne sut pourquoi mais il voulut pendant un bref instant croire que c’était bien son maître qui se trouvait là contre lui. Il ne dit rien, ne répondit rien, mais il sentit le cœur de la jeune fille cogner dans sa poitrine, non pas de peur mais de curiosité et d’envie. Il approcha ses lèvres des siennes et eut une seconde d’hésitation qu’il balaya en un éclair.
Il la prit par la taille et la souleva. Ses lèvres rejoignirent les siennes et fut transporter de joie. Il la porta jusqu’à la cloison et l’y colla. Elle noua ses jambes autour de sa taille et il en perdit tout contrôle. Il passa la main sous sa robe et en écarta le mince tissu qui le séparait encore de son but.
Elle n’était pas resté inactive de son côté puisqu’il se retrouva libéré et pu ainsi entrer en elle.
Devant la force avec laquelle il s’était frayé un passage en elle, elle poussa un cri de douleur, rejetant la tête contre la cloison. Il sentit l’odeur du sang emplir ses narines et comprit pour sa plus grande joie, qu’elle était encore vierge. Tout s’imbriquait, la ressemblance physique, la voix, sa prestance et sa virginité intacte qu’elle lui avait offerte de plein gré. Il ralentit alors et fut plus doux, prenant son temps, l’amenant petit à petit vers des sommets qu’elle ne connaîtra plus jamais. Il rêva que la jeune fille qu’il tenait dans ses bras et en qui il s’engouffrait encore et encore, était Integra son maître adoré.
Lorsque l’ascenseur atteignit le vingtième étage, il appuya sur le bouton « stop » et après encore quelques minutes de chaleur, il se laissa aller en elle. Ses lèvres parcoururent sa gorge, sentant le battement rapide et irrégulier de sa jugulaire, il s’apprêta à la mordre.
- Merci, dit-elle soudain.
Il la regarda alors surpris.
- Merci de m’avoir aimé comme vous venez de le faire, dit-elle dans un souffle.
Il essuya les larmes qui s’étaient mises à couler sur les joues de la jeune fille et fronça les sourcils.
- Elle a de la chance de vous avoir, cette fille dont vous m’avez plusieurs fois susurré le nom à l’oreille.
- Je ne …
- Non, ne dites rien, s’il vous plaît, ne pas s’expliquer est la meilleure chose qui peut vous donner l’impression que je suis elle dans votre imagination.
Elle remit sa robe en place, le fit pour lui aussi et ouvrit les portes de l’ascenseur. Sans se retourner, elle lui fit un petit signe de la main. Les portes se refermèrent sur lui, il s’appuya sur la cloison et baissa la tête. Quand il arriva à son étage, il souriait de toutes ses dents.
Le lendemain soir, il repartit en promenade mais cette fois, il décida de faire un peu plus de bruit. Il se laissa alors dériver dans les quartiers chauds de la ville. Il voulait que l’on s’en prenne à lui, juste pour montrer ses dents. Cela ne tarda pas et un premier junkie s’approcha une lame à la main.
- Ton fric, ducon ! Grouille !
- Tu n’as pas tiré le bon numéro, déchet, répondit-il souriant.
- Quoi ? Sale con, passe ton fric, sinon…
- Sinon quoi, tu vas me saigner ?
Alucard sortit son Casul et en appuya le canon sous sa mâchoire.
-Je pourrais te faire sauter la cervelle rien qu’en appuyant sur cette détente. Mais, si tu préfère mourir de manière spectaculaire aux yeux de tes soi-disant amis, je pourrais aussi te déchiqueter la gorge et te laisser te vider de ton sang dans ce caniveau. Choisis !
- Putain, fou-moi la paix, lâche-moi ! Pitié !
Alucard fronça les narines à l’odeur qui se dégageait soudain du jeune homme.
- Pathétique ! Une vraie loque, tu ne vaux même pas la peine que je pose les yeux sur toi !
Il le projeta contre le mur de droite et il retomba dans la poubelle qui se renversa sous le choc. Il reprit son chemin et attendit de nouveau, regardant les vitrines des vieilles bâtisses abritant des commerces assez étranges. Il su qu’il était maintenant temps de rebrousser chemin. Car, il avait été pris en chasse depuis maintenant une bonne dizaine de minutes. Il décida donc de rentrer à l’hôtel et attendre patiemment que l’on vienne le chercher.
De retour dans sa chambre, il décrocha le combiner et composa le numéro du manoir. Elle décrocha à la deuxième sonnerie.
- Ils m’ont trouvé, j’attends le contact, maître.
- Bien, tu as fait du bon travail, mon serviteur.
- Maître ?
- Oui, Alucard ?
- Est- ce qu’elle vous hante toujours autant ?
- Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?
- L’autre jour, quand vous avez été chez votre tailleur ?
- Viens-en au fait, Alucard, je ne comprends rien !
- Maître, ce coup de rein n’était pas si innocent, n’est-ce pas ?
- … ?!
- Même en pensée, elle arrive à vous emmener au septième ciel !
- TRIPLE ABRUTI, CRETIN FINI !!!!!!!!!
Il se mit à rire sachant qu’il venait une fois de plus à la faire sortir de ses gongs. Elle lui raccrocha au nez et il rit de plus belle.
- Délicieuse, elle est vraiment délicieuse !!
***
Victoria entendit la baronne invectivé quelqu’un au téléphone, elle su immédiatement que cela ne pouvait être que son maître. Elle sourit. Elle croisa Tempérance au détour d’un couloir, elle avait l’air perdue.
- C’est énorme ici, ca fait au moins une demi-heure que je tourne en rond !
- Laisse-moi te faire la visite guidée, si tu veux bien.
- Bien sûr, j’en serais très heureuse !! Au moins, je n’aurais plus d’excuse pour la prochaine fois !
Elle commença par lui montrer la direction des escaliers et ensuite lui fit visiter le manoir, pièce par pièce. Ce qui lui prendra quelques jours pour tout voir.
- Je sais que c’est grand mais on s’y fait assez vite. Tu dois juste retenir les pièces principales. C'est-à-dire, son bureau, sa chambre, la salle de réunion et ta chambre. Le reste ca viendra tout seul.
- Dis, c’est elle qu’on a entendu crier ?
- Oui, répondit-elle se grattant la tête et passant la langue. C’est mon maître, il la titille sans cesse et elle démarre au quart de tour. C’est une sorte de jeu entre eux, enfin je crois, continua t’elle pensive.
- Je n’ai pas eu l’occasion de voir ton maître, c’est dommage.
- Ne compte pas l’ajouter à ta collection, parce que tu seras déçue.
- Mais un petit combat entre-nous, tu crois qu’il refusera ?
- Non, je pense plutôt qu’il acceptera, comme il est curieux, il voudra connaître tes capacités.
- Je suis impatiente.
Victoria la regarda et remarqua qu’elle était fébrile. « Effectivement, elle est très impatiente ! » Elle sourit et Tempérance lui répondit.
- Alors, tu as demandé à la baronne pour avoir une moto ?
- Non, disons que … je …
- Ok ! Viens.
Elle prit Victoria par le bras et se dirigea prestement vers le bureau d’Integra. Arrivée devant la porte, Victoria voulu l’entraîner plus loin, mais elle avait déjà frappé.
- Entrez !
Tempérance entra sans sourciller un instant devant la surface impressionnante de la pièce. Elle se dirigea vers le bureau et lui sourit.
- Oui ?
- Puis-je acheter une moto pour Victoria, ainsi que les pièces qu’il faut pour la modifier et la rendre plus efficace en combat ?
Integra la regarda pensant à une plaisanterie. Victoria vit le combiner du téléphone qui avait été fendu par sa colère un instant auparavant. Elle se mordit la lèvre.
- Je vois que tu ne plaisantes pas.
- Non, je suis sérieuse.
- En quoi, une moto pour un vampire lui sera d’une quelconque utilité ? Elle se déplace plus vite qu’une Lamborghini en pleine course !
- Pour m’accompagner dans mes missions !
- Je vais y réfléchir. Tu peux disposer.
- Alleeez, soyez pas vache ! Elle en voudrait une comme la mienne, je peux lui monter mais il me faut les pièces !
- Je ne suis pas un distributeur de billets de banque, mademoiselle Rain !
- Vous ne la rémunérer pas !
- Tu vas trop loin, dit Victoria lui attrapant le bras. La baronne n’est pas obligée de supporter tes reproches injustifiés, acheva t’elle choquée par son comportement.
- D’accord.
Elles se retournèrent toutes les deux en même temps, étonnées.
- A une seule condition.
- Laquelle ?
- Quoi que je t’ordonne, tu t’exécuteras sans poser de questions.
- J’aurais besoin de matériels pour la fabrication de mes armes personnel et un atelier. Puis-je espérer en obtenir l’autorisation ?
- Tu as carte blanche. Parles-en à Walter.
Tempérance la regarda dans les yeux et elle y vit une promesse d’avenir prometteur. Elle sourit. « Enfin, j’ai trouvé quelqu’un à qui je peux confier mon talent. » Elle hocha la tête positivement et sortit tout en la remerciant poliment. Quand elles furent dans le couloir. Victoria poussa un soulagement discret. Mais Tempérance, sauta en l’air en laissant exploser sa joie.
- YES !!
Victoria la regarda étonnée.
- Tu ne sais pas encore à quoi tu t’es exposée, là !
- Si ton maître lui donne toute sa confiance, alors moi aussi je le peux. Viens, je t’emmène.
- Où ? Il fait encore jour !
- T’inquiète, suis-moi !
Elle alla trouver Walter qui s’occupait du thé de la baronne en cuisine.
- Walter, pouvez vous vous occuper du rapatriement d’un véhicule et d’objets personnels?
- De quelle origine ?
- Italienne.
- Bien sûr !
- Quand vous aurez porté le thé à la baronne, rejoignez-moi dans la pièce vide à côté de la salle de sport. Celle qui possède une porte de sortie à l’arrière.
- Oui.
Elle empoigna Victoria par le poignet et l’emmena dans la pièce vide en question qu’elle lui avait montré un peu avant.
- Alors, qu’est-ce que t’en dis ?
- Quoi ?
- Mon nouveau refuge !!!!
- Tu comptes faire ton atelier ici ?
- Bien sur ! Pourquoi ?
- Je ne sais pas si elle sera d’accord.
- T’inquiète, elle a plus besoin de moi que moi d’elle. Mais j’espère quand même que notre collaboration durera assez longtemps.
- Hum ?
- J’adore cette femme ! Elle est trop géniale !
- On parle de la même personne là ?
Tempérance la regarda en souriant, elle savait qu’en tant que chasseur de vampire, elle ne devrait pas se lier d’amitié avec Victoria. Mais, elle l’aimait bien. Elle n’était pas comme les autres vampires qu’elle avait côtoyés. Walter entra quelque minute plus tard. Elle se dirigea immédiatement vers lui.
- Mon atelier est à Florence, voici mon adresse, dit-elle lui tendant un papier griffonner. Vous aurez besoin d’un gros camion si vous voulez tout transporter d’un coup. Il faudra que vous emportiez mon matériel avec la plus grande précaution, l’informatique n’apprécie pas trop les voyages. C’est du matos de pointe et j’y tiens.
Walter écouta patiemment ses explications quand à l’endroit et le code de sécurité pour y pénétrer. Elle commença alors ensuite à parler de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.
- Pour ici, il faudra que l’on agrandisse un peu cette entrée et en fermer l’accès par une porte blindée, pour la sécurité je m’en occupe. Il faudra que l’on isole cette pièce pour l’acoustique. Murs, sols, plafond. La moitié basse du mur nord sera repeint en tableau blanc. Au fait, cette atelier sera mon habita, il me faudra alors un écran plat et une séparation en contre-plaquer pour séparer mon atelier de ma chambre.
- Ce sera tout, mademoiselle ?
- Mmmmh, je pense que oui.
Walter fit demi-tour et lorsqu’il atteignit le couloir, Tempérance le rappela.
- Au fait, je n’ai pas demandé combien la baronne me payera pour ce boulot ?
- Le salaire d’un membre de la section spéciale, mademoiselle, c'est-à-dire 1755 livres sterling.
- Ca fait combien en euro ca ?
- 2003 euro et 20 centimes, mademoiselle.
- Ouah !!!!!! Ok, plus rien merci !
Elle le laissa partir et regarda Victoria.
- La vache !!!
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Ma puce, ca te dis de faire des parties de délires avec une Xbox ?
- Une quoi ?
- Ouais, je vois, va falloir que je te dépucelle !
Victoria la regarda soudain horrifiée par sa réflexion et porta la main à sa poitrine.
- Je … je ne suis pas de ce bord là, désolée !
- Mmm ? Quoi ? Ah non, pas ca ! Je disais seulement qu’il va falloir que je te fasse découvrir le monde magique des jeux vidéo, rien de plus !!! On va s’éclater, tu vas voir.
Victoria sourit et rougit devant sa méprise.
- Tu vas me prendre pour une idiote maintenant.
- Mais non, pourquoi ? C’est idiot. Il est vrai que parfois mes propos semblent un peu à double sens mais je ne maîtrise par encore bien votre langue alors, parfois je vais utiliser un mot pour un autre.
- Oh mais non, tu parles très bien ne t’en fait pas pour ca.
- Ok, allons faire un tour dans les boutiques maintenant.
Elle la prit par la main et l’entraîna avec elle. Sachant que le crépuscule était tombé, elle ne craignait rien.
***
Alucard avait été abordé par une jeune femme. Il savait que son âge était plus ancien mais il ne lui fit pas la remarque. Il ne devait pas jouer avec le guide et donc se taisait. Elle était blonde, de même couleur que les blés. Il se surprit à penser aux cheveux de son maître. Il sourit. Elle était habillée très sobrement pour un vampire. En générale, les femmes aimaient se montrer puisqu’elles étaient à nonante-neuf pourcent des cas, des bombes anatomiques. Pour les autres, elles n’avaient pas eu la chance de bénéficiez du pouvoir vampirique.
Ils arrivèrent devant un hôtel de luxe. Il leva les yeux et émis un sifflement devant la beauté architecturale de la bâtisse. La femme lui fit signe de se hâter et il ne se fit pas prier. Ils empruntèrent l’ascenseur, ce qui ne lui plu guère.
- Pourquoi utiliser cette chose alors que nous pouvons nous y rendre plus rapidement et facilement ?
- Notre maître ne supporte pas l’impolitesse, répondit-elle doucement.
- Vous avez la même voix qu’une de mes connaissances, lui murmura t’il. Douce, sensuelle et si chaude.
- Je ne suis pas à prendre, Alucard, retenez vos élans pour cette autre femme.
- Mmm, j’aimerais mais son cœur appartient à une autre.
- Votre maître ne vous apprécie donc pas ?
- Ah, mais je ne parlais pas de mon maître, répondit-il en riant doucement. Je parlais de son égérie.
Devant le regard ahuris de son interlocutrice, Alucard se mit à rire de plus belle. Et alors, que les portes s’ouvraient sur l’appartement du prince des vampires. Il continuait encore malgré la splendeur des lieux.
- Eh bien, Alucard, je vois que tu viens ici le cœur allègre, entonna une voix joyeuse et amicale à l’accent prononcé.
Il se tourna toujours souriant et vit un jeune homme au corps athlétique venir à son encontre. L’allure féline, il marchait en silence. Ses déplacements ne produisaient aucuns bruissements. A ses oreilles, il n’entendait que le déplacement de l’air et le bruit très ténu de ses vêtements. D’allure méditerranéenne, Alucard su qu’il était d’origine italienne. Ses yeux bruns n’exprimaient que le bonheur de cette rencontre.
- Alucard, enfin !
- Enchanté de faire votre connaissance également, immortel.
Un sourire légèrement contenu apparu de nouveau sur les lèvres du jeune homme.
- Tu peux nous laisser, Tania, je te remercie.
- Maître, le salua t’elle.
-Viens assieds-toi, mon ami. Cela fait si longtemps que j’ai entendu parler de tes exploits. Il me tardait de te rencontrer.
Alucard ôta son chapeau et le posa sur la table. Il prit le premier siège et s’assit, le suivant du regard.
- Il est curieux de voir qu’un immortel est le roi des vampires de ce pays.
- D’Europe, mon ami, juste de l’Europe. Je ne pouvais pas laisser une race aussi imprévisible que la vôtre se déchaîner sur les hommes. La race humaine serait décimée en quelques jours tout au plus. Il leur faut des lois, ils obéissent sous peine de mort.
- Juste et radicale.
- N’est-ce pas ce que fait ton cher et tendre maître ?
- Tu as l’air d’en savoir beaucoup sur nous, immortel.
- Pardonne mon impolitesse, mon nom est Ezio Auditore da Firenze.
- Ezio Auditore ? Le célèbre assassin de Florence ?
Alucard s’était levé d’un bond. Il s’approcha de lui et le regarda droit dans les yeux, cherchant une réponse à sa question.
- Woo, calmes-toi mon ami. Oui, je suis cette personne.
- Comment est-ce possible ? Tu n’étais pas un immortel !
- Non, mais une opportunité assez improviste m’a été donnée et je l’ai saisie.
- Avec qui as-tu passé un marché, demanda-t-il méfiant.
- Personne, mais connais-tu les fragments d’Eden ?
- Vaguement, mais ce n’est qu’un légende urbaine.
- Non pas tout à fait, j’ai bien retrouvé les fragments et reconstitué la sphère mais je n’ai pas rencontré Dieu lui-même. Comme le promettait la légende.
Ezio s’approcha du bar qui faisait le coin de la pièce. Fait de bois noir, travaillé et ciselé à la main, il prenait la moitié du mur de la pièce.
- J’ai réussi à reprendre les meubles de ma famille tout au long des siècles. Ce n’est pas facile mais j’aime protéger mon patrimoine.
- Vous vous entendriez parfaitement avec mon maître, répondit-il plus confiant. Mais est-ce ce fragment qui vous a immortalisé ?
- Je pense que oui. J’ai arrêté de vieillir dès que je suis sorti de cette salle secrète, sous le Vatican. Je ne m’en suis vraiment rendu compte que lorsqu’un ami m’a blessé accidentellement, lors d’un petit entraînement.
- Je devais être discret et garder une certaine prudence en m’adressant à vous, mais après sondage de votre âme, je peux considérer que vous n’êtes pas un être dangereux. Comment financez-vous vos affaires ?
- Nous rendons parfois de menus services aux gouvernements divers européens. Je suis un assassin, ne l’oublions pas. Je suis aussi le meilleur dans ma catégorie, j’ai eu quelque centaine d’années pour me perfectionner.
Alucard sourit devant sa franchise et son humour.
- Nous pourrions peut-être entrer en contact, ton maître et moi. Nous travaillerions ensemble pour le bien de la nature humaine.
Alucard se mit à rire.
- Non, je ne pense pas que mon maître accepte.
- Je suis surpris, pourtant il semble que nous ayons tout deux les mêmes objectifs ?
- Les seuls objectifs de mon maître, Ezio, n’est que la destruction totale de monstres de touts poils, répondit-il riant doucement.
Il avança vers lui et lui tendit un verre. Le soleil commença à poindre ses rayons dans la pièce et Alucard fut surpris de constater que les baies vitrées se teintèrent immédiatement.
- Régnant sur une population n’aimant pas l’astre diurne, il me faut jouer avec la prudence. Mais il suffit d’un ordre de ma part pour que le soleil pénètre entièrement dans la pièce.
- Intelligent et prudent.
- Il le faut. Les vampires ne sont pas toujours faciles à contrôler. J’ai beau être un immortel, il n’y a que mon corps qui cesse de vieillir, mais tu sais que la seule chose qui peut venir à bout de moi est …
- … la décapitation.
Alucard porta le verre à son nez et sentit immédiatement l’odeur du sang.
- Il est de qualité supérieur, mon ami. Directement tiré de mon poignet, pour te servir, dit-il levant son bras cicatrisant.
- Voilà qui me ravi, cet accueil royal ne peut que me faire plaisir.
Il porta le verre à sa bouche et goûta avec plaisir, le sang sucré de son hôte.
***
Integra attendait des nouvelles d’Alucard depuis trois jours maintenant. Elle posa la main sur le combiner et se ravisa. « Je vais lui laisser encore un peu de temps. » Elle se leva et vit de la fenêtre de son bureau, deux camions « Fedex » entrer sur la propriété. Elle sortit et alla voir ce qui semblait être le nouvel petit univers de sa nouvelle recrue.
Elle pénétra dans la pièce et vit avec étonnement le changement qui y avait été fait. La pièce qui mesurerait 50 mètres de long et 20 de large avait été répartie en deux tiers, un tiers, par une cloison insonorisée. La plus grande partie servira d’atelier de fabrication, endroit où elle pourra travailler tranquillement.
La deuxième partie avait été transformée en une chambre. Elle avait placé un canapé lit contre le mur et sur le mur opposé trônait un écran plasma de 54 pouces (1 m 37) attaché au mur. Dessous, un lecteur multimédia ainsi qu’une console de jeux Xbox 360.
Elle posa la main sur le mur à côté de la télévision qui semblait avoir été scindé en plusieurs parties. Elle caressa la surface plane et fronça les sourcils.
- Ingénieux, hein ! J’ai fait creuser le mur pour pouvoir y intégrer des étagères cachées. Je peux y mettre tout ce que je veux sans que cela ne se voie.
Integra appuya sur la surface plane et un déclic se fit entendre, une porte s’ouvrit montrant ainsi une collection impressionnante de jeux vidéo. Elle se tourna vers elle, le regard interrogateur.
- C’est mon pêché mignon, j’adore jouer !
- J’espère que cela ne nuira pas à ton travail.
- Non, pas du tout, je dors très peu, deux à trois heures par nuit. Alors que pensez-vous de mes aménagements ?
- Impressionnant.
- J’espère que je ne vous ai pas ennuyé en prenant cette pièce. Elle était abandonnée et vide, donc je me suis permise d’y apporté des modifications architecturales. Comme l’agrandissement de la porte fenêtre, venez, je vais vous montrer.
Integra vit avec stupéfaction que la porte fenêtre avait bien été agrandie de deux fois sa largeur d’origine.
- Attention, que plus personne ne passe !! Je ferme !
Tempérance appuya sur le bouton d’une petite télécommande blanche qu’elle tenait en main. Une porte blindée se referma en quelques secondes à peine. Manquant, de peu, d’emporter le bras d’un déménageur inconscient. Elle appuya une seconde fois et la porte s’ouvrit un peu plus lentement. Découvrant le visage furibond du déménageur en question.
- Je vous avais prévenu ! Vous auriez dû prendre garde à mes avertissements, monsieur !
Il ne dit rien et entra avec le reste du matériel. Integra remarqua que malgré sa petite taille, elle ne se laissait pas faire du tout. Cela lui plu beaucoup et sourit. Walter entra rapidement dans la pièce et s’approcha d’elles presqu’en courant.
- Baronne, nous avons un problème. Le métro du centre-ville est attaqué par ce qui semble être des goules.
- Je vois, du travail pour moi ?
Integra la regarda un instant et devant son apparente envie de s’y rendre sans tarder, elle accepta.
- Emmène Victoria avec toi.
- VIC, ON Y VA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Integra sursauta, surprise par le ton de sa voix. Tempérance le vit et s’en excusa. Victoria la rejoignit, elle la mit au courant et partirent ensuite au garage.
- On va prendre une jeep !
- Ok.
Walter les regarda partir, heureux de voir que Victoria avait enfin trouvé une amie avec qui parler.
- Walter, veillez à ce que le matériels soit traiter avec respect.
- Bien, milady. Tout sera en parfait état.
Integra sortit de la pièce quand elle fut arrêtée par Walter.
- Milady !
- Oui, Walter ?
- Madame Faust vous a envoyé un coli. Il est sur votre bureau.
- Merci, Walter.
Elle se dirigea vers son bureau et vit la petite boîte qui semblait la narguer de son emballage rose Barbie. « Tu sais pertinemment que je déteste cette couleur ! » Elle attrapa le paquet et décida de l’ouvrir dans sa chambre. Mais lorsqu’elle y arriva, elle changea d’avis, le lança sur son lit et partit de prendre une douche. Lorsqu’elle se déshabilla, des souvenirs lui revinrent en mémoire. Les images apparaissaient en flashs devant ses yeux, l’obligeant parfois à les fermés. Des souvenirs de sa rencontre avec Mégane, jour qu’elle ne parvenait pas à effacer de sa mémoire.
Integra avait été invitée par la reine lors de l’inauguration d’un musée londonien. Elle avait à peine 17 ans et c’était la première fois qu’elle assistait à un tel événement. Les invités étaient tous curieux de rencontrer l’héritière Hellsing. Comme elle ne paradait jamais dans les soirées de ce genre, elle savait qu’elle serait très demandée.
Elle discutait avec Lord Padminton quand elle sentit un regard insistant sur sa nuque. Elle avait tout d’abord cru qu’Alucard s’était permis une incursion dans la place. Mais, elle s’aperçut bien vite de sa méprise quand elle se retourna. Ses yeux accrochèrent immédiatement le regard d’une femme d’âge mûre, qui lui souriait à demi. Elle détourna le regard mais fut, pour elle ne sait quelle raison, troublée au point de sentir son cœur battre plus vite. Integra se déplaça dans la pièce et chercha un moment les yeux de cette femme qui la fascinait. Elle finit par la trouver, elle se déplaçait aussi de manière à la suivre discrètement.
Integra se rapprocha de la reine qui la prit à parti.
- Ma chère baronne, j’aimerai beaucoup vous présenter le comte Kingston.
- Enchantée, répondit-elle un peu distraite.
- Ma chère, ce que l’on raconte sur vous est, je peux maintenant l’affirmer, faux ! Vous êtes plus belle encore que ce que l’on m’a raconté.
Il lui attrapa la main et y déposa un baiser. Chose qui ne lui plu guère. Le fait de sentir les lèvres de cet homme sur sa peau, la fit frémir. Il lui souri mais cela ne la rassura pas. Au contraire, le comte était un homme gras, exhalant une haleine acide lui coupant la respiration. Son odeur corporelle était quant à elle encore plus immonde. L’odeur de transpiration qui s’échappait de ses vêtements dès qu’il faisait un geste l’obligea à froncer les narines de manière discrète.
Integra était coincée par son devoir de ne pas manquer de respect envers sa souveraine et cet homme peu avenant. Elle écoutait à peine ce qu’il disait et rechercha alors l’inconnue de manière discrète.
- Ma chère Integra, vous voici enfin.
Une main féminine se posa sur son avant-bras et l’emprisonna.
- Majesté, je vous l’enlève un instant, ne m’en veuillez pas, je dois absolument lui montrer mon tableau !
- Je vous en prie, madame, répondit la reine la saluant discrètement de la tête.
Integra se laissa emmener par cette femme, celle qui l’avait fixée du regard quelque instant auparavant. Elle l’entrainait en-dehors de la salle festive et se dirigea vers l’aile ouest du bâtiment. Elle passa le bras autour du sien comme pour affirmer sa prise sur sa personne. Integra sentait ses doigts toucher sa peau. Elle ne su pourquoi mais ce contact la fit frissonner.
- Mon nom est Mégane Faust, je suis une artiste qui recherche toujours la perfection.
- Integra Hellsing, je suis la dirigeante de la fondation du même nom.
- Si jeune et déjà placée au front.
Elle l’arrêta devant une fresque qui montrait la déesse Athéna et le général d’une armée romaine qui s’était agenouillé devant elle en signe de respect. La cape de celui-ci retombait autour de lui recouvrant le sol derrière et sur les côtés. Ses longs cheveux noirs ondulaient sur sa cuirasse. Une atmosphère étrange semblait émaner de ce tableau.
Integra s’approcha et leva la main pour toucher le soldat romain. Attirée par le magnétisme de cette toile.
- Elle est magnifique.
- Regardez-la de plus près, lui répondit alors son accompagnatrice.
Integra scruta alors le visage des protagonistes et écarquilla les yeux.
- Mais …
- Oui.
- Comment ?
Elle ne répondit rien et la laissa dans l’ignorance de la vérité. Integra regardait une image de la soumission totale d’un homme, qui était le sosie parfait d’Alucard, devant la déesse de la guerre Athéna, qui ressemblait trait pour trait à Integra. Elle savait que personne ne pouvait faire le rapprochement, car il fallait regarder attentivement et voir que le soldat avait en fait un léger sourire dévoilant une partie de ses crocs luisants. Elle voulu le toucher, car cette toile lui inspirait un sentiment étrange de pouvoir. L’arrière plan dévoilait une plaine en flamme où des guerriers romains et vikings combattaient avec rage.
- Il est sombre et pourtant si …
- Oui ?
- Je ne sais pas comment dire … je pourrais interpréter mon sentiment par une sorte de flux qui ouvre une porte en moi et laisse entrer de nouvelles opportunités.
Integra effleura la toile du doigt. Un frisson lui parcouru l’échine. Elle entendit la femme se déplacer et se rapprocher d’elle. De taille plus élevée, elle pencha la tête vers elle.
- Cette scène est si sensuelle, lui murmura t’elle à l’oreille dans un souffle.
Integra se raidit cessant par la même de respirer, elle ne pouvait plus faire un geste. Elle entendit la respiration de Mégane se faire profonde et sentit son souffle chaud sur son cou. Dans le reflet de la vitre qui portait le nom du tableau, Integra vit la femme respirer ses cheveux en fermant les yeux.
- Tu transpires la sensualité. Sais-tu seulement à quel point tu attires la convoitise, lui susurra t’elle. On raconte partout que tu es inaccessible. Une forteresse imprenable.
Integra ne comprenait pas ce qu’il se passait. Elle ne comprenait pas pourquoi son corps ne répondait pas, pourquoi elle ne lui répondait pas. « Que se passe-t-il ? Mais qu’est-ce que je fais ? Une inconnue me parle d’une manière inconvenante et je ne réponds pas ! Alucard est un bien pire adversaire et pourtant je n’ai aucun mal à le remettre à sa place ! Mais …. …. Pas elle. » Elle sentait au plus profond d’elle-même qu’elle voulait en savoir plus sur ce qui allait se passer.
- Si tu savais tout ce que les hommes peuvent dire de toi lorsque tu passes devant eux. Sais-tu qu’ils te surnomment la vierge de glace ?
Elle sentit une caresse sur son bras nu. Elle posa le menton sur son épaule et passa la main sur son ventre. Integra ne réagissait pas, la voix de cette femme était si sensuelle qu’elle se laissa emporter par celle-ci.
- Tu es faite de feu et non de glace. Tu es un volcan qui attend d’être éveiller pour qui sait t’atteindre.
Elle sentit son corps se coller contre son dos et partager leur chaleur commune. Integra ferma les yeux et se laissa bercer par le son de sa voix aux intonations chaudes, elle se sentit apaisée, en confiance. Elle appuya son corps contre celui de Mégane, recherchant le contact avec plus de force.
- Viens avec moi, fuyons ces mondanités sans importance.
Integra ouvrit les yeux face aux bruits de pas qui se rapprochaient d’elles. La femme ne bougea pas, le visage enfui dans ses cheveux. Elle tourna un peu la tête et vit la silhouette d’un homme familier se rapprocher d’elles.
- Milady ?
Integra reconnu aussitôt la voix de son majordome, Walter. Elle sentit le corps de Mégane se retirer. Elle se sentit soudain vide et froide.
- Madame Faust, enchanté de vous revoir.
- Le sentiment est réciproque, Walter, comment allez-vous, depuis toutes ces années?
- Je vois que vous avez fait connaissance avec la directrice de la Fondation.
- Oui, répondit-elle sans aucune gêne apparente. Mais comment va notre cher comte, il n’est pas là ?
- Non, mais je suis certain qu’il serait heureux de vous revoir.
Ce jour là, Integra avait été surprise d’apprendre que Mégane savait tout sur la fondation et ses activités. En fait, elle avait travaillé avec son père un peu après la deuxième guerre mondiale. Elle n’était encore qu’une adolescente et elle leur servait d’informateur. Arthur l’aimait beaucoup et c’était la seule femme qu’il n’avait jamais touché. Mais tout cela, Integra ne l’avait appris que bien plus tard.
Elle attrapa une serviette et se piqua le doigt. Elle regarda de plus près et vit une écharde qui s’était glissée dans les petites mailles de l’éponge. Integra suça le sang qui perla et s’essuya les cheveux. Enroulée dans un peignoir, elle retourna dans sa chambre. Elle se pencha pour attraper la boîte et l’ouvrit. Un petit ipod nano s’y trouvait, il était de couleur rose, elle sourit devant l’acharnement que Mégane mettait à la titiller. Elle plaça les écouteurs dans ses oreilles et enclencha la lecture. Une musique classique de Vivaldi s’éleva alors, l’emmenant le jour de sa seconde rencontre avec Morgane.
Quatre mois s’étaient déroulés depuis sa première rencontre avec elle. De son côté, Integra avait mené son enquête et avait appris plusieurs choses sur elle. Mais le principal savoir venait d’Alucard et elle devait faire en sorte de le questionner sans attirer sa moquerie.
Il était dans la bibliothèque, il l’attendait.
- Vous désiriez me voir, maître ?
- Oui, j’ai quelque question en suspens et j’aimerais que tu éclaircisses la situation.
- Je vous écoute, Integra, que voulez-vous savoir.
- Mégane Faust, qui est-elle vraiment ?
- Mégane, cette chère enfant. Si vous avez croisé son chemin c’est que vous lui plaisez.
- Que … mais … ce n’est pas ce que je te …
- Maître, Mégane est dangereuse pour vous. Ne la laissez pas prendre de l’ascendant sur votre personne.
- Pourquoi penses-tu que je pourrais me …
Alucard se rapprocha d’elle, trop près à son goût. Elle recula et il la suivit se tenant à quelques millimètres de sa bouche. Coincée par le mur, elle ne pouvait plus l’éviter. Il s’arrêta, frôlant de ses lèvres sa joue empourprée, il s’arrêta à son oreille. Elle sentit sa respiration et son parfum. Goût âcre de guerre et de sang.
- Sa voix susurre à votre oreille alors même qu’elle s’est tue. Ses yeux promettent des plaisirs que vous n’avez jamais eu l’audace de demander. Fuyez-la, maître. Vous n’êtes pas prête à l’affronter.
Integra ferma les yeux et sous la proximité du corps de son vassal, elle sentit poindre en son sein, l’excitation du danger que procurait cette intimité. Mais lorsqu’elle ouvrit les yeux, il avait disparu. Soulagée et en même temps un peu déçue.
Elle avait décidé de prendre un peu l’air quelque jour plus tard et alla se promener dans une rue marchande. Elle vit une boutique de meubles anciens et décida d’y entrer. Elle s’y trouvait depuis un peu plus de dix minutes quand la porte s’ouvrit sur un client. Integra ne se retourna pas, le vendeur restait au bout de sa boutique observant un instant la jeune fille mais l’ayant reconnue, il se replongea dans ses livres. Integra regardait une bibliothèque qui l’intéressait pour l’intégrer dans sa chambre. Comme elle possédait assez bien de livres qu’elle aimait garder sous la main, une petite armoire serait la bienvenue pour les y ranger.
Une main se glissa sous sa veste et saisi son sein droit. Elle eu un hoquet de surprise et voulu se retourner quand un corps se colla à elle.
- Je t’ai retrouvée, lui souffla t’on à l’oreille.
Elle continuait à la caresser, Integra ayant reconnu la voix de Mégane n’avait pas bougé. Elle déglutit et sentit sa volonté s’effondrer sous la voix de cette femme qui ne cessait de la toucher sans aucune gêne. Le pouce de sa main gauche sur le pouls de son poignet, Integra savait qu’elle pouvait ressentir son émoi. Alucard avait raison, elle le su maintenant, elle n’était pas de taille.
- Viens.
Elle la lâcha et sortit de la boutique. Laissant le choix à Integra de la suivre ou non. Elle lui laissait une chance de ne pas sombrer dans une relation qui n’était pas dans ses mœurs. Integra était attirée par les hommes, elle le savait et l’avait toujours su. Mais elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle ne pouvait plus sortir son visage de sa tête. Pourquoi la désirer alors que c’était une femme, de plus, une femme trois fois plus âgée qu’elle. Elle ferma les yeux un instant et tenta de résister. Mais lorsqu’elle les rouvrit, elle tenait la poignée de la portière de Mégane dans sa main.
Un quart d’heure plus tard, elle se tenait debout devant la cheminée ouverte de la résidence louée quelques jours auparavant par son hôte.
Elle l’entendit s’approcher. Sans se retourner Integra lui posa alors une question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment.
- Comptes-tu m’ajouter à ton tableau de chasse et m’exhiber comme un trophée ?
- Je ne possède pas de tableau de chasse et ne désire en aucun cas t’exhiber comme je ne sais quel animal de foire.
Une main se posa sur sa hanche et l’autre dégagea sa nuque de ses cheveux.
- Je te veux toi.
- Alucard m’a mise en garde contre toi et m’a vivement conseillée de ne pas tomber sous ton joute.
- Alucard est un excellent amant et il aurait voulu être le premier à te posséder.
Les lèvres de Mégane effleuraient la peau de sa nuque en une caresse langoureuse, alors que ses doigts défirent les boutons de sa veste. Integra baissa la tête et ferma les yeux, sentant une vague de chaleur progresser en son bas ventre.
- Excellent amant, demanda t’elle en murmurant.
- Il m’a enseigné les rudiments de l’amour et c’est un artiste en la matière. Mais, disons que l’élève à dépasser le maître, dit-elle maintenant sa voix en un murmure ténu.
Elle passa la main droite sous la ceinture du pantalon d’Integra. Elle eut un hoquet de surprise quand Mégane caressa doucement son intimité. Sa main gauche passa sous son menton et attira sa tête en arrière. Ses lèvres cherchant les siennes, quand elles les trouvèrent enfin, Mégane entra en elle. Elle trouvant instinctivement son point le plus sensible et fit un mouvement de va et vient doux avec ses doigts.
Integra avait perdu pied depuis un bon moment maintenant, elle se laissa entraîner sur le sol devant le feu réchauffant leur corps. Mégane la déshabilla lentement tout en embrassant chaque partie de son corps. Integra se laissait emporter par le plaisir et caressa son amante avec la même passion.
Le reste de la soirée et de la nuit, Mégane lui fit découvrir un panel élargit de ses dons.
Integra se souviendra toute sa vie de cette soirée, c’était la première fois qu’elle ne rentrait pas au manoir pour la nuit. Walter en avait presque fait une crise cardiaque. Heureusement, Alucard l’avait rassuré sur son état de santé. Depuis, son serviteur n’avait de cesse de vouloir lire ses pensées pour la titiller sur son aventure.
Quand elle entendit la musique suivante, elle n’en cru pas ses oreilles. Une chanson française, tirée d’un opéra rock, présentait une musique de Mozart réarrangée par le metteur en scène. Le titre était « Tatoue-moi ». Parlant très bien le français, elle rougit sous les paroles énoncées.
- Cela te ressemble bien, Mégane.
***
Victoria était nerveuse, comme chaque fois avant une bataille. Elle avait beau être un vampire, elle se faisait du souci pour les gens normaux, ceux qui vivaient dans l’ignorance de ce qui les entouraient.
Elles s’engagèrent dans les couloirs du métro, Tempérance lui fit signe d’emprunter le couloir de droite et elles se séparèrent.
Les cris des usagers attirèrent leur attention, apparemment l’attaque n’avait pas cessé. Victoria accéléra l’allure pour atteindre le lieu cible et sauver le maximum de personne.
Quand elle atteignit la rame de métro, elle vit alors qu’elle était envahie de goules. Les usagers mordus venaient grossir les rangs de ces monstres au fur et à mesure.
- A ce rythme là, nous aurons une belle petite armée d’ici ce soir.
Victoria se dirigea vers cette voix masculine qui semblait ne pas avoir perçu sa présence. Elle aperçu Tempérance qui arrivait par l’autre côté, les encerclant ainsi et augmentant leur chance de les avoir par effet de surprise.
Elle vit alors deux jeunes adolescents appuyer sur le tram à l’arrêt, discutant comme si de rien n’était. L’un deux était blond, cheveux hirsutes, le visage angéliques. Le deuxième était plus discret, une capuche lui recouvrait le visage, ne laissant paraître que quelques mèches de cheveux rouges.
Sans qu’elles ne puissent le prévoir, le plus discret disparu de leur champ de vision.
- On est repérées, cria Victoria.
Tempérance chercha le jeune des yeux mais ne le trouva pas, elle se mordit la lèvre de rage.
- Vous pensiez nous surprendre aussi facilement ? Mais nous ne sommes pas aussi idiots qu’il y paraît, femelle !
- Quoi ? Comment oses-tu nous appeler ainsi, cracha Victoria visiblement choquée.
Elle n’eut pas le temps de bouger, qu’elle reçu un coup violent au niveau de la nuque. Elle s’effondra inconsciente. Tempérance se tînt sur ses gardes. Elle sortit son épée de son étui et la maintint pointe vers le sol. Elle avança prudemment laissant la lame racler le sol en un bruit sinistre.
- Rahh, arrête ça, cria le blond se bouchant les oreilles.
- Certains bruits vous blessent, n’est-ce pas ? Ce n’est pas facile tous les jours d’être un vampire !
Elle vit du coin de l’œil que Victoria avait reprit ses esprits, mais elle restait au sol. Comme le vampire était toujours près d’elle, elle préférait attendre un moment avant de passer à l’acte.
Tempérance sourit.
- Vous êtes fort ! Tant mieux, le combat ne sera que plus jouissif !
- On va te réduire en cendre, gamine !
Elle arriva à une distance de quelques mètres de lui quand elle se mit à courir. Elle prit appui sur un tas de valises et se retrouva sur le toit du tram. Elle parcouru encore trois mètres pour enfin sauter sur lui. Tout c’était déroulé trop vite pour lui et il eut du mal à parer les coups qu’elle lui infligeait avec son épée.
Prit par l’action, le deuxième ne fit plus attention à Victoria. Elle en profita pour se relever rapidement et l’attraper par la gorge. Sans hésitation, elle lui perça la poitrine de sa main droite. Il tomba en poussière sur le champ. Par la même occasion, les goules lui étant attachées, tombèrent sans vie.
- Trop facile, dit-elle. Mon maître n’a pas le temps pour ces futilités. Mais moi je m’amuse comme une gamine.
Ses yeux devinrent rouge sang et se dirigea vers les goules restantes. Elle entra au centre de la meute et en décima le trois quart en quelques secondes. Elle repéra les survivants et les protégea contre le restant de l’engeance putride qui s’en prenait à eux.
Tempérance fit tournoyer sa lame mais il était agile et finissait par éviter tout ses coups. Elle commençait à en avoir tout doucement assez et sortit avec sa main gauche deux petites lames de lancer placer sur le haut de son sein droit. Son épée reprit sa place dans son dos et sortit un coutelas à la lame courbe de la droite.
Il sourit.
Elle lui répondit de même.
Elle s’accroupit et prit appui sur une dalle de béton qui avait surgit sur le quai pendant leur combat. Il se replia sur lui-même, préparant sa défense. Elle s’élança alors vers lui, une des deux lames fut libérées de sa main et se dirigea avec précision vers son torse. Il l’évita et ne la quitta pas des yeux un seul instant. Tempérance reprit appui sur un pilier de béton et le survola avant qu’il ne puisse lui-même le faire. Elle lança la dernière lame vers lui mais il l’évita tout aussi facilement, elle sourit. Elle imprima une contorsion à son corps et prit alors appui de se pieds sur le plafond du métro, se propulsant à une vitesse qui surprit Victoria vers son rivale. Lorsqu’il leva les yeux vers elle, il était déjà trop tard. Elle fondit sur lui avec sa lame courbe et la planta dans son crâne. Il la regarda avec étonnement alors qu’elle tourna sa lame pour la dégager et ensuite lui enfoncer jusqu’à la garde tout en s’approchant de son visage.
Le regarda dans les yeux.
Ses yeux s’obscurcirent.
Il lui sourit.
La poussière envahissant peu à peu son organisme.
Elle ferma les yeux à son tour.
Un sourire sur les lèvres.
Victoria vit les autres goules s’effondrer sur elle-même autour d’eux. Les murmurent s’élevèrent. Puis les pleures et les cris envahirent peu à peu la place. Victoria prit sa radio et ordonna le nettoyage de la zone. Elle s’approcha de sa coéquipière et posa la main sur son épaule.
- Splendide combat.
- Merci, mais j’ai fait presque tout le boulot ! Tu fabriquais quoi, là ?
- Quoi ? Mais enfin !
Tempérance se mit à rire et Victoria comprit qu’elle plaisantait.
- Bon, rentrons, j’ai comme une envie d’une bonne douche.
***
Quinze jours s’étaient écoulés depuis l’attaque du métro. La reine avait demandé un rapport circonstancié des événements en privé. Integra en avait profité pour présenter son nouveau membre à sa majesté. Tempérance était impressionnée par sa rencontre avec la souveraine et elle avait plusieurs fois buté sur des mots simples en lui parlant.
Elle fut vite mise à l’aise par la gentillesse de celle-ci. Et elle reprit le contrôle de sa voix et de la langue anglaise.
Alucard était rentré depuis seulement la veille, prétextant l’étude plus approfondie des membres et organisation d’Ezio. Integra n’était pas dupe et le soupçonnait de lui avoir mentit.
Elle se préparait pour la cérémonie de l »anniversaire donné en l’honneur de l’anniversaire du prince William. Elle le savait à l’étranger marchant sur les traces de sa mère défunte. Mais il n’était pas de bon ton de refuser une invitation royale. Tempérance la rejoignit pour l’aider à se vêtir de sa robe de soirée. Elle commença à l’enfiler quand une douleur fulgurante lui perça le cerveau. Elle plissa fortement les yeux et se massa les tempes.
- Ca ne va pas ?
- Juste une migraine depuis un plus de dix jours maintenant, cela devient insupportable, répondit Intégra grimaçante.
- Une aspirine ?
- Non, j’en suis déjà à six et cela ne me fait absolument rien.
- Votre vue se trouble t’elle ?
- Non, juste une douleur cuisante et lancinante qui me vrille le cerveau.
- Vous devriez peut-être passer un scan, on ne sait jamais.
- Oui, je prendrai rendez-vous demain matin.
Tempérance serra les lacets composant le bustier de la robe. Quand Integra se retourna, elle laissa échapper un sifflement d’admiration.
- Vous êtes magnifique !
- Merci.
La robe de soie sauvage noire était parsemée de fines paillettes argentées très discrètes qui scintillaient lorsqu’elle se mouvait. Plusieurs drapés se croisaient autour de la jupe, et le bustier de même ton arborait des lignes verticales de tissu satin crème. Elle portait un collier de perle noire au raz du coup sur lequel trônait en pendentif un splendide Camé crème.
- Vous portez le noir de manière somptueuse.
- La couleur des ténèbres lui sied à merveille, répondit Alucard surgissant du mur à côté de la porte. Vous êtes d’une splendeur à couper le souffle, Integra.
- Merci, Alucard.
Il s’approcha et lui prit la main, fredonnant un air de valse, il l’entraina alors au travers de la pièce dans une danse gracieuse et sensuelle. « Ils forment un couple magnifique, si différent l’un de l’autre. J’ai l’impression d’assister à la rencontre d’un ange et d’un démon. »
Integra rompit le charme en se détachant de lui. Elle lui sourit tout en posa deux doigt sur sa tempe.
- Vous vous sentez bien, mon maître ?
- Oui, Alucard, rien d’important, c’est probablement une conséquence de mon manque de sommeil récent.
- Vous devriez faire plus attention à votre santé, maître.
- Oui, je penserai à m’octroyer un peu de congé lorsque les méchants décideront de rester sage.
- Maître !
- Mon sens de l’humour ne te sied point, Alucard ?
- Non, mais soyez sérieuse un moment, vous devez vous ménager !
- J’ai assez pris de repos lors de mon voyage en France.
- Avec Mégane ? On ne peut décemment pas prendre cela comme du repos !
- Je me suis au moins détendue, répondit-elle un peu lasse.
- Ca, c’est le moins qu’on puisse dire, acheva t’il souriant.
Elle se tourna vers lui, les yeux écarquiller de surprise. Mais le fait d’avoir obliger son corps à bouger aussi vite, la fit vaciller. Il se précipita vers elle et la retint. Tempérance la soutint jusqu’à ce qu’elle atteigne son lit pour s’y assoir un instant.
- Je vous conseille de passer quelques examens pour vérifier si rien ne cloche dans votre petite tête, suggéra Tempérance inquiète.
- Juste un peu de fatigue, ce n’est rien de grave.
- Maître, elle a raison, cela n’est pas normal.
- Bien, pour vous rassurer, je passerai un scanner la semaine prochaine, dit-elle se levant.
- Je prends rendez-vous pour vous, maintenant.
Tempérance prit le téléphone qui se trouvait sur la commode et composa le numéro du centre hospitalier de Londres.
- Service neurologie, je vous prie. … Docteur Patch ? Bien, c’est vous que je voulais obtenir. Tempérance Rain. … Nous voulons un rendez-vous pour passer un scan, migraine, vertige, fatigue … Integra Hellsing … La baronne Hellsing, oui, c’est bien elle. Dimanche 8 h 30, demain ? … Non, pas de problème nous serons là. Bien merci, professeur à demain.
Elle déposa le combiner et se retourna. Devant leur regard interrogatif, elle sourit.
- Tu as eu un rendez-vous avec le professeur Patch, demanda Integra visiblement stupéfaite.
- Oui, pourquoi ?
- Même la reine ne peut avoir de rendez-vous avec lui ! Il ne jure que par la rédaction de ses livres !
- Il me doit quelques menus services, Il est reconnu dans l’étude neurologique et je savais qu’il était en ville pour quelques jours.
Integra se reprit et attrapa son petit sac noir.
- Bien, il est temps que j’y aille.
Alucard et Tempérance l’accompagnèrent jusqu’à sa voiture, s’assurant qu’elle n’avait plus besoin de personne, ils la laissèrent partir avec Walter comme chauffeur.
Tempérance regarda un instant Alucard qui semblait retrousser les narines.
- Quelque chose cloche ?
- Etrange, son odeur.
- Quoi ?
- Elle est différente.
- Son parfum, surement.
- Non, je te parle de l’odeur primale de son corps.
- Hein !?
- L’être humain possède une odeur qui lui est propre, un peu comme les empreintes digitales. Il possède la même tout au long de sa vie, elle est unique.
- Ce ne serait pas parce qu’elle à ses menstruations pour l’instant ?
- Comment le sais-tu ?
- Je l’ai senti moi aussi.
- Non, son odeur change, c’est presque imperceptible mais je la connais depuis assez longtemps que pour faire la différence.
- Il y a surement une explication logique, on en saura plus demain. Au fait, ca ne t’agresse pas les narines de sentir son sang ?
- Si, mais j’ai appris à m’en servir pour me calmer le soir.
- … !?
Tout en rentrant, Alucard sourit en se souvenant de la première fois qu’elle avait eu ses règles.
- Qu’est-ce qui te fait rire, Vlad ?
Il s’arrêta et la regarda surprit.
- Ca ne te dérange pas que je t’appelle par ton prénom ?
- Comment me connais-tu ?
- Je collectionne les cendres des vampires que je tue, je recherche aussi les plus grands. Tu es l’un des plus anciens et énigmatique vampire que je connaisse. Il est normal que j’aie étudié un peu plus à ton sujet.
- Tu nous collectionnes, hum ?
- Oui, mais maintenant que je travaille pour la baronne, je n’aurai pas l’occasion d’obtenir tes cendres, dommage.
Alucard la regarda étonné. Il sourit et porta la main à ses cheveux, il en détacha une épaisse mèche qui se tortillait encore dans sa main quand il lui donna. Elle le fixa stupéfaite.
- Pourquoi ?
- Parce que tu n’auras probablement jamais la chance de posséder mes cendres, jeune fille. Je te fais cadeau d’une partie de moi-même, tu pourras l’exhiber comme bon te semblera.
- Non, je la conserverai précieusement. Merci Vlad.
- Tout l’honneur est pour moi, Tempérance Rain.
Il la quitta, la laissant seule tenant précieusement la mèche de cheveux qu’elle avait dans la paume de sa main. Elle sourit. « Il est différent des autres vampires que j’ai pu rencontrer jusqu’à maintenant. Il est mille fois plus noble que ces petites frappes, cela le rend encore plus attirant à mes yeux. » Elle retourna dans sa chambre, chercha dans son tiroir de souvenir et en retira un long écrin noir. Elle l’ouvrit et déposa la mèche vibrante sur le velours bordeaux qui le recouvrait. Elle la caressa, elle sentit son cœur battre dans sa poitrine par l’excitation de sa nouvelle acquisition. Elle se mordit la lèvre inférieure et sourit. Elle referma l’écrin et le rangea précieusement.
***
Integra atteignit le parvis de la salle de bal. Lorsqu’elle y entra, le crieur annonça son arrivée à toute l’assemblée. Integra savait que cette coutume avait encore cour au royaume, mais elle ne l’appréciait pas pour autant. Elle se dirigea vers la Reine pour lui souhaiter ses vœux et resta un moment auprès d’elle discutant naturellement de travail. Visiblement préoccupée par l’ascension grandissante de la famille vampirique européenne.
- Nous avons la situation en main, cette famille ne représente aucun danger si cela n’est qu’elle est dirigée par un non-vampire.
- Cela est encore plus ennuyeux ma chère baronne. Il est immortel et d’après votre dernier rapport, il ferait partie de la guilde des assassins.
- C’est exact, Alucard m’a assuré de sa bonne volonté. Il viendra se présenter le moment propice.
- J’espère que vous savez ce que vous faites, baronne Hellsing. Sur ce, profitez bien de cette soirée.
Integra ne lui répondit pas trop énervée par cette discussion. Elle alla vers un serveur et prit une coupe de champagne qu’il tenait sur son plateau. Elle le bu d’une traite et sentit sa migraine s’apaiser au bout de quelque minute. Elle reprit alors un second verre et se dirigea vers la terrasse pour s’éloigner de ce monde emplit de personnes insipides.
- Bonsoir, belle demoiselle.
Integra ne se retourna pas et lui fit un signe de dédain de la main.
- Vous me semblez bien aigrie, baronne.
- Qu’en savez-vous. Vous ne connaissez de moi que ce que vous voyez depuis quelques minutes. Je suis une personne peu encline aux rencontres, laissez-moi !
Elle porta la coupe à sa bouche et la bu d’un trait. Elle fronça le nez et ferma les yeux sous l’effet de l’alcool.
- Doucement ma chère, ce champagne est traître et peu vous enivrer en un instant, dit-il se rapprochant.
Integra porta enfin son regard sur le nouvel arrivant et le dévisagea sans gêne. De type italien, son regard enfantin et son sourire angélique attira immédiatement Integra. Elle ne pouvait nier sa beauté et sentit monter en elle un sentiment familier pour l’avoir déjà ressentit avec Mégane. Elle ne su pourquoi mais elle lui sourit et se conduisit soudain comme une jeune fille amoureuse.
- Voilà, c’est bien ce que je pensais, ce champagne est bel et bien vicieux.
- Savez-vous que vous êtes quelqu’un de très séduisant ?
Integra n’en revenait pas d’avoir parler ainsi à cet homme qu’elle ne connaissait pas.
- Pardonnez-moi, je vais rentrer.
Ce qu’elle fit sur le champ, mais une valse fut entamée, il la rattrapa dans la salle et la fit tournoyer gracieusement parmi les autres invités.
- Je ne connais pas votre nom, monsieur ?
- Ezio, mon nom est Ezio Auditore da Firenze pour vous servir baronne.
Integra le regarda surprise.
- Vous êtes cet immortel dont m’a parlé Alucard ?
- Oui, effectivement.
- Que faites-vous ici ? Comment avez-vous été invité ?
- Je crains de m’être introduit à cette petite fête sans invitation aucune, ma chère baronne.
Integra sentit soudain sa migraine revenir insidieusement et décida de reprendre une coupe. Puisque ce breuvage semblait calmer sa douleur, elle préférait encore être ivre plutôt qu’assaillie par des milliers de coup de marteau tambourinant son crâne. Elle remarqua que le jeune homme ne la quittait plus et ne s’offusqua pas le moins du monde. Ils reprirent leur danse et continuèrent ainsi jusqu’à 3 heures 15 du matin.
Epuisée Integra lui fit comprendre qu’elle désirait rentrer chez elle. Il posa la main sur ses rein et la raccompagna jusqu’à sa voiture, où Walter l’attendait patiemment.
- Je suis heureux de vous avoir enfin rencontrée, baronne Integra, dit-il souriant.
- Moi de même, sir Ezio, et je serai ravie de vous revoir.
Ezio se rapprocha sous les yeux écarquillés de Walter. Il passa la main dans ses cheveux et déposa un léger baiser sur les lèvres d’une Integra soumise. Elle ébaucha un sourire satisfait et rentra dans la voiture.
Lorsqu’elle rentra au manoir, elle surprit Alucard qui l’attendait dans le hall d’entrée.
- Bonne soirée, miss ?
Integra passa à côté de lui sans lui répondre. Alucard en fut désarçonné, habitué à ce qu’elle lui raconte les frasques des invités de soirée mondaine, il ne s’attendait pas à ce qu’elle l’ignore.
- Maître, tout va bien ?
- Laisses-moi tranquille, répondit-elle furieuse.
Alucard sentit sur elle une odeur familière et reconnu aussitôt celle du jeune immortel. Il tenta alors de lire dans ses pensées et contre toute attente, elle ne le bloqua pas et le laissa voyager à son aise dans sa mémoire. Chose qu’elle avait pourtant en horreur. Il la vit danser avec Ezio ainsi que le baiser qui s’en était suivit. Il fronça les sourcils.
Elle avait rejoint sa chambre et il entendit quelque minute plus tard la douche s’enclencher.
- Un problème, lui demanda Tempérance.
- Je ne sais pas quoi en penser, répondit-il songeur.
Il disparu la laissant seule devant la porte de la chambre d’Integra. Elle regarda un instant la porte et sentit un frisson parcourir son échine. Un sentiment s’insinua lentement en elle, chose qu’elle n’avait plus ressentie depuis des années.
La peur.
***
Cela faisait quinze jours que le bal était terminé. Victoria n’avait plus revu la baronne depuis ce matin là. Elle recevait ses ordres directement par Walter et lui faisait ses rapports également. Elle commençait à trouver le temps long et décida d’essayer de la voir quelque soit le risque encouru.
Elle savait qu’elle prenait sont déjeuner sur la terrasse de la petite serre lorsque le temps s’y prêtait. C’est donc le premier endroit qu’elle visitera. Elle passa par le hall et juste au moment où elle arrivait au couloir est, le gong de la porte résonna. Walter accouru et ouvrit la porte sur une femme que Victoria ne pu quitter du regard.
- Lady Faust ! Quelle surprise !
- Walter, comment allez-vous mon ami !
- Je suis heureux de vous revoir, je me porte très bien, mon cher.
Walter ferma la porte et la débarrassa de ses effets personnels. Victoria la vit encore discuter avec Walter quelque seconde concernant ses valises.
- Ou est-elle ?
- La baronne prend son déjeuner dans son bureau aujourd’hui.
« Dans son bureau ? Elle ne mange jamais dans cette pièce. Je sais que depuis que je travail pour elle, elle ne l’a jamais fait. » Victoria esquissa un geste pour remonter les escaliers quand elle entendit la voix de Mégane l’interpeller.
- Vous devez être Victoria, la petite dernière de notre cher Alucard.
- Euh, oui, mais comment …
- Je sais plus de chose sur cette organisation que la propre fille d’Arthur, répondit-elle souriante.
Son sourire fit fondre tout de suite Victoria et comprit pourquoi elle avait réussit à emprisonner aussi bien son maître Alucard que sa patronne Integra. Mégane posa la main sur sa joue et lui donna un léger baiser sur le front.
- Tu es bien innocente, ma chère Victoria, je ne sais pas comment tu as pu décider de devenir un vampire.
- Par la force des choses, madame, tout simplement, répondit-elle troublée.
- Bien, je vais saluer de ce pas, ma chère baronne ensuite je prendrai mes appartements, dit-elle se retournant vers Walter entrant avec deux valises.
Ils se dirigèrent tout deux vers le bureau du maître des lieux et Victoria pris un autre chemin pour atteindre l’étage de son côté. Elle rencontra Tempérance en chemin et se laissa entrainer dans la salle d’entraînement.
- A défaut de ne pouvoir me battre contre ton maître, tu vas me servir de sparring-partner.
- Mais pourquoi moi ?
- Parce que tu as autant besoin que moi de te dérouiller.
Elles passèrent un peu plus de deux heures à s’entraîner au corps à corps. Malgré la différence entre les deux jeunes filles, Tempérance se battait très bien et Victoria éprouvait même des difficultés à la contrer. Elle finit par y prendre plaisir et se surpris à se moquer gentiment d’elle.
Lorsqu’elles sortirent de la salle d’entraînement, Tempérance l’emmena jusqu’à son atelier.
- Voilà, qu’est-ce que tu en penses ?
Victoria avait devant elle une splendide moto noire aux reflets argentés. Un logo, représentant une chauve-souris tirant une petite langue rouge, se trouvait sur le réservoir de la machine. Plusieurs enchevêtrements de lignes couleurs or dessinaient des motifs de la cabale sur le reste de la machine. Les chromes étaient tellement rutilants que Victoria en fut éblouie.
- Elle est magnifique !
- J’ai visé la discrétion et donc je n’ai pas mis des couleurs vives mais assez quand même pour les distingués de la couleur de la moto lorsqu’on la regarde de près.
- Merci, répondit-elle alors trop heureuse.
- Qu’est-ce que tu attends !!! Va l’essayer !
Tempérance ouvrit la porte sur le côté et laissa Victoria la sortir. Elle la chevaucha et poussa sur l’allumage électronique du guidon et le moteur se mit à vrombir. Elle tourna plusieurs fois la manette des gaz et elle cracha de petites flammes bleues par le pot d’échappement.
- Ce bouton te permet de mettre le moteur en mode silencieux tout en gardant sa vitesse.
- Génial, parfaite pour les missions furtives.
- J’ai ajouté cette fonction à la mienne aussi. Il m’a fallu tout de même plusieurs jours pour mettre au point ce système sans qu’il ne porte atteinte à la puissance du moteur en lui-même.
Elle fit plusieurs fois le tour du par cet testa par la même occasion le « mute » du moteur. Lorsqu’elle l’enclencha, elle n’entendit plus que le vent et le gravier crisser sous ses roues. Elle profita de ce moment pour fermer les yeux et ouvrit son troisième œil pour voir la nuit avec ses yeux de vampire. Elle passa devant la petite pergola qui se trouvait au fond du jardin et vit un mouvement à l’intérieur de celle-ci, elle ferma les phares et se rapprocha. Elle laissa la moto à quelques mètres de là, poursuivant à pied, pour ne pas se faire remarquer. Elle jeta un œil à l’intérieur et reconnu Integra dans l’obscurité. Elle était debout appuyée contre le petit établi. Victoria allait repartir quand elle la vit rejeter la tête en arrière et reconnu Mégane qui se redressait tout en relevant le chemisier d’Integra de ses mains caressantes et embrasser son ventre. Victoria n’en cru pas ses yeux et resta un moment là à observer la scène qui s’offrait à elle. Quand au bout de deux minutes, Integra tourna son visage vers elle. Victoria cru qu’elle allait réagir de manière brutale et se rhabiller, mais au contraire elle lui sourit de manière provocante. Victoria recula sous l’effet de surprise et secoua négativement la tête. « Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il lui prend ? C’est pas normal, elle n’aurait jamais réagit de cette manière ? Aurait-elle changé autant en quelques semaines seulement ? » Elle remonta sur sa moto et reprit le chemin du manoir, en chemin elle ne put réprimer un sentiment de peur.
Elle rendit la moto tout en marmonnant quelques mots de remerciement à Tempérance qui la regardait d’un air interrogateur.
- Un problème ?
- Non … rien elle est superbe, merci encore.
Elle repartit sans dire un mot et retourna dans sa chambre. Elle décida de se coucher pour tenter d’oublier ce qui venait de se passer. Mais quand elle ferma les yeux, ce fut le visage d’Integra qu’elle vit sur le fond noir de ses paupières closes.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, la nuit était passée ainsi qu’une grande partie de la journée. Le téléphone sonna et fut totalement réveillée lorsqu’elle entendit la voix de la baronne à l’autre bout du fil.
- Dans mon bureau, tout de suite, ordonna-t-elle d’une voix dure.
- Oui, sir !
Elle raccrocha et serra les dents.
- Aie aie aie, c’est surement à cause d’hier, je vais en prendre pour mon grade !
Elle rejoignit Integra aussi rapidement qu’elle pouvait le faire, car elle savait qu’elle détestait attendre, surtout lorsqu’il s’agissait d’elle ou son maître. Elle frappa à la porte et entra à son invitation. Elle resta immobile et silencieuse devant le bureau imposant d’Integra, tandis que cette dernière finissait de lire un rapport.
- Nous avons un problème à résoudre et il est de taille.
- Ou .. ou .. oui baronne.
- Rends-toi à l’orphelinat Pierce au nord de la ville. Nous avons un vampire de catégorie b qui sévit dans les environs, Les enfants seront un met de choix et je suis sure que si tu l’y attends, tu pourras l’intercepter au plus vite.
- Mais et les enfants ?
- Quoi les enfants ?
- Je les fais évacués seules ?
- Qui te parle de les faire sortir ? S’ils partent, ce vampire ne viendra pas !
- Mais …
- Obéis, c’est un ordre !
- Je ne comprends pas …
- Obtempère Seras, ton commandant en chef t’a donné un ordre, intervint alors Alucard entrant dans son bureau.
- Bien, maître.
- Emmènes Tempérance avec toi, vous ne serez pas de trop à deux.
Victoria fit un signe de la tête et rejoignit Tempérance dans son atelier. Quand elle lui relata les points essentiaux de leur mission, Tempérance fronça les sourcils d’étonnement.
- Elle est bizarre depuis quelque temps.
- Oui je sais mais …
- Au fait, elle n’a pas passé son scan, je viens de recevoir un appel de mon ami le professeur Patch, il m’a avertit de son absence à son rendez-vous du lundi, il y a quinze jours.
- Mais, il y était pourtant partie ! Puisqu’elle a pris la voiture elle-même pour s’y rendre !
- Justement, on se demande bien où elle a bien pu aller, ce jour là, répondit Tempérance inquiète.
- Allons d’abord nous occuper de ce vampire et ensuite nous essayerons de savoir ce qui se passe.
Elles se rendirent à l’endroit indiqué et se placèrent Victoria à l’intérieur du bâtiment et Tempérance à l’extérieur. Victoria fit une ronde discrète à travers les étages et les dortoirs des enfants. Mais lorsqu’elle entrebâilla la première porte des dortoirs, elle remarqua une odeur familière et entêtante. Une odeur âcre et métallique. Elle se risqua à entrer, se tenant sur ses gardes. Elle vit des ombres noires sur les murs, les draps et les couvertures. Une petite voix intérieure lui susurra tout doucement que ce qu’elle voyait n’était pas des ombres et se refusa de l’écouter.
Pourtant elle du se rendre à l’évidence car les hurlements qui s’ensuivirent à l’étage ne fit que la conforter dans l’idée que le vampire était déjà dans le bâtiment. Elle fonça tête baissée jusqu’au deuxième étage et suivit la piste des cris enfantins. Lorsqu’elle arriva devant la porte, elle vit Tempérance qui la rejoignait.
Ne pouvant pas parler, elles utilisèrent les signes pour communiquer.
« Entres en premier, je te couvre ! » dit Tempérance sortant un étrange objet de sa ceinture.
« Ok, je passerai sur la droite, je pense qu’il sera trop occupé pour nous voir arriver. »
Victoria posa la main sur la poignée de la porte et s’engouffra à la vitesse de l’éclair, laissant sa coéquipière assurer ses arrières. Aussitôt entrée, une masse de chair lui tomba dessus. Tempérance entendant le cri de surprise qu’elle poussa, se dirigea directement vers les fenêtres et tira l’épaisse tenture en velours brunes, laissant ainsi entrer le crépuscule dans la chambre. Ce qu’elles y virent dépassèrent tout ce qu’elles auraient pu imaginer.
Des dizaines de petits corps étaient entassés au centre de la pièce, tel un charnier de la seconde guerre. Ceux qui n’avaient pas été tués avaient été transformés en goule et s’étaient attaqués à Victoria dès son entrée dans la pièce.
Tempérance vit un homme se tenir assis sur la chaise du surveillant, se faisant balancé tout en tenant dans une main le corps d’un enfant âgé d’à peine quelques mois. Il lui sourit et continua de le dévoré comme si ce n’était qu’un morceau de viande banal. Elle eut un haut le cœur car jamais elle n’avait assisté à l’assassinat d’aussi jeune enfant. Le sang qui recouvrait les murs, le sol et le plafond s’écoulait lentement devant ses yeux dégouter.
- Espèce de saloperie ! Comment as-tu pu !
- Elle le savait, seigneur, elle le savait, répétait sans cesse Victoria comme prise de folie.
- De quoi, tu parles, s’étonna Tempérance de cette litanie.
- Integra, Integra le savait !
Victoria vit alors Tempérance entrer dans une rage folle et foncer droit sur le vampire qui ne bougeait toujours pas de sa chaise. Elle lança trois de ses poignards qu’il détourna d’un simple geste de la tête. Ne se laissant pas impressionner, elle continua son avancée et à quelques mètres de lui elle utilisa alors ce qu’elle tenait dans la main depuis le début. Un petit cylindre de 10 cm de long et 5 cm de diamètre, doté d’une pression au niveau du pouce. Elle enclencha le mécanisme et un fouet argenté en sortit, aussi souple qu’un simple fouet de cuir, elle fit virevolté la liane vers son ennemi qui la regarda soudain avec étonnement.
Il se releva rapidement et fut lacéré au niveau du bras par son fouet. Il serra les dents et commença à fuir.
- Reviens, j’en ai pas finit avec toi !
Victoria se débarrassa à contre cœur des goules enfants et essaya de rattraper le fuyard. Mais ce fut peine perdue, connaissant mieux l’endroit qu’elles, il fut dehors et s’enfuit en quelque seconde. Quand Victoria atteignit le toit, elle fut au regret de constater leur échec.
- Je dois demander de l’aide au nettoyeur de la fondation.
- Et annoncer la mauvaise nouvelle à Integra.
De retour dans la rue, Victoria prit le micro du véhicule et fit son rapport.
- Vous êtes à deux et vous l’avez laissé fuir, hurla t’elle furieuse.
- Il était là depuis bien plus longtemps que nous, sir, il avait l’avantage de connaître les lieux.
- Foutaises ! Vous n’êtes pas capable d’arrêter un simple vampire à vous deux, continua t’elle à les invectiver.
- Madame, les enfants …
- Quoi !
- Ils sont tous morts, je suis désolée.
- On va nettoyer, revenez ici immédiatement !
Victoria et Tempérance rejoignirent le manoir et entrèrent dans le bureau d’Integra.
- Vous étiez au courant, lança alors Tempérance furieuse.
- Et alors ! Vous étiez censé l’anéantir ! Pas le laisser filer, répondit-elle indifférente.
- Comment avez-vous pu !
- Ce sont les aléas de la guerre !
- Ce n’était que des bébés !
- Un petit sacrifice pour son éradication, chose que vous avez été incapable de faire !
Victoria était incapable de comprendre l’indifférence totale d’Integra. Elle ne prit pas part à la discussion. Elle resta en retrait encore sous le choc de leur mésaventure. Quand elle vit du coin de l’œil la porte du bureau s’ouvrir sur un jeune homme de type méditerranéen.
- Je vous propose de mettre un terme à cette discussion, mesdames. Le problème est résolu.
Integra se tourna vers la porte et vit Ezio qui se dirigea nonchalamment vers elle. Victoria la vit sourire et le regarder d’une manière plus qu’aguicheuse. Tempérance ne se retourna pas et lui répondit tout de go.
- Tu t’en es chargé, je suppose !
- Oui, en effet, je ne pensai pas qu’un vampire de sa corpulence te mettrait en difficulté, ma chère Tempérance.
Victoria ne comprenait pas et se sentait encore plus perdue que jamais. Son regard passa d’un à l’autre.
- Il ne m’a mise en difficulté, père, il m’a simplement désarçonné avec ses victimes !
- Père, intervint Integra surprise. Tu ne m’avais pas dis que ta fille travaillait pour moi !
- Qu’est-ce que cela change, baronne ?
- J’aurais peut-être hésité à l’engager !
- Tu savais qu’elle faisait partie de la guilde des assassins. Cela ne t’a pas empêchée de la prendre sous ton aile et je t’en remercie.
- Soit, continua-t-elle sur un ton plus suave. Nous avons un autre problème à régler, lui dit-elle se rapprochant de lui. Laissez-nous !
- Quoi ? Il n’en est pas question, répliqua Tempérance.
- J’ai accepté tes exigences en échange de quoi, tu t’engageais à ton tour de m’obéir sans réserve et quelque soit mes ordres ! Alors, cette discussion est close, tu sors et emmène la potiche avec toi !
Victoria sursauta à l’annonce de son nouveau sobriquet. Elle sentit les larmes monter à ses yeux et fit demi-tour pour s’enfermer dans sa chambre, chose qui ne servait à rien avec son maître.
Il entra dans la pièce en traversant le mur. Il posa la main sur son épaule et la rassura come il le pouvait. Chose qui lui était jusqu’à présent étrangère. Victoria fondit en larme et se jeta dans ses bras. Elle continua de pleurer et lui de la serrer contre lui, sentant tout un sentiment en lui s’insinuer.
Un sentiment jusque là encore inconnu pour lui.
La colère.
Pas une simple colère, non.
Il en voulait à Integra de s’en prendre ainsi à sa protégée.
De la rabaisser plus bas encore qu’un chien.
Lorsqu’il baissa les yeux, Victoria s’était endormie dans ses bras. Il caressa un moment ses cheveux et la déposa ensuite dans son lit. Il retourna ensuite dans son antre, auprès de son cercueil, son seul ami.
Mégane eut vent de la débâcle de l’orphelinat et su que cela affecterai énormément Integra. Elle décida donc de se rendre à son bureau pour tenter de lui remonter le morale en lui apportant son réconfort. Elle arriva devant la porte du bureau et ouvrit comme elle le faisait d’habitude. Ce qu’elle vit la statufia sur le pas de la porte.
Integra couchée sur le bureau, Ezio entre les jambes s’apprêtant à la prendre. Elle eut un hoquet, non pas de jalousie, mais parce qu’elle savait qu’Integra tenait à sa virginité et se battait pour la conserver. La donner ainsi même à un immortel, l’étonnait au plus haut point.
Ezio voyant le regard de Mégane se rhabilla et aida Integra à se relever.
- N’as-tu jamais appris à frapper avant d’entrer dans une pièce qui n’est pas ta propriété, demanda Integra visiblement furieuse.
- Ezio, laisses nous je te prie.
- Je ne veux pas être une source de problème entre vous, Mégane. Elle ne m’a pas donné l’impression que vous étiez fidèle l’une à l’autre, continua t’il contrit.
- Là, n’est pas la question, Ezio, nous sommes libre d’agir comme bon nous semble, ne t’inquiète donc pas, va, j’ai à lui parler.
Elle le regarda quitter la pièce avec un petit sourire fatigué, Il ferma la porte et elle se retourna vers Integra qui rentrait son chemisier dans son pantalon.
- Tu peux m’expliquer ?
- Je ne te dois aucune explication, vieille femme, je fais ce qu’il me plait de mon corps, est-ce suffisamment clair pour toi !
- Je sais que tu es libre, mais pourquoi te donner à lui ? Il me semblait pourtant que tu ne voulais à aucun prix perdre ta virginité !
- Qu’elle est la raison pour laquelle je me priverai du plaisir charnel, hm ? Pour tes beaux yeux ? D’accord, tu es très douée, mais tu ne vaux pas le sexe d’un homme !
- Comment peux-tu le savoir, tu n’y as jamais goûté, s’exclama Mégane un peu choquée par la tournure de la discussion.
Mégane commençait petit à petit à se poser de réelles questions. « Comment cela se fait-il qu’elle ne sache pas la raison pour laquelle elle conserve sa virginité ? Pourquoi me parle-t-elle sans aucun respect ? Vieille femme est un mot qu’elle a toujours refusé d’employer en ma présence, même si j’ai souvent plaisanté sur ce fait ! » Elle la scruta un instant et remarqua que sa manière de bouger ainsi que sa manière de parler était différente. C’était minime mais elle aurait dû le remarquer plus tôt.
- Je te demanderai de quitter le manoir aujourd’hui.
Mégane en eu le souffle coupé et recula d’un pas.
- Je te demande pardon ?
- Tu m’as amusée un temps et maintenant tu m’ennuies au plus haut point, va t’en et ne reviens plus.
- Qui êtes-vous, lança soudain Mégane.
- Cette question prouve ta sénilité, répliqua t’elle cynique.
- Non, je ne suis pas sénile. Mais tu n’es pas Integra Hellsing, alors qui êtes-vous ?
Integra se rapprocha d’elle et sous l’effet de la peur Mégane recula encore et se retrouva acculée au mur. Integra posa la main sur sa joue et lui sourit.
- Je suis certaine que tu as compris qu’il ne fallait pas s’en prendre à notre famille sans en subir les conséquences, ma chère Mégane. Tu sais que je possède entre les mains un pouvoir bien plus grand que le commun des mortels.
Elle continuait à lui caresser le visage tout en restant collée à elle.
- Je ne te conseille pas de revenir ici, il pourrait t’arriver de vilaine chose et je suis sûre que ce n’est pas ce que ‘je’ désire. Il me suffira d’un seul mot de ma part pour qu’il se déchaine.
En prononçant ces mots, Mégane vit les yeux d’Integra virer au vert. Ils reprirent leur couleur glacier en quelques millièmes de seconde, mais Mégane fut maintenant certaine qu’Integra n’était pas celle qu’elle prétendait être. Quand elle relâcha la pression sur son corps, elle en profita pour se glisser en dehors du bureau.
Elle se dirigea vers sa chambre et rencontra Ezio dans le couloir.
- Que se passe t’il, demanda t’il réellement inquiet.
- Elle m’a gentiment menacée de mort si je restai ici, répliqua t’elle encore sous le choc.
- Tu n’es pas personne à te laisser impressionner pourtant Mégane ?
- Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais je peux te dire que la femme qui est dans ce bureau n’est pas celle que je connais ! Ezio, méfie-toi.
Ezio la regarda partir et fronça les sourcils. Il connaissait Mégane pour avoir eu l’occasion de collaborer avec elle sur une affaire concernant des lycans sur le territoire français. Il l’avait vu soutenir le regard de leur chef sans sourciller et sans transpirer la moindre goutte de sueur, alors qu’il la menaçait de mort violente. La peur dont elle était investie actuellement ne lui ressemblait pas. Il regarda alors la porte du bureau d’Integra avant de poursuivre son chemin et quitter à son tour le manoir.
Integra retourna s’assoir à son bureau et décrocha le combiner.
- Thiels, dans mon bureau tout de suite !
Elle était énervée, quand Thiels entra, et faisait les cent pas dans son bureau.
- Vous êtes nouveau depuis peu, n’est-ce pas, lui demanda t’elle nerveuse.
- Oui sir.
- Vous avez signé un contrat stipulant votre silence et discrétion sur tout ce qui ce passe dans le cadre de la fondation, n’est-ce pas ?
- Oui sir.
- Bien, je dois faire appel à votre savoir faire.
- Sir ?!
- Il y a une femme qui va sortir du manoir dans quelques minutes. Elle se prénomme Mégane Faust.
Il attendit et l’observa écraser nerveusement son cigare dans le cendrier.
- Tuez-la, acheva t’elle calmement.
Il fut étonné par sa demande mais il hocha positivement la tête et sortit de la pièce en silence.

16:36 Écrit par In the name of God, impure souls of the living dead shall be banished into eternal damnation. dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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